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Dimanche 24 septembre, à 21h15, une estimation Sofres RTL TF1 donnait le « oui au quinquennat » gagnant avec
un score atteignant les 73%. Un tel score, massif a première vue, était de longue date attendu. Une
telle victoire ne devrait a priori susciter aucune interrogation. Pourtant 69,35% des électeurs n'auraient
pas pris part au scrutin concernant l'évolution de nos institutions. 5% des bulletins de vote seraient blancs
ou nuls et donc non comptabilisés dans le résultat définitif. Par conséquent, si nous
nous livrons à un petit calcul, sur quarante millions d'électeurs, seuls 12 260 000 personnes auraient
pris part au scrutin ce dimanche. Sur ce chiffre, les 5% précités restent non comptabilisables, d'où
la réalité suivante : le « oui » au référendum ne recueillerait que 8 502
310 voix et le « non » 3 144 690. Autrement dit, seul un
électeur sur cinq et moins d'un citoyen sur huit se serait prononcé en faveur d'une réforme
des institutions. Plus encore que le record d'indifférence
jamais obtenu depuis au moins 1958 souligné par la Sofres, cette réforme qui se voulait apporter
davantage de démocratie au sein du champ politique s'annonce paradoxalement comme le début, peut-être,
d'un effritement démocratique. Bien sûr, le « oui » atteindrait 73% mais quel valeur peut-on
réellement attribuer à un tel résultat? Que représentent réellement, auprès
de nos élus, les plus de 31 millions de d'électeurs ayant refusé de soutenir explicitement
une telle réforme ? Certes, le quinquennat remplacera le septennat. Mais de quel soutien peut-il vraiment
se prévaloir auprès des citoyens ? Certains analystes considéraient hier encore que le scrutin
jouait de mal chance de par l'actualité de ces dernières semaines et notamment la hausse des cours
du brut. Une telle compréhension du champ politique relève, selon nous, d'une profonde naïveté.
Comment s'intéresser à une campagne lorsque l'ensemble des médias et des partis politiques
refusent un véritable débat. Les citoyens devaient, selon la doxa, voter en faveur de la réforme
pour obtenir plus de démocratie, parce qu'une telle démarche était « moderne ».
Le quinquennat nous permettrait de nous exprimer plus souvent quant à la justesse de l'action de l'Exécutif.
Aucun débat de fonds n'était vraiment désiré. La classe politique avait décidé
que le « oui » devait l'emporter, les médias (à l'exception de certains quotidiens nationaux)
ne se posaient pas davantage de questions. Aujourd'hui, le quinquennat prend incontestablement place dans le champ
constitutionnel mais avec le soutien effectif de moins de 20% des électeurs et de moins de 14% de la population.
La réévaluation
démocratique tant promise n'est, paradoxalement, peut-être,
pas celle que l'on croit… |
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