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| >Rencontres à la Librairie Kleber, le 18-12-02 |
La désunion...
La scénariste et réalisatrice Nadine Trintignant, après avoir écrit il ya quelques années un livre sur son frère
atteint de la maladie d'Alzheimer: "Ton chapeau au vestiaire", suivi par un roman, se livre ici à mots couverts dans cette oeuvre très
proche de l'auto-biographie. Elle reconnaît que Lola, son héroïne pourrait être elle. Comme
elle, elle a perdu un enfant; Et comme elle, elle a connu les affres de deux amours en même temps.
Comment aborder le tournant de l'amour toujours, quand on a fait un bout de chemin ensemble, mais que l'on sent
que l'on est arrivé à son terme? Comment vivre le déchirement de la désunion? Et celui
non moins cruel de la "multi-fidélité", même si elle est généralement sans issue...
Tiraillée entre Jean-Louis Trintignant, le premier mari, et Alain Corneau le second, il est vrai que Nadine n'a pas connu de petites amourettes. Excusez du peu!
Il n'empêche que la culpabilité, l'amertume, la mélancolie et les souvenirs indélébiles
se retrouvent aussi dans les histoires des gens simples...
Un dernier week-end à Trieste pour mesurer le chemin parcouru. Pourquoi en est-on arrivé là,
alors que vingt ans plus tôt on se demandait comment on avait fait pour vivre jusqu'ici l'un sans l'autre?
A présent, le bilan sonne le glas du désamour. Un mariage, des enfants, la mort d'un enfant, une
famille, des infidélités. Et un jour, la prise de conscience; le couple marital n'est plus dans le
désir. On se rend compte que l'on ne parvient plus à se projeter dans l'avenir. Ni l'un, ni l'autre.
Ni l'un avec l'autre, ni parfois l'un sans l'autre. Mais que faire de cet amour qui perdure comme un membre, amputé,
mais que l'on sent toujours?
"Le temps est-il notre ennemi le plus intime?", comme l' écrit l'auteure.
Le désir s'inscrit dans le temps, et il est le moteur de toute chose, de tout acte créatif. C'est
lui qui pousse à vivre.
Ce livre pourrait être celui de la vie. Du désir de vivre. Intensément. Malgré tout.
Envers et contre tout.
L'écriture est très belle, poétique et lyrique à la fois, avec un contre-point gouaillard,
apporté par un chat siamois qui parle et qui pense comme un homme... Et qui dédramatise les petites
joies et les grosses peines.
Une rencontre très réussie et très humaine. Avec une Nadine
Trintignant auteure, simple, dans l'attente d'un échange à
bâton rompu devant un public malheureusement quelque peu endormi. |
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