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30 juin 2000
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| > La situation en Tchétchénie : quels progrès ? |
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M. Lamberto DINI
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L'Assemblée
Parlementaire du Conseil de l'Europe a clairement marqué sa désapprobation quant-à la manière
brutale dont la Russie menait la guerre en Tchétchénie.
Dès le 6 avril 2000, elle suspend le droit de vote de la délégation russe, et demande au Comité
des Ministres de rappeler à la Russie que son adhésion au Conseil de l'Europe implique des obligations
en matière de respect des droits de l'homme. Si aucun progrès tangible, comme la cessation des hostilités,
le rétablissement des droits de l'homme, n'étaient réalisés, l'Assemblée engage
le Comité des Ministres à suspendre la Russie, et les Etats-membres à saisir la Cour européenne
des droits de l'homme.
Le mardi 27 juin, M. Lamberto Dini, Ministre italien des Affaires Etrangères, et Président
en exercice du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe,
a présenté à l'Assemblée
Parlementaire son
rapport sur la situation en Tchétchénie. Il juge l'attitude des autorités russes très
positive. La fin des opérations militaires de grande envergure crée un "cessez- le-feu de fait".
Avec la désignation du Mufti Kadirov comme chef administratif de la Tchétchénie, M. Poutine
semble privilégier maintenant le dialogue politique pour sortir de la crise. La constitution de commissions
d'enquêtes, la présence du Bureau de M. Kalamanov pour recueillir les plaintes, vont dans le sens
d'un rétablissement des droits de l'homme.
Lors de la séance du jeudi 29 juin, M. Walter Schwimmer, Secrétaire Général
du Conseil de l'Europe a fait un premier bilan de l'action
des 3 experts européens qui ont rejoint le Bureau de M. Kalamanov. 150 détenus ont été
libérés grâce à l'action de ce bureau, et le nombre de personnes accueillies est passé
de 40-50 à 200. Mais la question des personnes disparues constitue toujours une zone d'ombre... Et les réponses
de M. Ivanov
(ministre russe des Affaires étrangères) sont peu satisfaisantes. |
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| > L'Assemblée Parlementaire ne baisse pas la garde |
Les
parlementaires ne se sont pas montrés convaincus des progrès réalisés par la Russie
en matière de droits de l'homme. Dans son rapport ( sur la recommandation), Lord
Judd s'est montré très ferme. "Il faut montrer
quels sont nos idéaux", dit-il. Lors du débat, les interventions des parlementaires vont dans
le même sens.
L'arrêt des grandes offensives ne signifie pas la fin de la guerre, mais son évolution vers une guérilla
dans la montagne : elle pourrait ainsi durer des années. Les bombardements continuent, faisant toujours
des victimes civiles. Les arrestations arbitraires et les disparitions n'ont pas cessées. La liberté
de presse est toujours restreinte.
Néanmoins la société russe est aujourd'hui prête à engager le dialogue politique.
Il faut l'y aider. L'action de l'Assemblée Parlementaire n'est pas dirigée contre la Russie, mais
vise à protéger les droits de l'homme. D'ailleurs quatre députés russes étaient
présents ce 29 juin, malgré la suspension de leur droit de vote.
L'Assemblée a donc maintenu ses demandes au Comité des Ministres, estimant que si des actions avaient
bien été entreprises, il fallait en voir les résultats tangibles. "Nous devons nous en
tenir fermement aux objectifs du Conseil de l'Europe. Il n'y a pas d'autre alternative que de réitérer
fermement ce que nous avons dit en avril" a déclaré Lord Judd. |
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