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..RENCONTRES LITTERAIRES
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André Glucksmann: "La troisième mort de Dieu." Ed. Nil.
..Christine Strohl-Grün
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 10 mai 2000

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>Glucksmann, Huster, Bruckner, Onfray et les autres...
Les anciens contre les modernes (bis).

De l'amour à la haine.

"Le
XXeme siècle a été celui des guerres conduites au nom d'idéologies mortes. Restent à inventer les institutions qui feront vivre la liberté."
Nicolas Baverez. Avocat. ("Le Point". 31 décembre 1999. N°1424.)

André Glucksmann: "La troisième mort de Dieu." Ed. Nil.
(Laffont)

C'est de ma faute, si je choisis d'aller entendre des
conférences "prise de tête". Pourquoi pas des romans qui font rêver? C'est la faute au temps.
Pourquoi pas des hommes séduisants? J'avais noté
Francis Huster, le 3 mai sur mon agenda, mais ce jour là, c'est le Webm@g qui faisait l'événement au Palais des Congrès. Pas de chance! Le thème était bon. "Gustav Mahler, La symphonie de Vienne". Mais là encore, ça sonne un peu opportuniste. Oh, puis je n'ai rien à regretter, il n'a fait que signer son livre. Il n'a pas besoin de discutailler autour, lui.
Quant à
Pascal Bruckner, personnage également affable et sympathique, d'abord agréable, il s'interroge sur ce qu'il désigne comme une nouvelle dictature: le bonheur, itself! Là aussi, j'ai regretté de ne pas avoir le don d'ubiquité. Mais comme la télévision et la presse ont largement repris le credo, je n'ai pas pu le louper.
Alors, entre le paradis (perdu?),
Dieu (re-tué) et le bonheur (à mort), l' humain ne remplace-t-il pas toujours une quête par une autre? Et si c'était cette insatisfaction, ce Désir (jamais assouvie qui le pousse à créer et à écrire!), qui se serait travesti en Bonheur? A moins qu'il ne se soit contenté de changer de nom? Et s'il ne s'agissait que de son nom de jeune fille? Son alliance avec la Modernité est peut-être le prix (de la noce!) à payer?

Bref! Entre le thème de
l'intégrisme, de la séparation, de l'épuration avec Francis, celui de la mort de Dieu (ter!) avec Glucksmann, et l'essai de Gilles Kepel, venu parler aujourd'hui d' "Expansion et déclin de l'islamisme"...Le thème de la religion est à la mode. Dieu n'en finit pas de mourir. Mais, dieu que son agonie est lente!..

Toutes ces questions ne concerneraient-elles pas des querelles de pouvoir et
d'identité sous couvert de pensée philosophique?
En tombant sur le
numéro du Point du 31 décembre 99 je lis sous la plume de Luc Ferry:
"Contrairement aux (penseurs) des années 70, qui étaient déjà reconnus par leurs pairs à 30/35 ans,...(actuellement)...aucun, à cet âge n'est engagé à coup sûr dans une oeuvre qui dépasse les cadres académiques...Je l'imputerais aux effets de 68. Ceux de ma génération ont eu la "chance" de vivre une époque qui était assurément plus ouverte aux jeunes talents. Une période où les idéologies, plus tranchées qu'aujourd'hui, permettaient aussi des attitudes plus visibles..."

Il est vrai que cette "révolution" de
mai 68, était le fait des jeunes. C'était eux qui étaient et faisaient la mode. Eux...les futurs consommateurs!!! D'ailleurs, ils sont toujours là à exploiter les mêmes idéologies. Et c'est eux qui occuppent le terrain depuis. Ceci expliquerait peut-être cela.
Ils laissent, en
les diabolisant, les "nouvelles technologies" (fort peu intellectuelles, comme leur nom l'indique!) ou la "nouvelle économie" (celle qui met aux chômage, laisse au bord de la route, et enrichit les rentiers...) aux plus jeunes (moins de trente ans!).
Entre 30 et 50, on critique leur attirance vers le bouddhisme, une recherche pragmatique et désespérée d'un bonheur impossible (paradis perdu?) Dans un monde où les anciens (après 50 ans!) ne leur accordent toujours pas de place valable. Et les sacrifient sur l'autel des Trentes Glorieuses.
A eux encore le nouveau "libertinage", celui de
Michel Onfray, qui placerait la liberté au dessus de tout. Et surtout au dessus des conventions... Celles, justement, si souvent issues des idéologies véhiculées par leurs ainés.

Revenons à
André Glucksmann, que nous avons eu le temps d'aller entendre, lui.
"Dieu est mort" écrivait
Nietzsche. Et l'ancien nouveau philosophe (avec BHL!), de surenchérir. Il est mort trois fois. Une fois à cause de gens comme le philosophe allemand, d'ailleurs. Au moins il le nomme.
On lit sur la 4eme de couv: "Une première fois Dieu est mort en croix. Une seconde fois dans les livres, sous les
quolibets de Marx et de Nietzsche. Une troisième fois à la barre des siècles qui passent et viennent."
Est-ce bien
Nietzsche qui l'"a tuer?", ou ne faisait-il que constater ce qui se passait autour de lui?
Dieu a-t-il jamais été vivant? Hormis dans certains monastères...très fermés.
L'homme est tout sauf Dieu. Cela se saurait. D'ailleurs, d'aucuns ne manqueraient pas de crucifier cet empêcheur de s'humaniser en paix. Parce que là encore, parler de déshumanisation, alors que l'homme est fondamentalement violent et
barbare....ça laisse rêveur!
Comme Rousseau, "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais". Et on y va de sa prédication que l'on espère auto-réalisatrice: "l'homme est bon de nature."
Non! L'homme, s'éduque, se dompte, se civilise. Qu'on le veuille ou non.
Un jeune garçon tue, au Nigéria, si on lui apprend que la vie, c'est ça.
L'homme copie des
modèles. L'homme est manipulable.
C'est pourquoi, il n'y a pas à avoir
peur de l'internet, qui à entendre le philosophe dépassé, fait le jeu des idéologies extrémistes. Et cela en les provoquant. Comme lors de la deuxième guerre mondiale, où la France aurait écrasé l'Allemagne, de sa toute puissance intellectuelle. Comme si c'était si simple. Un dictateur, n'a besoin de personne pour lui indiquer la voie. Et les suiveurs suivent. Où qu'ils aillent. Les leviers sont humains, trop humains. Comme disait Nietzsche. Que l'on a accusé de faire le lit du nazisme. Trop facile.

André Glucksmann a l'expérience de la parole, de la manipulation intellectuelle et tout ce qui s'en suit. Il a surtout du charme, une très belle voix qui ne vieillit pas, et il s'en sert.

Le titre choc, accroche. La forme du livre, avec des cadres, intégrant des références, tel un manuel scolaire est intéressant et pédagogique.
On peut y apprendre des choses.
Mais gare à la pensée monolithique. A celle que veut imposer un
seul théoricien, grâce à une réthorique éprouvée.

Comme toujours, j'ai "gratté" quatre feuillets, afin de ne pas m'égarer dans mes souvenir de la rencontre.
Malheureusement, la présentation était trop décousue pour en sortir une analyse véritablement cohérente, je ne retiendrai que la conclusion:
"Comme il faut toujours finir sur du concret. Je vous annonce que
Monsieur Ivanov (NDLR: ministre des affaires étrangères russes) est reçu demain à Strasbourg. A 18h, il y aura une petite manifestation autour de la Place de la République (je crois que c'est ce nom?) Si vous êtes à Strasbourg, je souhaite que vous y alliez. Moi je ne pourrais pas y être."
Comme il l'a dit lui-même, c'est moche "ces gens qui s'en fichent!".
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