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Lire et écrire ne suffisent plus pour aborder la nouvelle révolution de l'Information et de la Communication, à tel point que l'Unesco a lancé une vaste réflexion
pour redéfinir les indicateurs sur l'analphabétisme en intégrant l'usage des nouveaux outils de communication.
Denise Lievesley et Albert Motivans dans leur article «l'alphabétisation prise au sérieux» (http://unescostat.unesco.org/uisfr/news/news0.htm), présenté lors de la journée internationale de l'alphabétisation
du 8 septembre 2000, écrivent :
«Les
mutations que connaît le monde nous contraignent à repenser ce que nous entendons par alphabétisme.
Les idées sur la manière de définir ce terme se sont élargies - par rapport à
la notion restrictive de faculté de lire et d'écrire - pour intégrer les notions de calcul
élémentaires et l'application des connaissances à la résolution de problèmes.
Les définitions qu'on donne de l'alphabétisme renvoient habituellement aux compétences employées
dans la vie quotidienne ou à celles qui permettent à tout un chacun d'évoluer de manière
compétente dans la société qui est la sienne. Cependant, les types de compétences requises
à l'ère de l'information évoluent sans cesse.
La mondialisation économique, les progrès des technologies de l'information
et de la communication et le passage à des sociétés de savoir ouvrent de nouveaux débouchés à certains, mais peuvent aussi signifier l'exclusion
pour d'autres.»
La plume se substitue de plus en plus au
clavier et à la souris, l'écran cathodique
remplace le papier comme support de lecture et d'écriture, le livre électronique menace
sérieusement la prédominance du livre papier pour la transmission du savoir et notre cher timbre
de collection cède la place au courrier
électronique relayant le facteur au rang des
« vestiges » d'un autre temps.
La communication entre les individus fait donc appel
à de nouvelles compétences.
Durant cette phase de profonde mutation des modes de vie grâce aux NouvelleS Technologies de l'Information
et de la Communication (NTCI), nombreux sont déjà ceux qui sont restés au
bord de ces autoroutes de l'information où les « paquets » traversent les continents et
les océans à la vitesse de la lumière par l'intermédiaire des fibres optiques.
Et parmi les laissés pour compte,
les nouveaux exclus, l'on retrouve une catégorie
souvent oubliée ; les retraités. Cette génération des « papys boomers »
- qui a néanmoins réussi à s'adapter aux innovations de la jeune révolution de l'électricité,
aux appareils électroménagers, à l'électronique de loisirs ou au téléphone
- se retrouve soudainement, en moins d'une décennie, parmi les nouveaux marginaux de cette Nouvelle Société.
Cette révolution du numérique modifie aussi, au fur et à mesure, nos repères et nos
valeurs de citoyen ainsi que l'image que la société nous renvoie de l'individu que nous sommes.
AOL, le plus grand portail d'Internet au monde nous montre, dans sa récente campagne publicitaire, la photo
d'une « personne âgée » devant sont écran d'ordinateur tenant sa souris comme une
télécommande en attendant que quelque chose apparaisse à l'écran. Et comme rien ne
se passe, AOL propose son assistance téléphonique aux internautes qui se reconnaissent dans cette
catégorie.
Après la fracture sociale des années
90, nous voilà confrontés au temps de la fracture numérique.
Alors que les petits enfants jouent en réseaux avec d'illustres inconnus, préparent leurs devoirs
de classe grâce aux moteurs de recherches qui leur permetent d'exercer leur savoir-faire dans l'art du copier-coller,
ou abandonnent le téléphone pour les forums de discussion, les seniors pris au piège de cette
soudaine invasion de tous les champs de la vie de leur petit chérubin par le monde numérique, se
retrouvent mis en quarantaine en raison de leurs ignorances.
Mitraillé par ces étranges mots venus d'un autre univers que débitent les cybernautes en culotte
courte, les « papis-mamies » se retrouvent injustement victime de cette fracture générationnelle
qui se creuse de plus en plus avec le développement des NTCI.
Une collectivité digne de ce nom ne peut admettre que ce fossé intergénérationnel ne
grandisse d'avantage.
C'est au nom de l'article 26, de la déclaration
universelle des droits de l'homme de 1948 concernant
les droits à l'éducation (http://ftp.unesco.org/education/highlights/wer/Art26F.PDF) que j'interpelle nos élus locaux chargés de l'éducation
considérée dans ses multiples aspects, depuis l'éducation initiale de base jusqu'à
l'apprentissage tout au long de la vie, sur leurs programmes et intentions pour atténuer les effets de cette
fracture numérique, créant un fossé intergénérationnel, entre la jeune génération
et nos seniors. |
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