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| >Visite guidée |
C'est à l'occasion de la Journée de la Femme,
que Madame Gillig, Député au Parlement
Européen a accueilli l'ensemble des élues
de la Communauté Urbaine de Strasbourg, au
Bâtiment Louise Weiss du Parlement Européen
.
65 femmes Conseillères Municipales, ont suivi la visite guidée par Madame Mechthild Gesthuisen, du
bureau d'Information du Parlement.
Après la découverte de l'édifice, elles ont été invitées à prendre
place dans l'hémicycle. Marie-Hélène Gillig a donné des exemple très concrets,
étayés d'anecdotes concernant le fonctionnement de l'Assemblée, rendant la visite particulièrement
vivante et chaleureuse.
Puis ce fut la découverte d'une salle de commission, et enfin la rencontre avec madame Catherine Trautmann, Ministre de
la Culture et de la Communication, Présidente de la CUS, au restaurant des Députés.
Pour Madame Marie-Hélène Gillig, le lieu a été choisi, car il est "symbolique
par rapport à la place de la femme, notamment sur les questions de l'égalité homme/femme, ainsi
que sur les discriminations, qui y sont traitées."
On apprend que la France est la dernière de la classe et que c'est dans la CUS, que les femmes sont le moins
représentées. (172 femmes sur 689 élus.) 33 seulement occupent des postes d'adjointes.
Il faut néanmoins se rappeler, que c'est dans le "Traité de Rome", acte fondateur de l'Europe
qu'a été écrit: "à travail égal, salaire égal."
Madame Gillig s'est penchée sur une étude qui montre que dans les collectivités territoriales,
les salaires vont du simple au double.
"Je suis la première à établir une nouvelle grille par rapport à un niveau d'étude
technique" explique-t-elle.
L'Europe à Strasbourg, ce sont de nouveaux programmes attachés à une politique de l'emploi,
qui vont vers les personnes en difficulté.
De grands moyens financiers sont offerts (11 millions de francs par an) dans le cadre d' un "Plan local d'insertion
par l'économique."
Ces crédits donnent lieu à des discussions au sein des commissions. Le but est dans une cohérence
et une convergence pour construire l'Europe dans le domaine de l'Emploi, notamment.
Mais elle s'occupe aussi de discuter des droits de garde de l'enfant de parents divorcés, quand ils sont
issus d'états de la communauté (une loi a été votée fin 99). Les questions traitées
portent également sur les femmes maltraitées ou les exclus...
Marie-Hélène Gillig, rappelle qu'être engagé dans la vie publique, c'est avant tout
partager des solutions.
"Ici, nous ne faisons rien d'autre que ce que vous faites quand vous siégez sur les bancs des Conseils
Municipaux."
Catherine Trautmann prend la parole à son tour:
"C'est grâce à l'Europe, que certaines lois comme l'égalisation financière ont
été menées."
Il s'agit de lois contraignantes, controversées mais nécessaires à l'avancée de la
société, qui consistent à privilégier des projets aidant à la promotion des
femmes. Comme "la directive des femmes enceintes", par exemple. Ces lois servent en fait à rattraper
un retard par rapport au bien des femmes, ou à s'adapter à leurs problèmes spécifiques.
Madame Trautmann nous apprend que cette semaine, le nom de "Secrétariat des Droits des femmes et à
l'Egalité", a été proposé en réunion ministérielle. "Ce genre
d'appréciation politique, sans laquelle on n'avance pas", ajoute-t-elle.
Dans le haut-Rhin, moins discriminatoire que le Bas-Rhin, seules 18,5% des femmes sont représentées
en politique, pour 21% en France.
"Le droit de vote n'a pas été suivi par une place représentative de la femme en politique",
reprend la Ministre.
"Les femmes sont victimes du mauvais regard qu'elles posent sur elles-mêmes, et de la mauvaise image
que l'on projette sur les femmes en politique. On dit un Homme Public, mais que signifie une femme publique? De
plus, les femmes ont toujours l'impression de voler une place. Elles doivent prouver avant tout qu'elles ont de
la valeur. Finalement, on les jugera sur leurs faits."
Catherine Trautmann se dit résolument pour la
Parité.
"J'ai entendu récemment un parti extrémiste déclarer que la vocation des femmes est dans
l'accomplissement de leur destin biologique...et pour ce qui est de la vie sociale, dans l'éducation de
leurs enfants."
Certains attendent l'évolution naturelle des moeurs, mais cela peut prendre du temps.
Le groupe universaliste républicain, dont se réclament certaines femmes est dangereux, car il se
dit contre un privilège qui concerne une partie de la population, mettant à mal les
principes de la république." Mais
les femmes ne sont pas une catégorie de la
société, au même titre qu'une ethnie, par exemple", insiste Madame la Ministre.
Madame Catherine Trautmann se dit choquée d'avoir constaté qu'en Alsace où les salaires sont
plus élevés que dans le reste de la France, les femmes sont aussi le moins payées."
"Mais l'égalité, qu'est-ce que c'est? La liberté et la fraternité doivent découler
sur l'égalité."
Pour madame la Ministre, il va falloir engager une campagne auprès des médias, afin qu'ils cessent
de véhiculer des images caricaturales de la femme, notamment dans la politique, ou même dans le journalisme
(qui les cantonne dans des sujets toujours secondaires."
Pour ma part, citant un problème que je connaissais bien, un homme m'a demandé récemment avec
mépris si je l'avais lu dans la presse féminine.
"Catherine Trauttmann dit également souffrir de moqueries racistes à l'encontre des alsaciens
(ce qui ressort dans les deux cas, est un rapport à la différence, à la spécificité).
Ce qui concerne les femmes n'a pas a rester dans le domaine du privé, car le sort des enfants,
pour ne citer qu'un exemple, relève du domaine public."
Notre Ministre a conclu par une citation de Stendhal, qui disait en substance:
"L'admission des femmes à l'égalité ferait faire un grand bond à la civilisation,
car cela doublerait les intelligences dans la société."
"Mais est-ce de cela dont ces messieurs ont peur?" |
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