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| >Strasbourg, librairie Kléber, le 12 novembre 2002 |
C'est l'histoire de quatre destins croisés, qui se rencontrent à la
fin du roman. C'est en fait quatre histoires parallèles, qui se rejoignent au final.
Anny Duperey écrit sur le deuil; Le deuil d'un être cher (thème qui l'a touché de près
avec la découverte de ses parents morts à huit ans, raconté dans "le voile noir").
Deuil d'une partie de soi que l'on veut évacuer. Le problème du choix de sa vie, du changement, de
la transformation, sont également abordés dans ce roman. Celui de la renaissance à soi-même,
dans une autre vie, ou une vie autre.
Entre l'actrice et l'auteure, le facteur commun est le sens de l'observation.
"On est une sorte de grand carnet de notes", explique Anny Duperey. Qui bien qu'ayant l'habitude du public
semble très intimidée par la salle archi-comble et inconditionnelle, buvant littéralement
ses paroles.
Ce à quoi elle ajoute: "certains passent par ces moyens d'expression pour se faire grandir. Ce sont
les artistes." François Wolfermann qui anime la conférence, acquiesce: "les artistes donnent
des clefs à notre propre existence."
De son côté actrice, Anny explique: "j'ai trouvé la gaieté pour survivre. Ce n'est
pas un mensonge, mais une compensation."
"Avec l'écriture, je rejoins mon côté sombre."
Ses personnages vont vers le choix d'une vérité, au prix d'une fragilité temporaire. Ils sont
confrontés à une prise de décision nécessaire. Comme Christine, dépressive à
l'orée de la cinquantaine. "Je n'est pas connu ce problème", explique l'auteure, "mais
je l'ai écrit à tout hasard..."
Chaque personnage va basculer vers autre chose. Et là, il s'agit de ne pas refaire les erreurs passées.
"On gagne le contact avec la nature quand on fait la paix avec soi-même", dit Anny.
L'écrivaine s'est également penchée sur les conséquence d'une transformation, de l'après,
du moment où l'on tourne une page. Citant le réalisateur Jean Mercure qui s'est suicidé avec
sa femme: "je pars pour un pays inconnu. C'est excitant, non?"
Il s'agit avant tout d'apprivoiser la mort. D'apprendre le renoncement auquel la vie nous confronte. En renonçant
également à sa douleur, même si on s'est construit autour et qu'on s'y complaît. "Une
douleur secrète est un petit piédestal, sur lequel on se hausse et on se distancie des autres."...
" Vous vous mettez au même rang que les autres, quand vous acceptez de ne pas être seul à
vivre des choses difficiles", explique Anny Duperey, qui sait de quoi elle parle. Cela demande à entrer
dans le sens commun. Ici, changer revient à se piéger soi-même... Mais pour vivre mieux. Et
cela passe (nécessairement!) par une succession de deuils et de désillusions... |
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