|
|
 |
| >Top départ pour la course à la présidentielle de 2002.
François Bayrou a lancé sa campagne jeudi près du Parlement européen, entouré
d'amis politiques qui lui apporteront leur soutien pendant cette épreuve de longue haleine qui s'achèvera
au printemps 2002. Un message fort et symbolique... |

Pour l'ancien ministre de l'Education nationale, priorité est
donnée à la France humaine, loin de la " France virtuelle " si caractéristique du
huis clos jacobiniste et microcosmique de l'univers parisien. Au rythme de quatre jours par semaine pendant quatre
mois, le bus de campagne sillonnera les routes des 95 départements français à la rencontre
des citoyens de la " France d'en bas " et de leurs préoccupations quotidiennes ; c'est ce "
tour des Français " qui va guider ces derniers sur le chemin de la reconquête et du renouveau
politique. Le " bus tour symbolise la diversité des paysages français et cet extraordinaire
brassage ethnique qui compose la France " ; espace de réunion, de travail et de rencontre, " cet
outil de contact " est la marque du Bayrou nouveau, un millésime à coup sûr exceptionnel
et sur lequel il faudra compter dans les années à venir. Une première en France pour ce digne
héritier des Kennedy, Blair et Clinton qui espère voler vers la victoire et surtout faire entendre
ses idées…
Car cette caravane, qui ne se veut pas médiatique, va privilégier le terrain et la proximité
afin d' " aller à la rencontre des gens là où ils sont ". " Il faudra mouiller
sa chemise car c'est le contact que veulent les électeurs ; je serai là pour les écouter et
non feindre de le faire " : c'est le crédo de Bayrou pour voir le pays différemment, sous un
angle nouveau et beau coup plus enrichissant. Un passage en Corse est même prévu et le " candidat
provincial attaché à ses racines béarnaises " fera à coup sûr montre de
son amour pour l'insularité !
Mais Bayrou l'eurodéputé va également axer son programme sur un thème qui lui est cher,
l'Europe. Car en tant que membre de l'intergroupe sur un projet de constitution européenne, ce " troisième
homme " autoproclamé se doit de véhiculer un message clair pro-communautaire devant un très
large panel de candidats potentiels ou déjà déclarés, dont la fibre européenne
reste à démontrer.
Faisons déjà fi des deux têtes de l'exécutif français qui s'accordent parfaitement
sur une " Fédération d'Etats nations " sans apparemment saisir le paradoxe flagrant qui
en émane, ne cherchons pas non plus de projet européen chez l'autre " troisième homme
" en la personne du très souverainiste Jean-Pierre Chevènement. En effet, seul François
Bayrou semble en mesure d'affirmer une volonté de construction européenne concrète, lui qui
avait déjà exprimé sa fibre " européiste " lors des élections en 1999
et qui ne cesse de la confirmer depuis : " une constitution européenne prépare l'avenir de l'Europe
si tant est que les dirigeants élus soient responsables devant le peuple de citoyens que nous sommes tous
" affirmait-il le 27 mai dernier au Grand jury RTL – Le Monde – LCI ; le ton est donné, l'Europe se
situe au centre des débats, c'est incontestable, d'autant plus que l'euro entrera en vigueur à partir
du 1er janvier 2002.
Nonobstant sera-t-il entendu sur ce thème fédérateur ( ?) par des Français de plus
en plus eurosceptiques et absents des débats déterminants pour un futur immédiat ? Difficile
à dire. L'euro ? outre l'aspect financier et économique, pas un de nos concitoyens n'y verrait une
quelconque volonté de créer une Europe fédérale et supra-nationale. Le sommet de Laeken
de décembre prochain ? seuls experts et analystes sauraient en déterminer les lignes principales
s'axant autour du débat sur le choix entre la méthode de convention et la méthode intergouvernementale.
La vox populi baigne donc dans le flou le plus total, par désintérêt et surtout par désinformation
quant à un problème essentiel concernant notre avenir commun.
La France humaine solutionnera-t-elle ce problème ? Souhaitons par là que " la France d'en bas
" voie germer en elle une vocation européenne et que ce présidentiable tienne compte de la France
humaine par une réelle participation citoyenne. |
 |
|
| FRANCE |
| >Article |
 |
|