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Elisabeth Roudinesco est historienne, directrice de recherches à l'université de Paris VII, vice-présidente
de la société internationale d'histoire de la psychiatrie et de la psychanalyse, il n'est donc pas
étonnant qu'à l'ère de la technologie avancée elle se demande: "Pourquoi la psychanalyse?"
Ce qui, dans une telle rencontre est plus gênant, voire carrément agaçant, est que la personne
censée animer ou présenter l'auteur prenne littéralement sa place. En l'occurrence ce fut
le cas du psychanalyste Daniel Lemler qui nous a donné durant une vingtaine de minutes sa propre
interprétation du livre et de la question elle-même.
Il s'en prend en premier chef à la nouvelle classification internationale (D.S.M.) qui après avoir
retirée la dénomination non P.C. (politicaly correct) qu'était
l'hystérie, a été jusqu'à éliminer un fond de commerce très important,
à savoir les névroses.
Que devient un psychanalyste sans la névrose, me direz-vous?
Il en vient à nous donner le résultat anecdotique d'un tel carnage. A savoir le remplacement de ce
vocabulaire bien rôdé par un "syndrome
de personnalité multiple". L'exemple
incriminé évoque une jeune fille dont les symptômes laissaient à penser qu'elle avait
été victime d'un inceste, ce qu'à confirmé l'hypnose. Freudien. Non, Freud lui-même
avait compris les limites de l'hypnose et la subjectivité du sujet, répond le maître (mètre?)
à penser. Le problème est dans l'usage que l'on fait des résultats. Aux Etats-Unis, rien n'est
gratuit, et c'est devant les tribunaux que tout se règle. La loi se crée au jour le jour...
et dans le cas cité la loi a dénoncé la manipulation.
Alors où se situe le Problème?
Pour Daniel Lemler, ce processus d'unification de la psychanalyse par des symptômes bien précis,
répond à une revendication identitaire et correspond à une réponse à la mondialisation.
Dans ce cas précis, on ne parvient pas à comprendre la légitimité de la prévalence
du premier dictionnaire par rapport au deuxième. Dans l'un et l'autre cas, les effets pervers
et les abus sont possibles.
Il cite l'exemple de la paternité de Montand
liée à une "simple histoire de
gènes", alors que cette paternité s'est révélée être, justement,
purement symbolique. C'est le serpent qui se mord la queue, la problématique de la poule et de l'oeuf...
Elisabeth Roudinesco prend enfin la parole:
"Je n'ai pas voulu critiquer la science mais
le scientisme"... une personne du public ira
jusqu'à incriminer la scientologie... On s'y perd!
La science c'est bien. Mais attention, l'homme n'est pas une machine, ouf!!!
Entre la mécanisation, le positivisme, le cognitivisme (qui s'attache plus particulièrement au conditionnement
de l'individu et aux réflexes qui y répondent) et toutes sortes d'analyses réductrices, le tout psychanalytique mérite également une remise en question.
La psychanalyse repose sur des dogmes, c'est vrai et il lui faut évoluer si elle veut garder la place de
cure qui lui revient parmi toutes les méthodes de soin proposées actuellement.
Elisabeth Roudinesco en convient. |
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