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Le cas Nietzsche - Wagner
..Françoise Siret
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 1er juillet 2000

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> et Freud...
Samedi 1er juillet, à 17 heures, Librairie Kleber, Philippe KOEPPEL présentait, avec les traducteurs (François DACHET Psychanalyste et Marc DORNER), deux livres de Max GRAFF, un critique musical viennois du début du XX ème siècle :

- "
Le cas Nietzsche - Wagner" (titre original "das Wagner Problem" d'où le fait que Nietzsche ait pu être le grand absent du débat...).

- "
l'Atelier intérieur du Musicien".

Ces ouvrages rendent compte du cheminement de la pensée du musicologue qui a cherché dans la psychanalyse une explication, voire une solution, au problème que lui posait
WAGNER : comme musicien c'est incontestablement un artiste, mais la scène wagnérienne, ses héros, la volonté de puissance qui les anime, la conception du renoncement et de la rédemption, ont un sens politique (précurseur du nazisme) qu'il faut rejeter.

C'est après la parution du
"cas Nietzsche-Wagner", en 1902, que Max GRAFF rencontre FREUD et devient un de ses fervents disciples.

Dans ce premier ouvrage il est essentiellement question de l'idéologie du livret. Le second, "l'atelier intérieur du musicien" paraît 10 ans plus tard : c'est toujours de
Wagner qu'il est question, mais sans le nommer cette fois. Ce n'est plus le héros qui intéresse Graff, mais la création musicale, le ressort qui pousse le musicien à composer. Le ressort qui touche le public est d'un autre ordre : c'est une certaine "concordance" entre l'artiste et le public, comme
dans le jeu de mots ou le trait d'esprit.

Cet écrit consacré à la musique et où le problème du mythe qui sous-tend les personnages sur scène n'est plus posé marquera la rupture entre
Graff et Freud, ce dernier n'étant pas vraiment
convaincu par "le mouvement inconscient, conçu en termes sonores plus qu'écrits" qui inspirerait et animerait le compositeur.

Pourtant
Max GRAFF pose des questions importantes et ouvre des pistes qui ne seront explorées qu'aux alentours de 1965-1970, telles :

- la résonnance corporelle de la musique.
- ce que le musicien accepte, par rapport au refoulement, quand il compose.
- la composition musicale d'une oeuvre lyrique peut-elle se faire en dehors du champ signifiant du langage ?

Il se situe, sinon en marge, du moins à côté, des positions dominantes de l'époque, et cette place très particulière, singulière, en fait un précurseur.

Max GRAFF était aussi le père du "petit Hans", enfant phobique à 5 ans, dont FREUD avait publié le cas en 1909, mais cela avait toujours été gardé secret, même dans le cadre de la Société du Mercredi où l'on en débattait...C'est en 1970 que l'intéressé, devenu metteur en scène d'opéras (Herbert GRAFF), s'est présenté à Anna FREUD au Congrès de Psychanalyse Enfantine qui se tenait au Grand Théâtre de Genève dont il était Directeur, en disant : "je suis le Petit Hans".

Les conférenciers se sont donc très longuement interrogés, en parallèle, sur "le cas Graff-Freud" et l'oubli du nom dans le cadre sonore de la scène de représentation du cas !
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