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20 janvier 2003
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| >Réunis au Parlement à l'initiative de la gauche unitaire,
des collectifs de marins pêcheurs et des experts européens en sécurité maritime ont
demandé la mise en œuvre urgente de véritables mesures politiques face au nombre croissant de marées
noires. Un mois après le naufrage du prestige l'adoption de nouvelles mesures paraît d'autant urgent
que les directives Erika I et II restent insatisfaisantes aux yeux des intervenants. |
« L'océan doit cesser d'être une zone de non
droit ! ». C'est par ces mots que l'eurodéputée
Roseline Vachetta
(GUE/NGL), rapporteur sur le paquet Erika I et II a ouvert, mercredi, une réunion de travail associant parlementaires
Européen et différents collectifs de marin pêcheurs et d'experts civils en sécurité
maritime. Car l'heure est grave, relève l'assemblée. En trente ans, le transport maritime a connu
une expansion de 430% et surtout une baisse de coûts de 30% ces dix dernières années. Or, en
l'absence de toute législation contraignante dans ce secteur, 110 à 130 naufrages se produisent chaque
année. « Rien qu'autour du Prestige, on retrouve un richissime armateur grec, une société
écran libérienne, un pavillon de complaisance des Bahamas, un équipage asiatique, un bureau
de contrôle et de vérification des procédures nautiques étatsuniens et français,
du fioul lourd russe et une gestion de la catastrophe par les Etats espagnols et français ! », s'enflamme
Mme Vachetta. Le
cœur du problème est invariable : dégradation des navires, main d'œuvre insuffisamment qualifiée,
non respect des normes de travail et de sécurité sur les navires, incohérence du droit international
dans ce domaine.
Pourtant, à la suite du naufrage de l'Erika, deux « paquets » législatifs avaient été
adoptés. L'un devait renforcer le contrôle des navires et entraîner progressivement la suppression
des bâtiments à simple coque d'ici à 2015. L'autre prévoyait un renforcement du contrôle
du trafic maritime avec, notamment, l'installation de boîtes noires sur les navires et la création
de ports refuges à la charge des Etats. « Mais ces
directives n'ont toujours pas été transposées dans le droit de chaque état, ce qui
les rend inapplicables », s'insurgent les participants. « Rien qu'en France, il y a moins de 100 inspecteurs maritimes pour plus de
1000 Km de côtes ! », relève un officier du
port du Havre. Et d'ajouter : « Dans de telles conditions,
nous ne pouvons inspecter que 12% des navires à risque. Pour être efficace, il faudrait, rien que
sur les côtes françaises créer 150 postes supplémentaires ! Et si l'on se place à
l'échelle de l'Union, la création d'un corps de gardes côtes Européen est une nécessité
vitale ». Ceci d'autant plus que pour Jean-Paul Hellequin
l'efficacité réelle des mesures Erika reste très douteuse. Pour le représentant CGT
des marins de Brest, dire que le remplacement des navires usagés par des bâtiments à double
coque sécurisera les littorales est illusoire, voire dangereux : «
Les bateaux à double coque, s'ils sont mal entretenus, seront des bombes en puissance en raison de la pénétration
de gaz d'hydrocarbure entre les deux coques ! Où est l'avancée dans un tel cas ? ».
Outre ces points, aucune mesure efficace n'a été prise à l'encontre des navires de complaisance,
immatriculés dans des paradis fiscaux. Pourtant des solutions existent, reprend João Maia, spécialiste portugais
en sécurité maritime : « Pourquoi ne pas créer
une commission d'enquête européenne dotée d'une plus grande marge de manœuvre que nos autorités
nationales, et d'une plus grande force de pression sur les responsables de telles catastrophes ? ». Et Batisda Sixo, responsable du collectif des pêcheurs espagnols, de surenchérir :
« L'Europe doit responsabiliser les armateurs et affréteurs.
Il est temps de les mettre face à leurs responsabilités en les menaçant d'amendes ou de peines
de prison, et d'arrêter de prendre l'équipage des navires comme bouc émissaire ! ». L'histoire ne dit pas encore si ces propositions seront reprises par le Parlement
mais chacun s'accordait à dire mercredi qu'il était plus que temps de répondre aux réalités
du terrain. |
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