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| >L'onde de choc... |

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Christophe Nonnenmacher
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Passée l'onde de choc électorale, la
France se mobilise contre Jean-Marie Le Pen. Vu de la capitale parlementaire européenne, étrangement
promue depuis quelque temps au rang de laboratoire d'étude de l'électorat français des cinq
à dix prochaines années, le mal qui secoue aujourd'hui la France et son Histoire n'est qu'un prémisse
d'une menace bien plus profonde. La lepénisation des esprits n'est plus de l'ordre du projet. Elle est bel
et bien entamée. Et si Français et Européens, dans leur diversité, n'entament pas dès
maintenant un examen de conscience, une page d'histoire, bien plus sombre encore, pourrait être (ré)écrite.
Dimanche 21 avril. Communauté urbaine de Strasbourg. Le but de ma présence ? Couvrir le premier tour
des élections présidentielles françaises pour le compte d'une radio locale. L'ambiance est
tranquille comme diraient nos 11 nouveaux lofteurs. Je m'installe à ma table de travail. Branchement de
la ligne téléphonique. Réception des dossiers de presse. Vérification des micros. Il
est 19h30. Tout va encore bien, même si quelque chose me dit que cela ne va pas durer. J'agrafe mon badge,
sors de la mairie, monte en voiture afin d'accompagner un autre journaliste à la préfecture. Déjà
les premiers bulletins d'information radio attisent mes craintes. On parle d'événement historique,
d'énorme surprise. Dans son édition du week-end, la Libre Belgique envisageait déjà
le scénario catastrophe : la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour des présidentielles.
Quatre jours avant le scrutin, une rumeur courait au siège parisien du parti communiste. Les chiffres étaient
alors impubliables car invérifiables, mais la crainte était réelle : le premier ministre socialiste
Lionel Jospin pourrait ne pas être présent au second tour. Pendant ce temps, les instituts de sondage
continuaient de se ridiculiser en affichant un score de parité entre deux démocrates et minimisaient
une fois encore celui du Front National. Une fois encore car ces erreurs se répètent depuis plusieurs
années. L'Alsace est bien placée pour le savoir. Sans y faire campagne, l'extrême droite y
gagne chaque année un peu plus de voix. La présence des extrêmes s'y banalise. Aux élections
cantonales de mars 2001, l'extrême gauche sortait à son tour de l'anonymat, contre toute attente statistique.
Mais trêves de flash-back. Retour à la CUS. |
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| >L'humeur n'est plus à l'humour |

Plus que quelques secondes avant d'être fixé. Il est 20h00. Les résultats s'affichent. La salle
de presse tombe dans un profond mutisme. Fabienne Keller, maire de Strasbourg porte ses mains à son visage.
Atterrée, abasourdie, meurtrie. Les mots lui manquent. A l'instar de l'ensemble des journalistes présents.
Jean-Marie Le Pen, l'homme pour qui les chambres à gaz ne sont qu'un détail de l'histoire, affrontera
bel et bien Jacques Chirac au second tour des présidentielles. De leur côté, les Guignols de
l'info, émission phare du paysage audiovisuel français, spécialisée dans la satire
politique, n'ont plus le cœur à rire et à faire rire. Déjà meurtries par le renvoi,
la semaine précédente, de Pierre Lescure, directeur emblématique de la chaîne, les équipes
de Canal + , réputées pour leur attachement à la liberté d'expression, marquent le
coup. Après les Guignols, c'est Karl Zero et son Journal des Présidentielles qui rendra l'antenne
plus tôt que prévu. L'humeur n'est plus à l'humour. Au siège national du parti socialiste
(PS), les militants perdent leurs repères, pleurent, chantent alternativement l'Internationale et la Marseillaise,
à l'image de leur candidat qui, rappelle l'humoriste de gauche Guy Bedos, « a commencé sa campagne
à droite et l'a fini en agitant le chiffon rouge ». Les chiraquiens ne sont, quant à eux, guère
plus festifs. Certes, le président sortant arrive en tête du premier tour mais cette information apparaît
vite dérisoire face à ce que la presse étrangère qualifiera de séisme politique.
Pour la première fois depuis la création de la Cinquième République, un parti extrémiste
a la possibilité d'accéder à l'Elysée. |
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| >Quelle(s) leçon(s) ? |

Pendant ce temps, les états majors des partis défilent dans les émissions politiques. Passée
la surprise, le grand déballage refait surface, le jeu de ping-pong reprend. Chacun avance son analyse.
Le PS n'y est pour rien : le grand responsable est Chirac, ses casseroles politico-judiciaires, le discrédit
qu'il a mis sur la fonction présidentielle, l'éclatement de la gauche, etc.. Pour la droite, Jospin
est responsable, la cohabitation avec, le bilan du gouvernement socialiste est insuffisant. A l'instar des deux
grands partis, les petits enchaînent sur la même dialectique. Mais ont-ils simplement compris ? En
retiendront-ils la leçon ? Les Français en ont simplement assez de ce jeu de ping-pong, de cette
absence de débat, de ce manque flagrant de vision politique. Les Français sont dans le flou. Au plan
national et Européen, la France, grande donneuse de leçons envers ses voisins, navigue à vue.
La question est identique selon qu'il s'agit des affaires hexagonales ou européennes : quelle est la destination
du voyage ? Cette question n'est pourtant pas bien compliquée. Mais il est notoire que les interrogations
les plus simples sont les plus embarrassantes. |
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| >Le laboratoire alsacien |

Vu de la capitale parlementaire de l'Union européenne, ces résultats ne surprennent qu'à moitié,
même s'ils font froid dans le dos. L'Alsace s'affirme d'année en année comme un laboratoire
électoral de la France des cinq à dix prochaines années. Le vote FN n'est plus un vote protestataire,
n'en déplaise aux politologues de renom. Il est stable, voire croissant. Jean-Marie Le Pen excelle dans
la dialectique. Son projet est simpliste mais compréhensible par les classes ouvrières et moyennes.
Il est tristement séduisant pour ce que le challenger de Jacques Chirac qualifie de « sans grades
». Pour ceux qui, de plus en plus nombreux, n'ont plus rien à perdre, dans une France où les
petits boulots se substituent régulièrement aux véritables emplois. Les boucs émissaires
sont caricaturaux mais facilement identifiables : les étrangers, les brûleurs de voitures, la bureaucratie
bruxelloise, celle qui décide dans l'ombre, contre les intérêts des petits travailleurs et
des exploitants agricoles. L'étranger et l'Europe sont montrés du doigt. Ce que l'on ne connaît
ou ne comprend pas est facilement critiquable. Le Front National le sait et en joue. Il appelle la France à
se désengager des traités européens, du Traité de Maastricht qu'aucun français
ne saurait réellement expliquer. Ne parlons même pas ici d'Amsterdam ou de Nice, qui n'ont pas été
soumis à la sanction populaire. |
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| >Responsabilité collective |

Les médias ont évidemment une grande part de responsabilité. Pour s'en convaincre, il suffisait
simplement, au lendemain des élections, de s'arrêter sur la Une du premier quotidien alsacien : outre
le titre principal ‘Jospin évincé, choc Chirac-Le Pen le 5 mai', deux autres titres cohabitaient
en haut de page : ‘Strasbourg : l'agresseur d'un policier toujours en garde à vue', ‘Strasbourg : un homme
de soixante ans tué à coups de couteaux' ! Aucun enseignement n'a été tiré par
ce quotidien des résultats de la veille. Ces deux titres, qu'on le veuille ou non, alimentent le discours
du Front National. La classe politique strasbourgeoise n'est pas dupe de cette dérive. Les analyses se multiplient
au cours de la soirée électorale. Il est maintenant 23h00. Je quitte la CUS pour me rendre au Restaurant
de la Plage dans le quartier de la Meinau. L'invitation vient de Roland Ries, anciennement maire socialiste par
intérim de la capitale alsacienne. Catherine Trautman y est aussi présente. Tous deux sont évidemment
abattus mais l'inquiétude est ailleurs. Le mal est plus profond. L'Europe se dessine un nouveau visage politique.
Strasbourg est bien placée pour rappeler que le cas français n'est pas isolé. Haider en Autriche,
Berlusconi et la Ligue du Nord en Italie, la droite populiste au Portugal, le Parti du Peuple Danois au Danemark,
le Parti Romania Mare en Roumanie, le Vlaams Block en Belgique et son pendant aux Pays-Bas, l'effondrement du SPD
et l'écho grandissant du discours anti-élargissement d'Edmund Stoiber, challenger de Gerhard Schröder
au élections générales allemandes de septembre prochain. Tous ces courants jouent sur les
mêmes peurs, sur les mêmes échecs de la classe politique européenne. Sur le mépris
dont elle fait preuve envers ses électeurs lorsqu'elle ne parvient pas à les faire adhérer
à son projet. Les Irlandais en savent quelque chose. La ‘bête immonde' refait ainsi lentement surface
alors que l'Union s'est pourtant créée sur une idée forte: « Plus jamais ça !».
En attendant, les médias nous expliquent que tout va mal alors que nos responsables politiques se contentent
de nous faire signer des chèques en blanc. La France et l'Europe ne souffrent pas d'un désintérêt
du politique mais de la classe politique. L'émergence des mouvements anti-mondialisation, des collectifs
d'associations contre la peine de mort, la mobilisation des Italiens contre le projet de réforme du droit
du travail, en sont des exemples concrets. Les mouvements civils se développent, s'organisent, se structurent,
se radicalisent, en marge du champ politique traditionnel. Belle opportunité pour des partis extrémistes
de gauche ou de droite qui se nourrissent de ces revendications ignorées des gouvernants. Conscients du
fossé qui les séparent de leurs dirigeants, de nombreux Européens s'excluent d'eux-mêmes
du champ électoral. La revendication ne se fait plus dans le secret des urnes mais dans la rue. Pendant
ce temps, nombreux sont ceux qui oublient que le vote n'est pas un simple outil de protestation mais bel et bien
un enjeu de société. Nombreux sont aussi ceux qui pensent qu'un régime démocratique
ne s'entretient pas. Qu'il ne peut être remis en cause. A force d'être confortable, malgré les
critiques dont elle fait régulièrement l'objet, l'Europe oublie sa raison d'être, son histoire
tumultueuse. Les électeurs français en ont oublié jusqu'à l'utilité d'un droit
que beaucoup de par le monde leur envient : celui de mettre un bulletin de vote dans une urne. De s'exprimer, d'affirmer
ses idées. Il est facile de manifester dans la rue et de reprocher à l'électorat de Le Pen
d'avoir permis à l'extrême droite d'accéder au second tour. La critique est trop facile. La
responsabilité d'un tel séisme est collective, n'en déplaise encore à certains. Le
score de Le Pen n'est guère supérieur à celui des années précédentes.
A l'inverse, l'électorat démocrate s'est effondré, trop convaincu peut-être que la France
et l'Europe étaient humanistes par essence. Résultat : la France s'extrêmise, l'Europe brunit. |
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| >Premières manifestations |

0H30. Je rejoins l'une des nombreuses manifestations anti-Front National. Quatre mille personnes donnent de la
voix : « Eh ‘F' comme fasciste, eh ‘N' comme nazi, à bas, à bas le Front National » ;
« Première, deuxième, troisième génération… Nous sommes tous des enfants
d'immigrés » ; « Honte d'être français ». Les slogans fusent, les banderoles
rivalisent d'imagination. Les manifestants sont jeunes, entre 16 et 25 ans. Quelques aînés les suivent.
Le drapeau européen cohabite avec celui de la Ligue communiste révolutionnaire. Incroyable ! Le cortège
s'arrête devant une CUS dont les feux se sont éteints quelques minutes plus tôt. J'ai l'impression
d'être revenu cinq ans en arrière. Le temps d'un quinquennat. Ironie du sort peut-être. C'était
en mars 1997. Catherine Trautman était alors maire de Strasbourg. Le Front National y tenait son Congrès.
Les manifestants s'étaient réunis en nombre dans les rues de la ville de Gutenberg, de Goethe et
de Benjamin Constant ; dans les rues d'une capitale qui connaît mieux que quiconque en France les conséquences
d'une montée des extrémismes. Les Strasbourgeois faisaient front au Front. Paradoxalement, ce dernier
gagnait, en Alsace, de nouveaux électeurs aux législatives qui suivirent. Car la question reste la
même. Dimanche soir un manifestant d'une cinquantaine d'années s'interrogeait : « Combien de
ces jeunes en âge de voter ont exercé leurs droits ? Combien iront dans l'isoloir le 5 mai prochain
? ». La réponse tombera dès le lendemain : 40% de cette classe d'âge s'est abstenue ! |
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| >Un vote déculpabilisé |

Mercredi 24 mars. Les manifestations se multiplient sur l'ensemble du territoire français. Associations,
syndicats, fédérations professionnelles, partis politiques, communautés religieuses appellent,
plus ou moins explicitement à barrer, la route du Front national. Les lycéens sont dans la rue, tentent
pour certains de faire pression sur leurs parents. De leur rappeler que la France est multiple. Que le bon Français
décrit pas Jean-Marie Le Pen n'existe pas. Que sortir de l'Union européenne relève de l'hérésie.
Pendant ce temps, les instituts de sondage poursuivent leurs ravages. Ils annoncent déjà un score
de 80% contre 20% au second tour, en faveur de Jacques Chirac. La publication de ces chiffres est irresponsable,
criminelle. Quel intérêt d'aller voter en faveur d'un candidat que beaucoup rejettent s'il n'est pas
en difficulté, si la démocratie n'est déjà plus en danger. Plusieurs personnes m'ont
annoncé qu'elles voteront blanc. Elles refuseront de choisir. Mais chaque vote blanc bénéficiera
indéniablement au Front National. Plus grave encore : la position de challenger du candidat d'extrême
droite le crédibilise au yeux d'une frange de l'électorat. Le Pen a déjà gagné.
Voter pour lui n'est plus honteux. Pour beaucoup, il représente la seconde force politique du pays. Son
score déculpabilise des gens qui n'osaient encore franchir le pas. Et malheureusement, il en existe. Des
abstentionnistes du premier tour voteront Le Pen au second. Là encore, le FN gonflera ses rangs en Alsace.
Et le score national sera visiblement plus étriqué que ce qu'indiquent les sondages d'opinion. Le
risque existe bel et bien et les chiffres avancés par IPSOS ou BVA ne font aujourd'hui que le renforcer. |
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| >Le pire est à venir |

Mais le véritable tournant de la campagne devrait intervenir lors des manifestations du 1er mai. S'opposeront
dans l'hexagone l'extrême droite qui fêtera Jeanne d'Arc et des dizaines, sinon des centaines de milliers
d'opposants au thèses lepenistes. En cas d'affrontements directs, de surcroît dans un climat international
délétère sur lequel se calque le soutien, même s'il est minoritaire, d'une partie de
la communauté juive au candidat d'extrême droite, une dynamique favorable à Jean-Marie Le Pen
pourrait voir le jour. Les médias relaieront inévitablement les émeutes. Les titres sont déjà
tout trouvés : ‘Climat de guerre civile', ‘Les cités descendent dans la rue', ‘vitrines saccagées',
‘la grogne des petits commerçants', etc.. Rien de mieux pour alimenter, une fois encore, les rangs du Front
National, du parti de l'ordre et de la sécurité. Non, le second tour n'est pas encore acquis. L'équilibre
est fragile, précaire. Le troisième tour des présidentielles, les élections législatives
de juin prochain, sera quant à lui d'une importance majeure. Des triangulaires Droite / Gauche / FN devraient
se multiplier. Les lepenistes ne se désisteront pas. Leur intérêt, en cas de victoire de Jacques
Chirac aux présidentielles sera de faire gagner la gauche. De créer les conditions d'une nouvelle
cohabitation, d'une nouvelle paralysie du système politique qui, sans aucun doute, crédibilisera
leur discours lors des prochaines échéances électorales. « Tous les ingrédients
en sont réunis », analysait amèrement le libéral Alain Madelin au soir du premier tour.
Le bras de fer politique qui s'engage aujourd'hui ne prendra pas fin le 5 mai prochain. L'ensemble de la société
française devra faire preuve de responsabilité, les manifestants de lucidité. Les électeurs
devront voter, les responsables politiques être enfin audacieux et proposer de véritables projets
de société. Car Jean-Marie Le Pen n'a pas uniquement marqué des points statistiques. Il a
déjà gagné une bataille idéologique. Les manifestants appellent de leurs vœux l'abrogation
du système institutionnel actuel au profit d'une Sixième République. Ce vœux avait été
prononcé il y a déjà dix ans de cela… Par le Front National. |
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| >Quand le temps joue pour Le Pen |

Dernière ironie de l'histoire : les élections de dimanche intervenaient au lendemain de la date anniversaire
d'un autre chef d'Etat. Il était d'origine autrichienne, portait une petite moustache et se faisait le défenseur
des « petites gens », des « sans grades ». J'ouvre mon dictionnaire par curiosité.
Il y est écrit la chose suivante : « C'est la crise économique qui lui servit de tremplin en
jetant des millions de chômeurs et de petits rentiers ruinés vers les partis extrêmes, tandis
qu'avec une habilité machiavélique, il amenait l'armée et les puissances financières
et industrielles à ses vues. Ayant obtenu la nationalité allemande, il pensait détenir tous
les atouts en main pour accéder au pouvoir. Il décidait alors de se présenter aux élections
présidentielles de 1932, contre le Maréchal Hindenburg qui l'emporta de six millions de voix au second
tour. Après un an d'intrigues ministérielles et de sordides négociations dans lesquelles tous
les partis politiques allemands furent compromis, il devint chancelier le 30 janvier 1933. Depuis ce jour, il établit
une dictature personnelle et totalitaire par étapes successives ». Les partis extrémistes européens
connaissent parfaitement cette histoire. Ils savent que le score de Jean-Marie Le Pen au second tour importe peu.
Que le temps joue pour eux. Quel que soit le gouvernement qui sortira des urnes le 16 juin prochain, celui-ci n'aura
pas droit à l'erreur. Mais connaissons-nous vraiment notre histoire ? Les Français attendent des
leaders, des hommes et des femmes qui les fassent à nouveau rêver. Tout l'inverse de gestionnaires.
Le choix de François Hollande pour conduire la liste socialiste aux législatives m'effraie. Il ne
s'agit pas d'une attaque contre l'homme. Il est incontestablement aimable et démocrate… Mais transparent
aux yeux d'un très grand nombre d'électeurs. Le Pen et ses alliés européens le savent,
s'en réjouissent et n'attendent qu'une chose : que la gauche et la droite continuent d'ignorer les leçons
de l'Histoire… Pour que celle-ci se répète. Il sera alors trop tard pour ouvrir son dictionnaire
à la page 844 et se dire ‘Si seulement…'. |
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