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| >Les hormones en question(s)... |
Claude Aron est spécialiste de physiologie de la reproduction,
professeur honoraire de l'université Louis Pasteur de Strasbourg. Il a déjà publié,
entre autre: "la bi-sexualité et l'ordre de la nature."
Il vient présenter son dernier ouvrage: "la sexualité- Phéromones et désir".
Il dialogue avec Michel Fabre, professeur d'histologie à la faculté de médecine de Strasbourg.
Michel Fabre introduit l'auteur: "Il a formé des générations d'étudiants en médecine.
Monsieur Aron, c'est avant tout la recherche. C'est la passion qui l'anime. Il partageait il y a déjà
cinquante ans le laboratoire de biologie de la reproduction avec son père. Son premier ouvrage portait sur
la "régulation hormonale du comportement sexuel."
Parmi ses thématiques de recherche: l'endocrinologie avec la biologie de la reproduction, ou comment contrôler
la ponte chez la rate.
Sa deuxième période portait sur les phéromones, avec ses interactions entre les individus.
Et enfin, il s'est intéressé aux problèmes comportementaux et à la bissexualité,
à travers l'action des hormones.
"Le passage à la retraite de Monsieur Aron l'a dégagé de certaines contraintes et contingences,
mais n'a pas altéré sa passion", poursuit son interlocuteur. "C'est donc un livre de jeune
chercheur."
S'en suivent des explications à propos d'expériences très spécialisées. Afin
de nous aider à comprendre les mécanismes de la recherche, où comment, à travers des
expériences sur l'animal (en l'occurrence la rate), on peut mettre en parallèle, ou rechercher les
mêmes mécanismes sur l'Homme (en l'occurrence la femme.)
C'est à partir du déclenchement de l'ovulation chez la rate, avec ou sans rapprochement, qu'on a
découvert l'importance de mécanismes olfactifs. La découverte des phéromones est connues
dès le XIXes, mais ce n'est que depuis les années 80, qu'on sait qu'elles attisent le désir
chez l'humain.
On apprend qu'elles sont au nombre de 200. On en discerne deux types:
- Inductrices: avec pour effet de provoquer la ponte.
- Captatrices: qui attirent le mâle.
Le problème était de trouver leurs origines et où elles se logeaient. Si cela fonctionnait
sur les êtres humains et dans le sens Mâle/femelle.
Pour ce qui est du cycle menstruel, le facteur d'environnement et la régulation de femmes proches entre
elles, a été prouvé. "Imaginez le pauvre patron qui s'occupe d'une équipe de femmes!"
Nous voilà ramenées à l'état de rates. Toujours cette sensibilité féminine
(il n y a pas que les femmes qui ont des hormones!) mise à mal et mal interprétée!
Intervient une polémique, qui veut que, selon les recherches, sont prises en compte telle ou telle participation
de l'appareil olfactif. Par voie de la muqueuse (il paraît que c'est mal vu), ou par voie aéro-nasale.
Bien sûr, tout cela est inconscient et ne fait pas appel à l'odorat, comme capteur d'odeur.
Mais quelle en est la signification?
On trouve une action sur le fonctionnement de l'ovaire et la croissance des follicules. Mais ça ne joue
que sur deux mois (d'avance ou de retard!)
Divers protocoles de tests sont mis en place par les chercheurs, afin de tenter de répondre à cette
question fondamentale.
Le résultat tendrait à prouver que le but est dans la reproduction de l'espèce, qu'elle soit
ou non en voie d'extinction (nous voilà bien avancés!)
Autre question qui se pose: y aurait-t-il des neurones affectés aux canaux olfactifs? Tout laisse à
supposer que oui.
Le nerf olfactif étant le plus court, et directement lié à la zone cognitive et à la
mémoire (rappelez-vous Proust), il semblerait qu'il joue un grand rôle dans nos affects(cf. Les nourrissons),
mais pas autant que pour les animaux, bien sûr (cf. Les chiens)...et selon le degré de sensibilité
de l'individu, of course!
En quelques mots, certaines expériences, notamment américaines dont nous aurions entendues parler
dans les média, serait peut-être très exagérées. Comme le nombre d'espèces
animales invoquées (300), dans les statistiques expérimentales!
On trouve un seul contre exemple dans le règne animal. Parmi les porcins. C'est le Véra qui attire
la femelle (dans tous les autres cas, c'est l'inverse.) Ce phénomène est dû à des stéroïdes
fabriqués dans les zones testiculaires, puis transmises par la salive...
Un fait plus étonnant est à noter: les deux stéroïdes mises en évidence, se retrouveraient
chez les deux sexes. Le dysmorphisme
sexuel ne serait qu'une illusion et la muqueuse sexuelle
active chez l'homme, serait la muqueuse nasale! Il paraît que nous devons beaucoup à la souris, pour
avoir découvert cela.
Je n'oserais dire, nous aussi!!! Et vous, au mulot, cher lecteur!
A partir de ces conclusion, Claude Aron en déduit une bisexualité qui pourrait être innée.
Mais n'évoque-t-il pas par là, la réalité scientifiquement prouvée ici, et trop
souvent masquée par une volonté normative de la société, des deux pôles féminins
et masculins qui sont en chacun de nous, et qui ne peuvent que nous enrichir?...
"Mais pour en savoir plus, il faudrait tester l'activité électrique du système lymbique,
poursuit-il. Et comme on ne peut pas ouvrir le cerveau...Mais heureusement, avec les images à résonnances
magnétiques nucléaires, on pourra peut-être un jour étudier les manifestations du désir
et de l'amour, et voir comment ça se passe!"
Et le chercheur parti à la quête du Graal, de conclure: "J'espère qu'un jour ça
se fera!"
Je dois avouer pour ma part, que même si je n'ai rien à cacher, l'idée de porter une Webcam virtuelle, qui montrerait la moindre de mes émotions et celle de mon
voisin me glace d'effroi!
Je crains que la spontanéité des relations n'en pâtissent quelque peu. Du moins, si d'ici là,
on continue à se risquer à établir un contact direct (en live!) avec son voisin!!!
A force de vouloir trop en savoir, on risque de se transformer en statue de sel et ne plus jamais pouvoir évoluer
sur notre terre bien carrée. (Euh! Je voulais écrire "ronde", bien sûr!)
Encore merci aux souris!!! (Et à la mienne en particulier, même si elle me vaut un rhumatisme à
l'auriculaire droit!) |
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