.. .. ..

 

.. ..
..STRASBOURG INFOS
..
..
..
Quinquennat et paradoxe démocratique...
..Christophe Nonnenmacher
..

 

 

25 septembre 2000

..
> Abstensions...
Dimanche 24 septembre, à 21h15, une estimation Sofres RTL TF1 donnait le « oui au quinquennat » gagnant avec un score atteignant les 73%. Un tel score, massif a première vue, était de longue date attendu. Une telle victoire ne devrait a priori susciter aucune interrogation. Pourtant 69,35% des électeurs n'auraient pas pris part au scrutin concernant l'évolution de nos institutions. 5% des bulletins de vote seraient blancs ou nuls et donc non comptabilisés dans le résultat définitif. Par conséquent, si nous nous livrons à un petit calcul, sur quarante millions d'électeurs, seuls 12 260 000 personnes auraient pris part au scrutin ce dimanche. Sur ce chiffre, les 5% précités restent non comptabilisables, d'où la réalité suivante : le « oui » au référendum ne recueillerait que 8 502 310 voix et le « non » 3 144 690. Autrement dit, seul un électeur sur cinq et moins d'un citoyen sur huit se serait prononcé en faveur d'une réforme des institutions. Plus encore que le record d'indifférence jamais obtenu depuis au moins 1958 souligné par la Sofres, cette réforme qui se voulait apporter davantage de démocratie au sein du champ politique s'annonce paradoxalement comme le début, peut-être, d'un effritement démocratique. Bien sûr, le « oui » atteindrait 73% mais quel valeur peut-on réellement attribuer à un tel résultat? Que représentent réellement, auprès de nos élus, les plus de 31 millions de d'électeurs ayant refusé de soutenir explicitement une telle réforme ? Certes, le quinquennat remplacera le septennat. Mais de quel soutien peut-il vraiment se prévaloir auprès des citoyens ? Certains analystes considéraient hier encore que le scrutin jouait de mal chance de par l'actualité de ces dernières semaines et notamment la hausse des cours du brut. Une telle compréhension du champ politique relève, selon nous, d'une profonde naïveté. Comment s'intéresser à une campagne lorsque l'ensemble des médias et des partis politiques refusent un véritable débat. Les citoyens devaient, selon la doxa, voter en faveur de la réforme pour obtenir plus de démocratie, parce qu'une telle démarche était « moderne ». Le quinquennat nous permettrait de nous exprimer plus souvent quant à la justesse de l'action de l'Exécutif. Aucun débat de fonds n'était vraiment désiré. La classe politique avait décidé que le « oui » devait l'emporter, les médias (à l'exception de certains quotidiens nationaux) ne se posaient pas davantage de questions. Aujourd'hui, le quinquennat prend incontestablement place dans le champ constitutionnel mais avec le soutien effectif de moins de 20% des électeurs et de moins de 14% de la population. La réévaluation démocratique tant promise n'est, paradoxalement, peut-être, pas celle que l'on croit…
..
..
> Les lecteurs ont la parole_!
Vous pouvez nous écrire, engagez vous dans le débat... Vous pouvez nous écrire. N'oubliez pas de de préciser à quel article vous faites référence.
..

STRASBOURG INFOS
>Article
..
STRASMAG
>ACCUEIL
>INFOS STRAS
..

    ..
..
     
     


| © Les auteurs / Strasbourg Webmag, 2000. Tous droits réservés.
| Toute utilisation ou reproduction doit faire l'objet d'une demande écrite.
| Les documents sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.