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| >Glucksmann, Huster, Bruckner, Onfray et les autres... |
Les anciens contre les modernes (bis).
De l'amour à la haine.
"Le XXeme siècle a été celui des guerres conduites
au nom d'idéologies mortes. Restent à inventer les institutions qui feront
vivre la liberté."
Nicolas Baverez. Avocat. ("Le Point". 31 décembre 1999. N°1424.)
André Glucksmann: "La troisième mort de Dieu." Ed. Nil. (Laffont)
C'est de ma faute, si je choisis d'aller entendre des conférences "prise de tête". Pourquoi pas des romans qui font rêver?
C'est la faute au temps.
Pourquoi pas des hommes séduisants? J'avais noté Francis
Huster, le 3 mai sur mon agenda, mais ce jour là,
c'est le Webm@g qui faisait l'événement au Palais des Congrès.
Pas de chance! Le thème était bon.
"Gustav Mahler, La symphonie de Vienne".
Mais là encore, ça sonne un peu opportuniste. Oh, puis je n'ai rien à regretter, il n'a fait
que signer son livre. Il n'a pas besoin de discutailler autour, lui.
Quant à Pascal Bruckner, personnage également affable et sympathique, d'abord agréable,
il s'interroge sur ce qu'il désigne comme une nouvelle dictature: le bonheur, itself! Là aussi, j'ai
regretté de ne pas avoir le don d'ubiquité. Mais comme la télévision et la presse ont
largement repris le credo, je n'ai pas pu le louper.
Alors, entre le paradis (perdu?), Dieu (re-tué) et le bonheur (à mort), l' humain ne remplace-t-il
pas toujours une quête par une autre? Et si c'était cette insatisfaction, ce Désir (jamais
assouvie qui le pousse à créer et à écrire!), qui se serait travesti en Bonheur? A moins qu'il
ne se soit contenté de changer de nom? Et s'il ne s'agissait que de son nom de jeune fille? Son alliance
avec la Modernité est peut-être le prix (de la noce!) à payer?
Bref! Entre le thème de l'intégrisme, de la séparation, de l'épuration avec Francis, celui
de la mort de Dieu (ter!) avec Glucksmann, et l'essai de Gilles
Kepel, venu parler aujourd'hui d' "Expansion et déclin de l'islamisme"...Le thème de la religion est à la mode. Dieu n'en
finit pas de mourir. Mais, dieu que son agonie est lente!..
Toutes ces questions ne concerneraient-elles pas des querelles de pouvoir et d'identité sous
couvert de pensée philosophique?
En tombant sur le numéro du Point du 31
décembre 99 je lis sous la plume de Luc Ferry:
"Contrairement aux (penseurs) des années 70, qui étaient déjà reconnus par leurs
pairs à 30/35 ans,...(actuellement)...aucun, à cet âge n'est engagé à coup sûr
dans une oeuvre qui dépasse les cadres académiques...Je l'imputerais aux effets de 68. Ceux de ma
génération ont eu la "chance" de vivre une époque qui était assurément
plus ouverte aux jeunes talents. Une période où les idéologies, plus tranchées qu'aujourd'hui,
permettaient aussi des attitudes plus visibles..."
Il est vrai que cette "révolution" de
mai 68, était le fait des jeunes. C'était
eux qui étaient et faisaient la mode. Eux...les futurs consommateurs!!! D'ailleurs, ils sont toujours là
à exploiter les mêmes idéologies. Et c'est eux qui occuppent le terrain depuis. Ceci expliquerait
peut-être cela.
Ils laissent, en les diabolisant, les "nouvelles technologies" (fort peu intellectuelles,
comme leur nom l'indique!) ou la "nouvelle
économie" (celle qui met aux chômage,
laisse au bord de la route, et enrichit les rentiers...) aux plus jeunes (moins de trente ans!).
Entre 30 et 50, on critique leur attirance vers le bouddhisme, une recherche pragmatique
et désespérée d'un bonheur impossible (paradis perdu?) Dans un monde où les anciens
(après 50 ans!) ne leur accordent toujours pas de
place valable. Et les sacrifient sur l'autel des
Trentes Glorieuses.
A eux encore le nouveau "libertinage", celui de Michel
Onfray, qui placerait la liberté au dessus
de tout. Et surtout au dessus des conventions... Celles, justement, si souvent issues des idéologies
véhiculées par leurs ainés.
Revenons à André Glucksmann, que nous avons eu le temps d'aller entendre, lui.
"Dieu est mort" écrivait Nietzsche. Et l'ancien
nouveau philosophe (avec BHL!), de surenchérir. Il est mort trois fois. Une fois à cause de gens
comme le philosophe allemand, d'ailleurs. Au moins il le nomme.
On lit sur la 4eme de couv: "Une première fois Dieu est mort en croix. Une seconde fois dans les livres,
sous les quolibets de Marx et de Nietzsche. Une troisième fois à la barre des siècles
qui passent et viennent."
Est-ce bien Nietzsche qui l'"a tuer?", ou ne faisait-il que constater ce qui
se passait autour de lui?
Dieu a-t-il jamais été vivant? Hormis dans certains monastères...très fermés.
L'homme est tout sauf Dieu. Cela se saurait. D'ailleurs, d'aucuns ne manqueraient pas de crucifier cet empêcheur
de s'humaniser en paix. Parce que là encore, parler de déshumanisation, alors que l'homme est fondamentalement
violent et barbare....ça laisse rêveur!
Comme Rousseau, "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais". Et on y va de sa prédication
que l'on espère auto-réalisatrice: "l'homme est bon de nature."
Non! L'homme, s'éduque, se dompte, se civilise. Qu'on le veuille ou non.
Un jeune garçon tue, au Nigéria, si on lui apprend que la vie, c'est ça.
L'homme copie des modèles. L'homme est manipulable.
C'est pourquoi, il n'y a pas à avoir peur
de l'internet, qui à entendre le philosophe
dépassé, fait le jeu des idéologies
extrémistes. Et cela en les provoquant. Comme
lors de la deuxième guerre mondiale, où la France aurait écrasé l'Allemagne, de sa
toute puissance intellectuelle. Comme si c'était si simple. Un dictateur, n'a besoin
de personne pour lui indiquer la voie. Et les suiveurs suivent. Où qu'ils aillent. Les leviers sont humains,
trop humains. Comme disait Nietzsche. Que l'on a accusé de faire le lit du nazisme. Trop facile.
André Glucksmann a l'expérience de la parole, de la manipulation intellectuelle et tout ce qui s'en
suit. Il a surtout du charme, une très belle voix qui ne vieillit pas, et il s'en sert.
Le titre choc, accroche. La forme du livre, avec des cadres, intégrant des références, tel
un manuel scolaire est intéressant et pédagogique.
On peut y apprendre des choses.
Mais gare à la pensée monolithique. A celle que veut imposer un seul théoricien,
grâce à une réthorique éprouvée.
Comme toujours, j'ai "gratté" quatre feuillets, afin de ne pas m'égarer dans mes souvenir
de la rencontre.
Malheureusement, la présentation était trop décousue pour en sortir une analyse véritablement
cohérente, je ne retiendrai que la conclusion:
"Comme il faut toujours finir sur du concret. Je vous annonce que Monsieur Ivanov (NDLR:
ministre des affaires étrangères russes) est reçu demain à Strasbourg. A 18h, il y
aura une petite manifestation autour de la Place de la République (je crois que c'est ce
nom?) Si vous êtes à Strasbourg, je souhaite que vous y alliez. Moi je ne pourrais pas y être."
Comme il l'a dit lui-même, c'est moche "ces gens qui s'en fichent!". |
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