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| >Reconnaissance historique... |

Jeudi 18 janvier, l'Assemblée Nationale française reconnaissait officiellement le génocide
arménien de 1915 perpétré par les troupes de l'Empire ottoman. Réagissant à
ce vote à l'unanimité, Ankara rappelait son ambassadeur à Paris. Alors que la question de
l'adhésion de la Turquie au sein de l'Union Européenne reste floue (respect des critères de
Copenhague d'une part mais sans que, selon la présidence suédoise, le statut de Chypre ne puisse
remettre en cause le processus d'adhésion d'autre part), cette annonce jette un nouveau froid dans les relations
franco-turques.
En début d'après-midi, la Grande Assemblée Nationale de Turquie (GAN) mettait en garde l'opinion
publique française et internationale. « Dans l'éventualité où le texte serait
voté, la rectification de la déformation historique et l'avènement de nouvelles générations
libres de préjugés deviendront virtuellement un crime en France. L'adoption de ce texte abolira la
liberté de penser ainsi que la libre recherche scientifique et la libre publication de travaux en France
(…) La liberté des historiens et tout effort visant à présenter des faits seront entravés
par la loi française ».
En réaction à la position adoptée par les députés français, le Consulat
Général de Turquie (Paris) diffusait sur son site sa vérité historique, minimisant
de surcroît le nombre des victimes arméniennes. « Sur les quelques 700.000 Arméniens
qui furent déplacés ainsi jusqu'au début de 1917, il y en eût certes qui perdirent leur
vie. L'intensité des opérations militaires et des activités de guérilla qui régnait
alors dans les régions traversées en fut partiellement cause; y contribuèrent également
les règlements de compte que certaines tribus cherchèrent à exercer au passage des convois
sur leurs territoires ainsi que l'insécurité générale. De plus, le déplacement
des Arméniens survint à une époque où l'Empire souffrait à la fois de la famine
et de nombreuses épidémies tout en endurant des pénuries sévères en carburant,
nourriture, médicaments ou autres produits de première nécessité. Il ne faudrait pas
oublier qu'à la même époque, une armée ottomane entière de 90.000 hommes fût
anéantie dans l'Est en raisons de ces mêmes pénuries, ni que pendant les dernières années
de la guerre, 3 à 4 millions de sujets ottomans de toutes religions moururent victimes de ces mêmes
conditions que devaient subir les populations déportées. Comme tous les sujets ottomans, les Arméniens
ont sans doute souffert pendant la guerre, mais il est tragique de voir avec quelle insensibilité les nationalistes
arméniens veulent en attribuer la responsabilité à d'autres causes que les conditions anarchiques
dont étaient victimes alors tous les sujets du sultan.
Telle est donc la réalité derrière les assertions mensongères qui déforment
la vérité historique en utilisant des formules malveillantes comme "le premier génocide
du XXe siècle", formules auxquelles les propagandistes arméniens et les groupes terroristes
essayent de rendre une vie nouvelle afin de justifier ces mêmes tactiques, cette même terreur qui,
au siècle dernier, a plongé l'Empire ottoman dans une horreur sans nom ».
Certes, la France n'est pas un pays exempt de tous reproches historiques. Le gouvernement de Vichy en est l'un
des exemples les plus criants du XX siècle. Mais peut-être, à l'inverse des dirigeants turcs,
a-t-elle entrepris, même tardivement, son examen de conscience. Certes, la famine tue. Certes, le froid tue.
Certes, les opérations de guérilla tuent. Mais elles n'entraînent pas de génocide !
Certes, il existe des liens étroits entre la France et l'Arménie mais pas au point de justifier un
révisionnisme historique comme le laisse entendre le Consulat Général de Turquie. Il eut été
souhaitable que la Turquie moderne ouvre d'elle-même cette pas de son histoire. La France la fait pour des
raisons qui lui sont propres. Mais entre ces deux Etats existe un peuple en quête de reconnaissance historique.
En ce sens, la décision des députés français était souhaitable. |
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