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..FRANCE
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De Maastricht à Le Pen...
..Georges Strohl
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2 mai 2002

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>Abandons de souveraineté...
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La réalisation de l'Union Economique et Monétaire, qui s'est concrétisée ce 1er janvier 2002 par la mise en circulation des billets et des pièces en Euros, a eu des conséquences politiques largement sous-estimées dans les différents Etats de l'Euroland.
Les articles savants publiés dans des revues universitaires, l'avaient pourtant annoncé depuis longtemps : il n'est plus possible aujourd'hui, pour un Etat participant à l'Euro, de mener une politique économique autonome.
La politique monétaire est confiée à la Banque Centrale Européenne, totalement indépendante du pouvoir politique, dont la première (unique ?) mission est d'assurer la stabilité monétaire. La politique contra-cyclique basée sur la variation des taux d'intérêts, efficacement menée aux Etats-Unis, fait cruellement défaut en Europe...
La politique budgétaire n'offre qu'une marge de manoeuvre très réduite, témoin le rappel à l'ordre de l'Allemagne, qui menace de dépasser le déficit autorisé par le traité.
La fiscalité, la protection sociale sont vouées à s'harmoniser (au moins-disant social ?).
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>Pensée unique versus extrémismes...
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Il n'est donc pas étonnant, que les programmes politiques des deux principaux candidats à l'élection présidentielle en France aient été, sur les points essentiels des orientations économiques, aussi proches. Au point que la Bourse envisageait avec sérénité cette élection, du moins jusqu'au séisme provoqué par le premier tour.
Nous sommes aujourd'hui loin du mois de mai 1981, qui a vu s'affronter deux projets de société radicalement différents. Mais l'affadissement du débat politique, renforcé par cinq années de cohabitation qui ont donné à Jacques Chirac et à Lionel Jospin l'image de partenaires plutôt que d'adversaires, n'est pas sans danger.
Car seuls les partis aux idéologies extrêmes, et qui n'ont pas été confrontés à l'exercice du pouvoir sous les contraintes de Maastricht, peuvent aujourd'hui tenir un discours vraiment différent. Et le score du premier tour des Présidentielles en France ne fait que confirmer une tendance générale en Europe : la montée de l'extrême-droite.
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>L'Europe inachevée...
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Il ne faut pas croire qu'il y ait une fatalité, une seule politique économique possible dans l'Union européenne. Mais pour cela, il faut introduire un véritable contrôle démocratique dans les affaires européennes. "La guerre est une chose trop importante pour la confier aux militaires", disait Winston Churchill. De même, l'avenir économique et social des Européens est une chose bien trop importante pour être confiée à des Commissaires-experts nommés par des Etats, dont les gouvernements ne manquent pas de se cacher derrière la
technocratie européenne pour se déculpabiliser des effets de directives impopulaires...
Il est grand temps de faire avancer la construction de l'Europe. Pour que le véritable centre de pouvoir ait enfin des comptes à rendre directement aux citoyens. Pour cela, suggérons :
- de supprimer la Commission pour créer un exécutif issu du suffrage universel dans l'Union ;
- transformer le Conseil en une Chambre Haute ;
- doter le Parlement de la totalité du pouvoir législatif, en accord avec le principe de subsidiarité.
Mais peut-être, le score réalisé par Jean Marie Le Pen au premier tour ne suffit-il pas encore à troubler le sommeil de nos eurocrates...
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