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| >Tentative d'explication des résultats des législatives... |

Bien sûr les résultats n'ont surpris personne.
On est passé d'une logique républicaine de réconciliation nationale face au danger de l'extrême droite à
un refus conjoncturel de la cohabitation.
Apprécions par parenthèses l'humour de Mr
Raffarin opposé à la cohabitation. |
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| >1 Une victoire sur fond de mutation constitutionnelle |

Le changement de périodicité des présidentielles, malgré le faible avantage d'un appel
au peuple plus fréquent, présente le lourd inconvénient de lier élections présidentielles et élections législatives.
Bien sûr c'eut été plus grave que les législatives anticipent les présidentielles
( on a eu l'habilité de l'éviter ) mais on peut cependant penser ( comme quelques grandes figures
politiques à l'époque du débat ) que l'influence inverse n'est pas non plus sans inconvénient.
En effet l'objectif des présidentielles est bien la définition d'un grand dessein, tandis que les
législatives, sans y renoncer, doivent temporiser avec les différentes tendances, les rapports de
force etc..( cf l'analyse de François Bayrou à l'époque du changement constitutionnel ).
Cette différence semblait voulue par la constitution de 1958, révisée en 1962.
Et cette dernière envisageait clairement la cohabitation comme le prix à payer, à priori non
excessif, de la spécificité du régime politique français. D'ailleurs qui souhaite en
France le retour d'un régime parlementaire ou le passage à un régime présidentiel ?
Sans doute une minorité d'électeurs.
La durée du mandat présidentiel
de sept ans introduisait le décalage voulu
entre deux logiques électorales différentes.
Le débat, en partie occulté sur ce point, resurgit lors des deux récentes élections.
En effet... |
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| >2 Les présidentielles ont écrasé les législatives |

(La question de leur utilité se poserait,presque)
Ceci pour plusieurs raisons :
a) L'électeur a a priori du mal à se dédire sur une courte période.
b) On peut parler dans une certaine mesure de réflexe de réconciliation républicaine s'opposant à l'extrême droite et accessoirement à la cohabitation. (L‘
air connu de l'union sacrée )
c) La droite a bien su utiliser les résultats du premier tour ( la peur inspirée par le FN
)
d) L'effet protestataire ( même si les candidats tribunitiens ne manquent pas ) s'est épuisé
au premier tour des présidentielles avec , si l'on peut dire, une bonne dose de culpabilité, d'où
le vote utile.
e) La droite a bien su regrouper ses forces (UPM ) c'est-à-dire privilégier l'effet regroupement
à l'effet « ratissage » :
la multiplication des petits
« partis » a remplacé de nombreuses
triangulaires par des binaires ( à cause du pourcentage minimum de votants par rapport aux inscrits ) où
il fallait d'abord rester en lice.
f) L'extrême droite a été laminé partiellement par l'effet précédent entre
autre chose, de même que par la forte abstention ( le vote protestataire s'est surtout manifesté à
travers l'abstention et le vote nul ).
Mais il faut cependant préciser certaines explications qui ne relèvent pas directement de la stratégie
« politicienne » ni de la circonstance électorale ou constitutionnelle. |
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| >3 Résultats et mutation de l'opinion publique |

Le point le plus frappant est la forte baisse du pourcentage d'électeurs d'extrême droite qui est
une des raisons de la victoire de la droite républicaine . Il faudra incidemment l'expliquer.
a) La peur de l'e'xtrème droite:
En fait le mécanisme a été celui de l'écrasement du vote protestataire en général.
( Voire l'expérience malheureuse des présidentielles ). On peut supposer , en effet, le reflux des
votes protestataires « tribunitiens » c'est-à-dire de ceux qui ont voté FN pour frapper
sur la table sans souhaiter véritablement un gouvernement d'extrème droite ( rappelons que cet électorat
est de toute manière très volatile ).
En second lieu, le vote protestataire d'extrême gauche a été à l'évidence laminé
par la culpabilité ( voire 2 d) ). Mais ce n'est sans doute pas la seule raison.
b) L'effet de réalité en faveur de la
droite:
La gauche a fait l'énorme erreur politique ( je n'ose pas dire tactique ) de négliger, parfois même
de nier, le problème de la sécurité . Elle l' a payé lourdement lors des présidentielles
face au FN et peut-être même face à l'extrême gauche ( phénomène de confusionnisme
protestataire ;
d'ailleurs les passerelles électorales extrême gauche- FN le laissent
penser ). De plus elle n'a pas su reprendre l'initiative sur ce terrain de manière crédible. Par
ailleurs, elle a laissé le champ libre à la droite qui a su bénéficier d'une certaine
crédibilité dans ce domaine.
Elle a laissé aussi le champ libre au
mythe sécuritaire ( issu d'une profonde réalité
) et ce dernier a évacué pour partie le mythe démocratique. On pourra admettre en effet, que
pour l'opinion publique les principaux fantasmes politiques s'excluent mutuellement ( cf: l'article du dernier
dossier « la
contagion populiste ». Par exemple il n'est
pas surprenant que le souverainisme sécuritaire l'emporte sur le souverainisme prolétarien ( phénomène
visible même hors du cadre
populiste ).
La droite, revenue pour partie à ses valeurs d'origine, réactualisées par la gauche ( cf:
égalité devant la sécurité ) occupe le terrain du mythe.
C'est sans doute le secret de la réussite en politique: lier les préoccupations quotidiennes ( et
non les préjugés ) au
mythe, ou au moins à un désir collectif
profond. |
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| >Conclusion |

Ce qui a manqué à la gauche, c'est la référence claire à la réalité.
Ou du moins à une part de cette dernière. Cet aveuglement lui a fait perdre la crédibilité
relative qu'elle avait mérité dans domaine le du social.
Elle mettra sans doute longtemps à s'en remettre, si toutefois, elle n'est pas aidée par les circonstances. |
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| FRANCE |
| >Article |
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