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..RENCONTRES LITTERAIRES
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Elisabeth Badinter. “Les passions intellectuelles”. Ed Fayard.
Vol1. “Désirs de gloire 1735-1751.”

..Christine Strohl
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 16 octobre 1999

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>Les femmes, l’intelligence et le pouvoir...
Ces passions intellectuelles, description historique de la genèse de cette nouvelle “tribu”, débute dans le premier tiers du “siècle des lumières” (of course!). Trois volumes sont prévus, on suppose que le troisième nous ramènera à nos contemporains... et nous attendons des noms!
Mais non, il ne s’agit pas d’un livre “People”. C’est de l’histoire, historique, qui relate des faits sans les expliciter, mais en faisant apparaître une certaine évolution, ou un enchaînement chronologique tout au moins.
Le dix huitième siècle a déjà été traité par Elisabeth, à travers plusieurs ouvrages, comme: “Emilie, Emilie” en 1982 (une réflexion sur l’ambition féminine de ce siècle), à travers notamment l’exemple de Madame de Chatelet, repris ici. Ou plus récemment dans son ouvrage, cosigné avec son époux, sur Condorcet.
A cette époque, les femmes éduquées mais pas instruites cherchent à tout prix à entrer dans le monde des idées.
Elles en seront un véhicule aussi incontournable que les journalistes et les savants de l’Académie des Sciences, à la pointe de la Modernité.
Il est intéressant de noter, que tout un courant d’intellectuels enseignants (donnant naissance à de vraies dynasties) a jailli alors, d’un milieu petit bourgeois, qui a permis à la démocratie d’éclore. Les petits, les sans voix, délivrent leur savoir aux ouvriers, aux artisans et... aux femmes, le dimanche avec la vocation d’éclairer les faibles. Alors que par ailleurs les puissants se battent, non plus pour des idées, mais pour briller au firmament d’une cathédrale qu’ils se sont érigées.
Cette ère de l’intellect préfigure la nôtre dans une volonté de communication par des biais de plus en plus divers, mais surtout une France administrative divisée un siècle plus tard en conscriptions universitaires.
Il est d’ailleurs intéressant de noter, que le Dix neuvième siècle (deuxième volume à paraître: j’anticipe!), se rationalise, se rigidifie, donne moins de place à la communication et à la liberté
tout en en laissant plus au romantisme et au sentiment. Comme si un équilibre naturel ordonnait notre monde.
Où l’on comprend que les femmes (d’un certain milieu), ont joué un rôle dans la communication et la transmission du savoir. Elles ont d’ailleurs conservé ce domaine de l’éducation nationale puisqu’elles y sont largement majoritaires... mais en bas de l’échelle.
On ne s’attardera pas sur cette question...brûlante pourtant.
Celle de la parité ne va pas tarder, dans le public.
“J’y ai beaucoup travaillé”, répond Elisabeth.
J’entends vaguement parler de noirs (?) Et des arabes...
En tout cas la parité n’est pas présente dans cette assemblée: trois femmes pour un homme, à vue de nez.
Dommages, elles pensaient avoir trouvé un porte parole.
Mais la gloire, ça n’a pas changé depuis le dix huitième siècle: ça ne se partage pas... même avec ses pairs (mères...)
Devenir le(a) premier(ère), l’unique, aux yeux de tous.
Ou alors, après nous avoir dit tout le bien qu’elle pensait des femmes (peut-être un peu trop fort: “j’ai découvert les grands hommes du dix huitième, en lisant les femmes”), ne cherche-t-elle pas à nous faire oublier que les femmes représentent la moitié de la population.
La parité, on peut ne pas être “pour” au nom de l’équité, mais il faudrait être “pour” au nom de l’équilibre. Tout le reste me semble n’être que littérature. L’avenir ne nous demandera pas notre avis.
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