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..RENCONTRES LITTERAIRES
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Georges- Arthur Goldschmitt
"La traversée des fleuves". Ed. Seuil

..Christine Strohl
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13 novembre 1999

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>Le yiddish...
G.A.G, ( non ce n'est pas de la blague) est un célèbre traducteur de Handke, Kafka et Nietzsche entre autres auteurs allemands.
Cet écrivain, au parcours identitaire peu banal, puisqu'il a été allemand déporté en France, protestant de souche juive, s'est converti au catholicisme pour finir agnostique, est interrogé cet après-midi par Emma Guntz ( de la Biennale Mitteleuropa).
Ce livre sous-titré "autobiographie" se révèle être une commande de l'éditeur et a mis six ans à voir le jour.
ici, l'auteur se dit contraint à une chronologie, à une réalité, contrairement à l'écriture d'un roman.
Il constate que jusqu'à présent , il s'était interdit le souvenir pour profiter pleinement de la vie.
"C'est comme ça que j'ai pu rendre à l'allemand son innocence et écrire en allemand."
L'écrivain, qui fut professeur d'allemand (certains germanistes sont venus l'écouter!), a déjà écrit des textes sur l'intraduisible de Freud:
"Quand Freud voit la mer" et "Quand Freud attend le verbe".
La vue est très présente dans ses écrits. Il parle beaucoup du décor des scènes, sans doute parce qu'il a voulu être peintre.
De même, Freud l'interpelle par le biais de ses amis psychanalystes ainsi que par ses origines juives et historiques, mais sans jamais l'avoir pratiqué.
Le nazisme, pour lui, est né du puritanisme et du refoulement sexuel.
La langue, qu'il traduit, a son importance dans le développement d'une pensée, d'une culture. "La langue allemande était artisanale" au moment de la montée du nazisme et en même temps elle est trop précise, elle ne permet pas l'évasion. Hitler le savait, qui a d'abord comis "un crime contre la langue" en l'éradicant afin de domestiquer un peuple. C'est d'ailleurs un différend linguistique qui a été à l'origine du rejet des juifs en Allemagne. Ils parlaient un "mauvais allemand": le yiddish.
Pour G.A.G: "on ne voit pas à travers une langue , comme on voit à travers une autre."
La peinture, quant à elle, dit toujours quelque chose.
Cézanne disait: "Je ne suis pas un peintre, je suis un oeil sur la table de la cuisine."
"Le français peint, l'allemand pense (construit)".
La problématique de G.A.G est celle du traducteur de l'allemand au français, de l'intérieur à l'extérieur, de la vision au mot, de la peinture à la littérature, et pourquoi pas au final du judaïsme au christianisme (cf. La rencontre littéraire avec
Armand Abécassis).
L'auteur agnostique reconnaît d'ailleurs que chez un juif, il retrouve souvent sa pensée. "Mais on m'a fait comme tel, en m'expulsant!", explique-t-il. Est-ce bien la seule raison, peut-on se demander. Efface-t-on par l'amnésie volontaire neuf générations de pensée et d'éducation juive (même convertie!).
Le peintre pointe sa plume.
Les première phrases, comme les dernières, de ce livre de souvenirs, font très souvent référence à la vision:
"Le regard porte moins loin... les distances se ferment peu à peu... en même temps se produit comme une mise en photographie de ce que l'on voit passer à travers la vitre du train"...
Applaudissement de son public.
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