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| >La logique économique l'emporte |
Les négociations entre les représentants des salariés
et la Direction d'Adelshoffen ont repris ce mercredi 26 juillet à 13h30, dans les locaux de la Direction Départementale du Travail
et de l'Emploi de Strasbourg. La fermeture de la Brasserie était alors déjà un fait acquis,
les délégués des salariés ayant été mandatés le matin même
pour discuter conditions de reclassement et indemnités.
Peu après 18h00, la séance est levée, et M.
Thierry Durr, Délégué du personnel, annonce
qu'un accord est en vue, sous réserve qu'il soit accepté par le personnel. La réunion des
salariés d'Adelshoffen, d'abord prévue pour le lendemain matin, s'est tenue finalement le soir même
dans les locaux de la Brasserie et s'est conclue par un vote favorable. Il ne reste donc demain plus qu'à
régler les détails du plan social.
Un conflit court, mais dur et fortement médiatisé aura permis d'aboutir à des indemnisations
de 75000 F à 330000 F, selon le cas.
Dans le détail
:
- ceux qui partiront volontairement avant le 31 août, avec une proposition d'emploi ou un projet personnel
sérieux, recevront 3000000 F,
- ceux qui accepteront une proposition de reclassement interne, sur les sites de Heineken ou de Fischer à
Schiltigheim, toucherons 75000 F et conserveront leur ancienneté et leurs avantages, le contrat de travail
étant maintenu (30 salariés, "fragilisés"),
- ceux qui accepteront les propositions d'emplois fermes hors groupe, après licenciement et avec un nouveau
CDI, recevront 250000 F (20 salariés),
- ceux à qui la Cellule de Reclassement proposera une "offre valable d'emploi", c'est à
dire un entretien d'embauche, recevront 330000 F s'ils ont plus de 2 ans d'ancienneté et 125000 F sinon
(environ la moitié des salariés),
- ceux qui relèvent du FNE (Fond National pour l'Emploi) recevront une prime de 50000 F,
- ceux qui ont entre 53 et 56 ans percevront leur salaire jus qu'à ce qu'ils puissent bénéficier
du FNE, mais sans prime.
Selon M. Albert Riedinger,
Secrétaire Général de l'Union Départementale CGT, l'accord est globalement satisfaisant,
même si la moitié des salariés risque de rester sur le quai...
Ce soir autour du feu de palettes, le coeur n'est pourtant pas à la fête. "C'est un échec, étant donné que le souci majeur des salariés
d'Adelshoffen était de pouvoir terminer leur carrière sur le site" a dit Thierry Durr.
Tout au long de la crise, les ouvriers d'Adelshoffen ont montré leur attachement à leur outil
de travail. Au point que M. Durr
demande à M. Pecqueur,
PDG, de retarder sa visite à la Brasserie, "le temps que la cour soit nettoyée"... Mais
ce sentiment de propriété (c‘est mon usine, mon poste de travail, ma vie) ne pèse rien devant
le droit de propriété des actionnaires.
Dans quelques jours, la bière aura sa fête à Schiltigheim. Et la ville comptera une brasserie
en moins... |
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