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| > Une langue rabelaisienne |
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Fleuve Noir
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Une langue débridée, disloquée, inventive, dominante, baffreuse de son contenu, révélatrice,
affectueuse, fantasque et même philosophique quoi qu'on dise et surtout FD lui-même….
Le calembour à fleur de peau, massif, modèle saucifflar-camembert, le pur jeu de verts mots discrets
de deuxième lecture, la philosophie de comptoir mais biseautée, l'indignation sincère et rigolarde,
le conformisme joyaux de second reflet, enfin tout ce qu'on peut imaginer comme rapport direct ou tordu voire inversé
au langage…
Le DARD tel qu'on ne le parle pas
Le vrai DARD pour le lecteur intelligent. (1) (2) (3)
(1) rappelons que FD apostrophe souvent son ami lecteur (afin sans doute de lutter contre une identification par
trop primaire ou au moins jouer avec)
(2) à toi de savoir, merveilleux lecteur, si tu dois continuer à lire
(3) rassures-toi cher lecteur pour mes chevilles je n'ai pas oublié mes bandes molletières
FD était un homme de pleures, de tendresse (on se souvient de sa façon de dire « mon grand
» à la télévision)
Il a vite vu qu'il n'aurait pas de succès à raconter ses malheurs ou la face noire du monde, alors
il est passé de l'autre côté du miroir : il a inventé son double heureux et comblé
: SAN ANTONIO, à peu près son contraire .
Qu'elle formidable idée !
Il avait inventé sa drogue, et la notre, 200 millions de doses vendues ! Et il n'a jamais été
arrêté ; que fait interpole ?
Mais revenons à ce double, son contraire peut être, enfin pas tout à fait : un commissaire
invincible, macho, don juan, vivant avec sa mère (il finit par élever un enfant « adopté
»avec elle : un oedipien diraient les psy.)
Par ce canal FD peu tout dire, le vrai ( pour lui), son contraire : son lecteur est toujours d'accord sauf qu'il
rira plus ou moins selon le cas.
Il a su l'éternité (si tentante quand on n'a pas le sentiment d'avoir vécu) de l'homme (masculin)
jamais fixé souvent amoureux, éternellement jeune et séduisant…
(Je te rappelle que c'est une fiction fantastique lecteur). |
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| > Une recette, quelle recette ? |
Non ce n'est pas une recette ! Mais sa marionnette lui a échappé à FD comme il le dit lui-même
dans sa nécrologie de DARD par DARD (1) et il l'a laissé se promener dans la France profonde.
« Identification, piège à congres » dis-tu cher lecteur :
Trois marionnettes fétiches San Antonio, le playboy (identification avantageuse : suivez mon regard !)
Béru, le poussah séducteur qui malmène la langue française.
Pinaud,
le garstochard attendrissant à la moustache farineuse (là tu te reconnais j'espère, cher lecteur).
Mais tu as tort te dis-je ! encore une fois, ses marionnettes lui ont échappé et font « son
génie » si particulier à hauteur d'homme…
(1) extraite du Dictionnaire de la littérature française contemporaine par Jérôme GARCIN,
édit . François BOURIN, 1989. (cité très opportunément par le Nouvel Observateur
du 15 au 21 juin 2000).
Merci donc à Frédéric DARD qui est allé jusqu'au bout du sentiment et de son enfermement
par son contraire. Et qui, curieusement, ainsi, nous permet d'échapper à l'angoisse de faire son
chemin. |
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