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| >"Il y a de l'humain dans l'humanitaire" |
Vice-président de Médecins sans Frontières
de 1992 à 1996, Jean-Christophe Rufin a été un des pionniers de M.S.F. dès 1977.
Il a fait partie de la mission contre la faim en Ethiopie, très médiatisée en 1985.
Tombé amoureux de ce pays à la culture si particulière, il en tira un premier livre sur l'Erythrée
du XVIIième siècle.
Son premier ouvrage: "L'Abyssin", se situe à l'époque ou les italiens ont pris d'assaut
un territoire au bord de la mer Rouge qui n'était pas encore un pays. Avant de se faire exterminer (et émasculer)
par les guerriers éthiopiens. Ces colons forcés découvrirent un paradis sur des plateaux verdoyant
à 2500 mètres au dessus de la mer. Ils y construirent une ville magnifique.
C'est de là que le narrateur, un vieil arménien de 83 ans raconte "le débarquement"
des "Humanitaires", dans un pays dont il ignorait qu'il crevait de faim.
Dans ce coin reculé et construit "à l'italienne", il ne se passe rien, même pas la
guerre.
Jean-Christophe Rufin se dit écrivain-peintre, visuel. Et il est vrai que dans sa description des paysages,
du style de vie, dans ses portraits, on sent l'émerveillement.
C'est le contraste, la rencontre fortuite de ces deux peuples noirs et européens, de ces cultures diamétralement
opposées et de cet amour/haine, que l'auteur veut nous faire partager.
Il est parti "faire de l'humanitaire", et il en comprend maintenant tous les enjeux.
Il se laisse fasciner, étonner, mais surtout pas "manger" par ce pays, comme les "ensablés"
d'Italie.
Il parle de l'humain qui se cache derrière le choix d'un peuple à aider, de l'idéologie déçue
cachée derrière toute oeuvre de ce type, des malentendus, de la vie.
L'auteur-médecin ne se veut ni à la mode, ni politiquement correct, (comme le feront remarquer des
personnes du public) face à un organisme qui à reçu cette année le prix Nobel de la
Paix.
"Un comble", explique-t-il, "lorsqu'on sait combien nous nous sommes souvent violemment opposés
les uns aux autres au sein d'M.S.F. Mais au moins des solutions émergent."
Il parle également des contrastes entre ces chrétiens, si éloignés malgré tout
des catholiques, et des jésuites qui ne parviendront jamais à les convaincre.
Il explique "la vulnérabilité fondatrice" de cet Etat qui le rend si attachant et qui,
on le sent, l'a en quelque sorte capturé à jamais.
Il raconte "la poésie que dégage cette région". Et nous entraîne dans sa passion. |
 
L'AVENTURE HUMANITAIRE
RUFIN, Jean-Christophe |
 
L'ABYSSIN. Relation des extraordinaires voyages de Jean-Baptiste Poncet, ambassadeur du Négu
RUFIN, Jean-Christophe |
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