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..RENCONTRES LITTERAIRES
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Myriam Revault d’Allonnes, Le dépérissement de la politique. Généalogie d’un lieu commun, Ed. Alto-Aubier
..Christine Strohl-Grün
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 14 janvier 2000

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>Philo et politique...
La rencontre est animée par Daniel Riot, directeur de la direction européenne de France-Télévision.
Il est applaudi par le public à son entrée. C’est lui la vedette locale.
Myriam Revault d’Allonnes, professeur de philosophie à l’université de Rouen, a enseigné à Strasbourg.
Daniel Riot dit de son ouvrage qu’il a été attiré par un mot qui lui semblait nouveau sur le sujet.
“L’analyse y est pertinente, originale, synthétique. La crise
politique, c’est la crise du Nous.”
Il nous rappelle l’étymologie du mot “complexe", qui vient de tisser.
L’auteur répond, qu’il y est question de “ce que l’homme fait de l’homme”.
Reprenant le titre : “qu’est-ce qu’un lieu commun”?, le journaliste interroge l'auteur.
"C’est ce qu’on dit sans réfléchir. C’est un propos tenu par la communauté, d’après Aristote. C'est l’une des sources du langage et de l’échange : le topos.”
Pour ma part j'ai envie de dire, au premier degré, qu’il s’agit d’un lieu ouvert au public, une sorte de “Café du Commerce”.
“C’est ce qui donne lieu à la discussion et à la réflexion dans la Cité”, reprend Myriam Revault d'Allones.
“Je ne crois pas en le dépérissement de la politique. Car il s’agit d’une métaphore biologique qui fait référence à une pathologie.” “Mais on l’a toujours dit et Platon le disait déjà.”
D’après elle, les philosophes recherchent la Vérité et tiennent donc pour négligeable la politique qui se réfère à l’opinion, prenant pour processus
emblématique, la mort de Socrate, condamné dans la cité.
“On se ballade sur la planète philosophique avec Merleau-Ponty en dominante”, explique Daniel Riot, faisant allusion aux nombreuses citations qui parsèment l’ouvrage.
“Je suis plutôt,
phénoménologique avant l’heure, car nos profs étaient Althussériens”, répond la philosophe. “D’ailleurs, ils reviennent tous à la mode !”
Pour Riot citant Raymond Aron: “on a vaincu Hitler par les armes, pas par les argument. On n’est donc pas dans l’air post-hitlérienne”.
“Oui”, répond Myriam Revault d’Allonnes, “le
totalitarisme est encore dans nos têtes. Pendant vingt ans, c’est la vulgarisation de la Pensée de Marx, qui a tenu lieu de philosophie politique. Certains philosophes s’obstinent à dire que le totalitarisme est un concept, une invention de la guerre froide. Un concept bourgeois. Alors qu’il s’agit d’une forme anti-politique que le XXe siècle a inventé.”
Il est vrai que lorsque l’Etat Nation n’existait pas, l’autorité ne pouvait que s’exercer sous d’autres formes ou d'autres cieux.
Pour la philosophe, le totalitarisme n’est pas comparable au despotisme ou à la tyrannie.
J’ai envie d’ajouter qu’une époque, une culture, une civilisation, n’est en effet pas comparable à une autre.
Mais quand les seuls référents sont les
“auteurs”, qu’ils soient passés ou présents, comment pourrait-on repenser le monde? Sans faire de l’évolutionnisme à tout crin (on va me taxer de Darwiniste, et ce n’est pas très à la mode en ce moment!), on peut supposer que l’évolution ne se fait, pas nécessairement en tirant les enseignements des erreurs du passé (quoique!), mais au moins, en les intégrant à l'Histoire.
Ce qui ressort de ce débat, est le pouvoir prépondérant (totalitaire?) de l’université, dans la propagation des idées, ou au moins dans son filtrage.
Ce que ne manquera pas de souligner Daniel Riot, alors que les journalistes sont attaqués dans ce sens, en tant que diffuseurs de l’information.
Mais comme il a également été dit plus haut, la diffusion se fait en fonction d'une mode.
Les questions qu'inspirent un tel débat, sont les suivantes :

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Qui fait la Mode?
- Qui produit Les idées ?
- Qui construit les Concepts ?
- A qui profite le crime ?
- La Vérité existe-t-elle ???
- Qu’est-ce que la politique ?


Dans une
société de marché, la réponse paraît évidente. Et l’université, aussi filtrante soit-elle, se trouve plutôt dans la catégorie du contre-pouvoir qui s'exerce face à une forme de marketing (mercatique) plus direct.
A la question : “qu’est-ce que la Démocratie?”, l’auteur explique “qu’à la démocratie directe et participative des grecs (aristocratiques), s’était substituée une démocratie indirecte, représentative et de contrôle”.
On se surprend à se demander qui contrôle qui, ou quoi ?
Citant Benjamin Constant : “la liberté moderne consiste en la jouissance paisible des satisfactions privées.”
La formule ouvre la voie, d’après l'invitée à un “dépérissement” de la politique, car elle autorise à ne pas en faire. Il ne faut pas oublier, toutefois, qu'elle date de 1822 !!!
Pour Périclès (il y a de cela fort longtemps) : “Un citoyen qui ne participe pas à la vie publique est un citoyen inutile.”
Weber, quant à lui, accuse la “professionnalisation de la politique.”
Qu’est-ce qu’une professionnalisation, au sens moderne du terme ?
Un contrat ? Une sorte de régulation, qui permet d’avoir à charge un grand nombre de problèmes, une rémunération, une compétence reconnue ?
Et que dire, du grand nombre d
’associations de bénévoles, des maires (bénévoles) des petites villes? Même si leur nom ne le dit pas, et que certains n’ont pas été “intronisés” ou légitimés comme politiques, n’aident-t-ils pas à la bonne marche de la Cité?
Et les juges,
(fonctionnaires d’Etat) ne permettent-ils pas actuellement un meilleur contrôle des politiques? Même certaines émissions télévisées ou autres magazines apportent une compréhension plus juste de ce (ceux) qui nous gouverne(nt) ou nous manipule(nt).)
Internet pourrait devenir dans l’avenir un organe réactif dans le monde des idées... et dans la pratique d'une politique Mondiale, si la souris ne veut pas se faire manger par la vache folle.
Car, depuis la rédaction de ce livre notamment, il y a eu
“Seattle”. Et si ça ce n’est pas de la politique !!!
C'est peut-être, dans des actions de ce type, qu’on pourait trouver cette “société intermédiaire", qui, paraît-il n’existe plus ?
Une autre alternative est évoquée dans la conclusion.
La mondialisation, avec les problèmes économiques, mais aussi culturels et philosophiques, c’est ce que la politique va devoir affronter.” Et, oui, on a changé d’époque !
“C’est peut-être une occasion d’inventer un nouveau moyen de faire de la politique?” suggère Daniel Riot.
“Les concepts opératoires qui avaient pu fonctionner avant ne fonctionnent plus. On est dans une période d’entre deux. Les
philosophes doivent retravailler les concepts”, répond l’auteur. C’est bien ce qu’on avait cru comprendre.

Le public, moyennement nombreux est plutôt passionné ce soir. Les questions et les arguments fusent :
“Les empires trop grands se sont toujours écroulés. Alors pourquoi s’obstiner à continuer à faire quelque chose d’ingérable, quand 2500 Corses veulent faire un Etat ? Personne ne comprend rien à la mondialisation”
-
“C’est parce qu’on ne vous l’explique pas”, répond Myriam Revault d’Allonnes.
L’auditrice reprend : “on a toujours des mots, et rien ne change. On donne un fusil au soldat, et on lui dit : tu ne tireras pas.”
Hannah Ahrendt, très en vogue actuellement (parité oblige?), affirmait que les goulags, n’avaient rien de commun avec les camps nazis !!!”
Un autre : “Pour moi la philo, c’est plus l’amour de la Sagesse, que celui de la Vérité (qui est plus fluctuante).” “Les mots actuellement, sont pipés et interchangeables, on peut leur faire dire n’importe quoi.”
“Il suffit, comme disent les Chinois, de refaire un
dictionnaire, pour changer les choses”.
Réponse de l’auteur :
“Il faut organiser une résistance, et un meilleur contrôle des politiques.” C’est dit !
La dernière question désespérée : “Mais, alors, la politique va mourir, oui ou non ?”
L’auteur : “La question est ouverte, dans le livre”.
Nous voilà bien avancés.
Ma question :
Comment des gens cultivés peuvent-ils attendre, d’un individu égal à eux, des réponses impossibles ?
Autant s’en référer au sphinx ou à madame Irma.
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