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| >La pudeur assassinée |
Un livre d'une "écriture magnifique" paraît-t-il,
voilà qui nous a alléchée.
Interdit en 1964, il a été défendu par Juhandeau, Cocteau, Pasolini, Nabokov et Mishima.
Le "père la pudeur" (la censure), n'étant plus ce qu'il était, les "clés"
de ce "roman policier littéraire", comme le nomme l'auteur, semblent à présent bien
anodines, voire trop explicites.
Il y est question d'une famille frappée par l'opprobre publique, désignée comme anarchiste.
Cette cruelle injure la marquera d'une déchéance irrémédiable. Les damnés de
la société tomberont dans la prostitution, le meurtre d'enfant et bien sûr la répudiation
de l'église. Tout cela baigné dans une ambiance d'après guerre.
Chacun des personnages porte en lui "son inguérissable enfance", ce qui pour le coup, est universel.
Dans ce roman, "l'enfance est assassinée" au propre comme au figuré.
Toutefois, le "lyrisme déclamatoire" atteint son paroxysme quand l'auteur évoque la crucifixion.
Réalité et mythes se mêlent jusqu'à la démesure.
Mythe dans le mythe, la mystification du martyre est déclinée à l'infini, dans une métaphore
de l'artiste sacrifié par la société.
"L'artiste qui ignore qu'il est un bouc émissaire...( pour son époque), celui-là n'est
pas un artiste", écrit l'auteur.
Nicolas Genka est le fils d'un Breton et d'une allemande, né en 1937, ceci expliquant peut-être cela...
"Qui cherche l'enfance recherche le paganisme" s'auto-cite l'écrivain.
On peut se demander s'il était nécessaire, hormis à titre exemplaire, de récussiter
un texte écrit avant 68, époque où la censure était omniprésente.
Cependant, la poésie s'impose à tous ceux qui aiment lire que_:
"les plages sont violentes", "les arbres paissent", "on branle et tremble", "les
enfants s'écroulent en croix" et "la mer est en carton peint"... |
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