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..RENCONTRES LITTERAIRES
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Viviane Forrester. "Une étrange dictature". Ed. Fayard
..Christine Strohl-Grün
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 7 avril 2000

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>Le pot de fer contre le pot de terre...
L'auteur de "L'horreur économique"( 1986), a récidivé. Elle se veut la révélatrice d'un "système" "ultra-libéral", qui ne connaît que la loi du marché.
"Ce ne sont pas des gens qui ont le pouvoir, c'est un système", explique-t-elle. "Nous n'avons pas été assez vigilants en amont."
Elle parle du problème des fonds de pension, sur lesquels des agents demandent 15% de bénéfice, afin qu'il rapportent le maximum d'argent aux actionnaires. De ces pauvres gens qui achètent du vent, au risque de se retrouver sans un sou au moment de la retraite. De ces cadres moyens rémunérés sur ces mêmes fonds de pension, qui tuent eux-même leur emploi, et sur toute cette population de petits bourgeois qui alimente cette énorme escroquerie.
La nouvelle économie, c'est l'économie virtuelle, dénonce l'auteur.
"Les gens qui y travaillent sont désignés et pas élus."
L'essayiste met en parallèle, ce pouvoir hégémonique de l'économie, avec
la démocratie.
Mais qu'est-ce que le pouvoir sans l'argent? Et l'argent ne donne-t-il pas toujours le Pouvoir? Le résultat, c'est ce qui en est fait.

"Mais on est obligé de s'aligner aux diktats. Après tout en découle. Sans qu'on s'en rende compte. Tout paraît logique et imparable", poursuit l'auratrice. Et, oui,
on nous ment!
"Lorsqu'un gouvernement reçoit des sous, peu importe ce qu'il en fait,
pourvu qu'il s'aligne sur les diktats." "L'argent va au gouvernement, ou à la mafia."
"Il faudrait réécrire un dictionnaire à base de toutes les valeurs lénifiantes, qui nous font accepter n'importe quoi. Mais elles changent tout le temps."
"On nous dit: hors du système, point de salut. Mais ce n'est pas vrai."

- Alors que faire? Demande quelqu'un dans le public.
"Je ne suis pas là pour donner des solutions. Mais pour expliquer ce qui se passe. Et il n'y a pas une seule alternative. On ne peut pas proposer de modèles. On en a soupé des alternatives. Cela doit se faire avec
des contre-pouvoirs,...mais dans la démocratie...on est dans l'urgence...il faut refuser des points...il faut refuser et manifester que l'on n'est pas dupe...D'ailleurs monsieur José Bové....d'ailleurs dans mon livre.. On l'a vu à Seattle, certains savaient de quoi ils parlaient, et d'autres pas!...Une société se nourrit de ses propres succès...Il faut arrêter les dégats. Les gens qui pratiquent l'économie virtuelle, ne sont ni très compétents, ni très lucides." Mais les enjeux des uns et des autres ne sont certainement pas les mêmes.


- Pourtant, il faut de la concurrence, pour que tout le monde ait accès à tout. Par exemple, dans le cas de votre livre, il est vendu dans différents endroits!
- Et "l'enfer est pavé de bonnes intentions", cite une personne du public qui a lu la critique de Monsieur Revel, sur le livre de Madame Forrester.
" Mais Monsieur Revel, ne sait toujours pas que l'Union Soviétique s'appelle à présent la
Russie"...répond l'auteur. Puis elle s'offusque également de ce que des jeunes soient dans des lycées professionnels, pour devenir des subalternes. L'idée qu'il peut exister de bons lycées professionnels ne l'effleure pas. Les interessés apprécieront.
"Quand des ministres auront des enfants dans un lycée professionnel, j'en reparlerai."
Mais qui a dit que les ministres n'étaient pas ultra conformistes?...eux non plus ne sont pas forcément des Modèles.
"Et les emplois jeunes, qui ne sont que pure exploitation!", renchérit-elle.

Oui, des dictatures, il y en a. Des dictatures, toujours soutenues par une valeur commune: l'argent. Cet argent qui corrompt, pour qui certains feraient n'importe quoi. Un argent de la drogue... L'argent plus fort qu'une drogue.
L'argent comme arme et comme pouvoir. L'argent qui achète la démocratie, par l'intermédiaire de ses représentants. Qu'est-ce que la démocratie? Un "meilleur des mondes". On lance des cacahuètes aux uns et aux autres. Afin que certains puissent user d'un certain pouvoir. Ceux qui ne peuvent vivre que du sang des autres: les Vampires...

Et si le problème était ailleurs...

Finalement, ne peut-on imaginer un monde, où des individus, amoureux de l'argent, se partageraient (virtuellement) la terre, comme on joue au casino. Tandis qu'ils donneraient à leurs semblables de quoi être nourris logés, blanchis etc... Pour pouvoir continuer à
s'amuser tranquillement avec le monde.
Et si on privatisait la planète?
....

Le débat se poursuit:
- Je vis dans la misère, avec mon fils étudiant, qu'est-ce que je peux faire?...
Une voix s'élève dans la salle.
Blanc...
"Je n'ai pas compris ce qui se dit..."

- On licencie et la bourse flambe, je ne comprends pas!
"Mais c'est pour faire des économie, monsieur", répond Mme Forrester.
Si Madame Forrester a pu ouvrir les yeux de quelqu'un sur ce qu'est le monde d'aujourd'hui, tant mieux. Mais quelqu'un qui prend le risque d'aller sur le terrain pour expliquer et agir, a certainement plus d'impact au niveau des gens qui ne sont pas de la partie. Où alors prend-elle le risque, au choix: de prêcher dans le désert ou pour les convaincus...

Mettre "en" écrit d'accord, mais est-ce suffisant?
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