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| > Vous avez dit Zubial?... |
Depuis son dernier roman auto-biographique: "le Zubial",
plus de nouvelles d'Alexandre Jardin le bien-nommé.
Certains l'avaient prédit: maintenant qu'il nous a révélé son enfance extravagante
avec son père le romancier et scénariste Pascal Jardin, d'où il tirait toute son inspiration,
que lui restera-t-il à écrire?
Une autre auto-biographie nous répond-il. Mais
de son amour cette fois. Lui et son amour.
De ce sujet qui envahit sa vie et qui reste le seul moteur, la seule façon pour lui de la supporter
L'auteur est double, à la fois Alexandre Jardin écrivain et Alexandre Rivière (on reste dans
le bucolique), instituteur et personnage principal du livre.
Ce mari désespéré, qui cherche par tous les moyens de retrouver l'amour effiloché de
sa compagne, renaît par le biais d'un jumeau.
Tout est double dans ce livre et la démonstration que nous fait l'auteur ressemble au mythe d'Aristophane
: un homme seul est coupé de sa moitié. La vie se vit à deux. C'est en cherchant l'autre que
l'on se trouve et inversement, dans un éternel jeu de miroir.
L'amour ici a deux têtes: celui de
la femme et de l'homme, celui des jumeaux. Deux cahiers
se répondent, celui de la femme et celui de l'homme. Le décor: un confetti des "Nouvelles Hébrides"
( les "zébrides", les hybrides?), gouvernées pendant un certain temps par une administration
bicéphale (France/Grande-Bretagne) participent de toute cette symbolique, en filigranes.
C'est le psychiatre américain Erickson, mort en 1980 ( dont l'enseignement, notamment à base d'une
certaine forme d'hypnose, se retrouve dans la sophrologie ou la P.N.L), qui a fait découvrir à l'auteur
une approche différente de l'Autre. A l'opposé de la doctrine freudienne, Erickson prônait
l'empathie et l'amour de son patient. Entrer dans sa logique (illogique) afin de le comprendre, ainsi que pratiquer
la démonstration par l'exemple, étaient ce qu'il préconisait. C'est pour cette raison que
le héros est un pédagogue. |
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| > La manipulation amoureuse |
Même si l'on peut penser que dans toute passion il y a
forcément manipulaion et tentative de "captation" de l'autre, ici la recherche se veut didactique
et positive. Certains aspects de la théorie comme: "il faut changer l'autre", peuvent paraître
excessifs. Néanmoins, cette recherche de pérénisation de l'amour, à travers sa modélisation
est séduisante. A plus forte raison dans une époque où toute relation amoureuse qui perdure
plus de trois ans paraît suspecte, pathologique, voire dangeureuse!
L'enseignant dans un autre rôle que le "petit prof" à la vie forcément minable, la femme comme sujet
d'étude digne d'intérêt, l'homme résolument dépendant affectif (comme on dit
maintenant). Tout cela est audacieux.. Bien que récurrante dans l'oeuvre d'Alexandre Jardin, cette nouvelle
manière d'être homme inquiète ou interroge. Des ouvrages et des articles sont consacrés
à cet "homme rose", ou "homme
lunaire" qui ose enfin exprimer sa partie féminine.
La masculinité remise en question, déstabilise autant que le faisaient les sufragettes.
Pourtant ce nouvel homme qu'elles redoutent, attire les femmes représentées pour près de 90%
dans l'assemblée de ce soir.
"Les hommes auraient pu venir chercher des recettes!", me glisse ma voisine..
Comme si un mur infranchissable était érigé dans nos sociétés constituées
où: "rien ne change, tout se restructure", l'auteur a situé son histoire, aux antipodes,
comme à son habitude.
"J'aimais ces pays où tout était à créer, où beaucoup de gens s'y trouvaient
depuis quelques années à peine, après une crise, afin de repartir à zéro,"
explique le romancier. Comme un pays de la nouvelle chance.
Mais comme il réalise finalement qu'on n'a qu'une vie et qu'il faut la vivre ici et maintenant, l'auteur
ne désire plus fuir.
"Notre société me passionne. L'essentiel de ma vie est dans un mouvement associatif (1)."
"Je veux transmettre. J'aime diffuser à travers mes romans des pensées de mon époque,
que je trouve majeures". Je souhaiterais interpeller les gens afin qu'ils se demandent: "et si on réfléchissait
autrement".
Alexandre jardin ne nous donne pas toutes les clefs de son récit. A nous d'apprendre à réfléchir
autrement... |
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| > Ses projets |
Comme il la exprimé, l' exigence intellectuelle et affective
d'Alexandre Jardin l'entraînent tout naturellement vers une oeuvre associative et éducative. Pour
lui, réunir les gens autour de l'école est la première base de l'intégration. Pour
lui, les frontières intellectuelles doivent être repoussées, afin de permettre à l'homme
de demain de devenir un citoyen responsable et heureux. Apprendre à vivre ensemble,
petits et grands, jeunes et vieux, toutes races confondues, dans une mémoire commune. Donner à chacun
une place dans la société, voilà un idéal qui l'exhalte.
Alexandre Jardin souhaite sortir à présent de sa solitude d'écrivain et écrire des
pièces de théâtre ou des scénario de films avec son épouse et entouré
d'une équipe.
Son prochain film qui parle aussi d'un prof ,est tiré du "Petit Sauvage", un de ses précédents
romans. L'acteur principal en est Jean-Hugues Anglade ... accompagné d' une femme qu'Alexandre décrit
comme étant: "belle et intelligente, comme la mienne en somme! (peut-être sa jumelle?), une inconnue."
(1) "Lire et faire lire", regroupe une centaine
d'écrivains. Son but est la transmission d'
"une éducation littéraire que nos aînés ont reçu à la perfection",
estime Alexandre Jardin, membre fondateur. C'est donc en partenariat avec les syndicats de l'Education Nationale,
les villes et les écoles, que l'association recrute des retraités désireux de transmettre
le goût de l'écrit à des élèves du primaire. Tél. : 0825 832 833 |
 
LE ZUBIAL
JARDIN, Alexandre |
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