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25 février 2005
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| >« Nous voulons l’adhésion, dès que possible » |
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Viktor Iouchtchenko dans l'Hémicycle...
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Lors de la conférence de presse...
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Les
propos du président Iouchtchenko ce mercredi 23 février au Parlement européen ont une fois de plus le mérite
d’être clairs.
Le président ukrainien, après avoir visité cette semaine la Commission, entend lever, en s’adressant
aux députés du Parlement, le peu de doutes qui subsisteraient encore quant à ses aspirations
européennes: non content d'un rapprochement, il réclame l'ouverture de négociations d'adhésion
à l'Union dès 2007.
Une détermination claire, confortée par l’ambitieux plan d’action élaboré par la Commission
européenne et adopté ce lundi 21 février dans le cadre d’un programme de coopération
bilatéral. Ce plan d’action se situe dans le cadre d’une « politique de voisinage »
de l’Union européenne, qui se veut distincte de toute perspective d’adhésion. S’étendant jusqu’en
2007, il offre en principe à l'Ukraine un accès complet au marché unique européen et
promet de l'associer aux politiques étrangères et de sécurité de l'Union.
Qu’on ne s’y méprenne cependant pas: ce n’est pas une politique de voisinage, même poussée,
qui satisfera l’appétit européen du leader de la révolution orange, pour qui ce plan consacre
de facto le premier pas décisif vers l’adhésion pleine et entière de son pays à l’UE.
Un président ukrainien ferme et déterminé, et dont les ambitions sont à la hauteur
du travail qu’il devra fournir pour mener à bien, en deux ans, un plan d’action pour le moins ambitieux.
A la tête de l’Ukraine depuis maintenant deux mois, héritant d’un régime corrompu, irrespectueux
des droits de l’homme et épuisé financièrement, Iouchtchenko est fier de son combat démocratique, par ailleurs salué ce mercredi
par le président du Parlement européen Josep Borrell : « Les ambitieuses
réformes (…) que le nouveau gouvernement ukrainien compte mettre en oeuvre sont impressionnantes » a-t-il déclaré .
M. Iouchtchenko
espère que la procédure d'ouverture des négociations d'adhésion pourra être ouverte
dès 2007, « ou même plus tôt ».
« L'Ukraine va faire tout son possible pour exécuter
les dispositions du plan d'action, pour qu'une analyse commune puisse être faite dans un an et faire la preuve
de toutes les avancées », a insisté le
président dans l’hémicycle. « Le gouvernement
a déjà préparé un plan d'action de cinq ans visant l'adhésion à l'UE », a-t-il également annoncé, en assurant que « tous les efforts économiques et politiques seront faits », car « l'intégration
européenne est la seule voie possible pour l'Ukraine ».
Concrètement, les réformes entreprises par Iouchtchenko sont multiples, car ce sont tous les secteurs
d’un régime abîmé par la corruption qu’il « faut
revoir ».
Evoquant un « cadre stratégique d’action », il entend à la fois ouvrir l’économie ukrainienne, la rendre transparente,
et adopter des réformes fiscales adaptées qui puissent accompagner la remise sur pied du pays.
Les réformes sont minutieusement programmées.
Il faut « établir des priorités » : l’accent sera mis ces six prochains mois sur « l’établissement
d’un statut d’économie de marché », ce
qui devrait marquer un tournant économique décisif dans un pays depuis longtemps sous l’influence
socialiste du « grand frère » russe.
Mettant fin à toute polémique sur le processus de réexamen des privatisations, réalisées
dans des conditions pour le moins obscures par de puissants clans politico-financiers sous l’ancien régime,
le président parle de certains « cas spécifiques
à revoir » car il faut « rectifier
le non-respect de la loi » ; il s’agit de mettre en règle « une douzaine d’entreprises »
au plus.
La procédure d’adhésion à l’OMC et l’ouverture de pourparlers commerciaux visant à
faciliter le libre-échange entre l’Ukraine et l’Union européenne entrent également dans les
priorités du nouveau gouvernement, de même que la « standardisation
des régimes douaniers », la question du marché
énergétique et la libéralisation du régime de visas.
Sur le plan interne, la réforme du système judiciaire est indispensable à l’établissement
d’un Etat de droit ; le système fiscal et le système de pensions sont également à
revoir.
En bref, en 2007 au plus tard, l’Ukraine devrait être en mesure de respecter les critères de Copenhague
de l’Union européenne, qui soumettent l’adhésion de tout Etat à certaines conditions -présence
d’institutions stables et démocratiques, Etat de droit, économie de marché viable et compétitive,
structures administratives et juridiques adaptées au droit communautaire.
Est-il question d’une compétition avec la Turquie ? « Assurément
pas », a assuré le Président, qui « souhaite tout la réussite possible » à Ankara dans sa marche vers l’adhésion.
La Turquie et l’Ukraine sont aujourd’hui deux candidats farouchement déterminés à adhérer
à l’Union.
Une position délicate pour l’Union, majoritairement réticente à l’ouverture des négociations
d’adhésion avec l’Ukraine.
Jusqu’à présent, seuls la Pologne et les Pays Baltes se sont prononcés en faveur de la candidature
ukrainienne, la plupart des Etats membres considérant que l’Union doit encore « digérer »
son récent élargissement de 15 à 25 membres.
Mais que l’on se rassure, les députés du Parlement savent rester polis, et c’est une touchante « standing
ovation » de couleur orange qui a salué mercredi 23 février la fin du discours du président
ukrainien. |
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