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| >Catherine Cusset. "La haine de la famille". Ed. Gallimard... |
"L'amour prédateur entre mère et fille", titrait de façon fort alléchante la conférence. Mais
pourquoi, mère et fille, alors que le livre évoque
les rapports entre tous les membres d'une famille? A savoir le père la mère et les enfants...devenus
grands!
Catherine Cusset est née dans un milieu de la bourgeoisie parisienne. Très province néanmoins
dans ses valeurs et ses codes. Si l'on tient pour réelle la dichotomie des auteurs de la capitale française
qui citent la bourgeoisie "provinciale", comme ils parlent de petits profs, de petite gens, avec ce
mépris qu'ont les détenteurs de la Culture officielle....Regrettant une seule chose c'est de ne pas
se trouver suffisamment proche du Pouvoir...celui qu'ils instituent, et agréent. Leur adresse principale
est si possible citée dans le Monopoly, et celle de leur résidence secondaire est sur toutes les
lèvres.
Il n'empêche que l'auteur a fréquenté la rue d'Ulm, ce qui frôle la fiction, lorsqu'on
n'est pas issu d'un lycée faisant partie de la légende parisienne.
Née en 1963, sa petite voix de personne bien élevée la fait apparaître plus jeune. Elle
vient d'ailleurs de passer du statut de jeune fille à femme-mère. "Ce qui change tout"
dit-elle. Elle en vient presque à comprendre sa mère, cette éternelle insatisfaite, dont la
seule gloire réside dans la réussite scolaire de ses enfants. Seule conversation glorieuse qu'elle
puisse tenir dans les salons (qu'elle fréquente d'ailleurs fort peu).
Mais tout de même, une mère ça sert à ça. Faire des gosses. Quatre. Chiffre honorable
qui permet de gagner ses galons de Vraie mère. Deuxième étape: les amener à une position
sociale qui légitime son sort, ses sacrifices et fassent honneur à son époux. Ah, non! Cela
ne suffit pas. Pour que le tableau soit complet, il faut s'habiller griffé, garder la ligne (baguette parisienne),
faire de bons repas (pour les autres). Comme disait mon père: "un intérieur bourgeois se reconnaît
à la bonne odeur de pâtisserie qui s'en dégage".
Pour compléter la belle image: une amie de lycée connue. C'est frustrant, mais ça vous pose.
Surtout dans les cérémonies officielles et médaillées. Car une médaille il en
faut une. Ce sera celle de l'ordre du mérite pour la mère. Au moins, elle n'aura pas fait tout ça
pour des cacahuètes.
L'image sociale est parfaite. Le père est un père. Il râle, gère ses comptes, ses enfants
et ses propriétés... Il râle, mais il a le beau rôle. Est-ce que le complexe d'Oedipe
ça ne serait pas ça: croire que son père est parfait, sa mère éternellement
insatisfaite. Simplement parce que Lui, a le beau rôle. L'Autorité du Chef de famille. C'est beau
la bourgeoisie. Ca jouit ("Jouir", précédent ouvrage de l'auteur). Ca rencontre Philippe
Sollers. C'est prêt à casser la belle image trop lisse en racontant tout. Eh, oui, même chez
les bourgeois, trrrrès bourgeois, ça pète et ça rote (une page entière!). C'est
normal, c'est héréditaire. Chacun des enfants fait normal sup. Normal! Et va s' installer au quatre
coins du monde. "Tout petit, tout petit la planète". On est au goût du jour, toujours. C'est
bien en ce moment qu'à lieue l'ère de la mondialisation? Alors, à nous l'Amérique.
"Mais je n'aurais pas publié ce livre
si l'un de mes parents en avait fait une crise cardiaque. J'aime mes parents et je veux continuer à manger
les bons petits plats de maman... C'est bizarre papa a aimé le livre, pas maman. J'aurais pensé le
contraire." Toujours insatisfaite, décidément
cette mère!
Etre auteur c'est peut-être ça? Pratiquer le strip-tease, en toute innocence (?!) C'est très
vendeur et ça apporte la notoriété tant désirée par cette classe sociale, juste
pas assez......en vue?
Les gens aiment regarder par le trou de la serrure... et se reconnaître.
Finalement: "les bourgeois c'est comme les C..."
Mais ça on le savait déjà.
Heureusement, c'est une espèce en voie de disparition....Mais peut-être pas à Paris, après
tout! |
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