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2 juin 2005
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| >La petite enclave espagnole de Ceuta sur la côte marocaine, veut exporter
son modèle de respect et tolérance des différentes communautés culturelles qui cohabitent
en son sein. Maria Isabel del Olmo, conseillère municipale et présidente de la Fondation «
Mieux vivre ensemble » nous explique pourquoi chaque année un prix vient récompenser ceux qui
oeuvrent en faveur d'une société plus ouverte, plus respectueuse des autres. |
Question
: Pourquoi avez-vous
ressenti la nécessité de créer ce prix ?
Maria Isabel del Olmo :
Nous avons voulu exporter dans le monde notre mode de vie si particulier. Montrer que différentes communautés
religieuses et culturelles peuvent vivre ensemble de manière pacifique et respectueuse. A Ceuta, trois communautés
sont présentes depuis des siècles : les catholiques qui représentent environ 60% de la population,
les musulmans qui rassemblent un tiers des habitants et les juifs moins nombreux. Les hindous sont arrivés
plus récemment à la fin du XIX°, début XX° à la suite d'accords commerciaux
entre Ceuta et la ville voisine, Tanger.
Question : Comment expliquer que votre ville reste à l'abri des tensions interculturelles
et religieuses que tant de métropoles européennes subissent ?
Maria Isabel del Olmo :
Je crois que nous sommes un exemple de tolérance et de paix. Depuis notre plus tendre enfance, nous apprenons
à vivre ensemble, à partager nos jeux, nos fêtes et nos traditions avec les autres cultures.
Une fois devenus adultes, ce « vivre ensemble » est un état de fait complètement naturel.
Cela peut paraître étrange vu de l'extérieur, mais pour nous c'est une caractéristique
forte de notre identité de Ceuties. C'est une réalité que l'on vit en famille, dans les centres
sportifs, culturels ou pendant les activités de loisirs, dans les écoles etc...
Question : Existe-t-il une réelle connaissance de l'autre culture, ou celle-ci reste-t-elle
très superficielle ?
Maria Isabel del Olmo :
Nous nous efforçons de développer une meilleure connaissance de chacune des cultures présentes
à Ceuta. Les services culturels de la ville ont ainsi publié un guide à l'attention des écoliers
qui présente les différents édifices religieux de Ceuta et où chaque membre de la communauté
explique les valeurs fondamentales de sa religion, leurs traditions. De son côté, la municipalité
souhaite toujours publiquement de joyeuses fêtes à chacune des communautés lors de chaque rendez-vous
religieux traditionnels. C'est un moment de réjouissances pour tous.
Question : Quels sont pour vous les ingrédients nécessaires pour amener les différentes
communautés d'une même ville à réussir leur intégration ?
L'éducation des enfants est sans aucun doute, un facteur essentiel. Il faut aussi aider ces populations
émigrées très défavorisées qui arrivent chez nous avec d'énormes besoins.
Pour nous la seule solution possible, c'est de les intégrer en répondant à leurs besoins,
de façon à ce qu'elles se sentent appartenir à notre communauté. |
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