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3 mai 2005
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| >Il y avait longtemps qu’il n’avait pas traversé les couloirs du Conseil
de l'Europe à Strasbourg. |
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Jean-Claude Juncker...
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La
plus ancienne organisation politique du continent a eu l’honneur d’accueillir ce mercredi 27 avril 2005 le premier
ministre du Luxembourg et Président du Conseil européen Jean-Claude Juncker.
S’adressant aux députés des 46 pays d’Europe continentale membres du Conseil de l’Europe, le Président
en exercice de l’Union a cru bon de faire un tour d’horizon des dossiers chauds du moment à une époque
charnière de la construction européenne, ratification du traité constitutionnel oblige.
La constitution, parlons-en. Soucieux de la stabilité du non français dans les sondages à
un mois du référendum, M.Juncker a tenu à rappeler sa foi dans le traité, qui bien
qu’ « imparfait », peut selon lui conduire à des avancées majeures. « Si
les personnes qui gouvernent l’Europe au niveau du parlement européen et du Conseil des Ministres sont animées
d’une ferme volonté de bien faire et de répondre aux défis de l’époque, ce Traité
constitutionnel, certes imparfait, pourra produire des résultats parfaits », a-t-il souligné,
estimant qu’ «il ne faut pas comparer une entreprise humaine à un idéal ».
« Le fait de voir même vingt–cinq États membres se mettre d’accord sur un même paquet
d’ambitions, sur un même ensemble de volontés est un événement continental majeur en
soi » a-t-il insisté, avant d’expliquer dans un clin d’œil cinglant aux tenants du non français
que le traité constitutionnel ne fera l’objet d’aucune renégociation.
M. Juncker a en effet rappelé que le processus de ratification se poursuivrait coûte que coûte,
même si « des ratifications postérieures à un “non” seraient rendues autrement plus
difficiles ». Le président a même estimé immature l’attitude de M. Frattini, commissaire
européen à la justice, qui avait déclaré le jour-même dans le Figaro : “si
la France vote non, il faudra rouvrir le débat européen ».
Visiblement ému de sa visite au Conseil de l’Europe, dont il suivait les travaux parlementaires alors qu’il
était étudiant à la faculté de droit de Strasbourg, M. Juncker s’est félicité
de la construction européenne, qui réussit à réunir dans un projet commun 25 pays aux
parcours politiques éminemment divergents, soit aujourd’hui « plus de 100 Partis politiques ».
Se disant « impressionné par les multiples évolutions du Conseil de l’Europe »,
M. Juncker a qualifié l’institution d’ « irremplaçable », vantant à
la fois sa qualité d’expertise, le sérieux dont elle fait preuve en matière d’évaluation
de l’application des critères de Copenhague – qui conditionne toute entrée d’un pays à l’UE-,
ainsi que « son action normative et son action culturelle ».
À ceux qui soupçonneraient une quelconque « rivalité » inter-institutionnelle
entre le Conseil de l’Europe et le Conseil européen qu’il préside, et qui visiblement attendaient
une réaction du Président en exercice sur ce sujet, M. Juncker a répondu sèchement
que l’heure n’était pas à de telles futilités.
Il est vrai que les dossiers se bousculent sur les bureaux de Bruxelles : ratification du traité constitutionnel,
reformulation de la stratégie de Lisbonne, préparation du prochain sommet de Varsovie, nécessité
d’augmentation des moyens de la Cour Européenne des Droits de l’Homme –de plus en plus encombrée
d’affaires judiciaires émanant de tout le continent-, et dossier ukrainien sont autant de sujets qui préoccupent
le premier ministre luxembourgeois. Sur ce dernier point, M. Juncker n’a pas hésité à rappeler
à l’ordre les dirigeants politiques qui auraient tendance à précipiter le cours des choses,
et à promettre trop vite l’adhésion de la nouvelle démocratie de l’est à l’Union Européenne. |
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