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| >Exo-darwinisme... |
Michel Serres est Philosophe à la télé,
dans les journaux... et à l'Université de Standford.
C'est une vedette. Il entre donc "sous vos applaudissements".
François Wolfermann qui le reçoit pour la Librairie ose cette phrase hardie:
"Quand vous n'êtes pas à Stanford, vous êtes ici"...
On le croirait presque en voyant la couverture du livre, dont la jaquette divisée en deux parties représente
un groupe de femmes qui court (nouveau et intéressant!) et la "transfiguration" du rétable
d'Issenheim.
Toujours ce goût des alsaciens pour la philosophie et l'art!
D'après Oscar Wilde: "la Nature imite l'Art"
Pour Michel Serres: "l'homme imite la Nature". C'est à dire la fourmi. D'ailleurs, il suffit de
lire La Fontaine.
Le corps n'est plus ce "tombeau de l‘âme" voué à une
dégradation rapide et à des souffrances cruelles.
Pour le philosophe, la souffrance du Christ (pour ne citer qu'elle) n'aurait pas des sources masochistes mais aurait
servi à l'époque à supporter les douleurs humaines, si vives et si nombreuses.
A présent, la technologie n'a pas encore su remplacer le corps, mais la mémoire informatique soulage
l'esprit.
Le corps devient ce bien le plus précieux parce que le plus inimitable.
Le corps s'adapte grâce au cerveau dont on utilise des fonctions de plus en plus sophistiquées.
"Nous sommes mieux "incarnés" que nos ancêtres", explique Michel Serres.
Finalement cet outil de connaissance du "nouveau corps" se trouve dans la théologie, réconciliée
avec la technologie.
L' homme
s'incarne, se transfigure car il possède un "corps virtuel", contrairement à l'animal.
Au-delà du darwinisme et du néo-darwinisme, l'auteur se réclame d'un exo-darwinisme; "L'homme
serait devenu homme parce qu'il a protégé le plus faible".
L'homme
accède à la connaissance par ses sens. Michel Serres en trouve sept (comme les péchés
capitaux!) Mais pourquoi ne pas les décliner à l'infini.
Le cerveau est programmé par les sens, la gestuelle, le mouvement qui donne à l'homme sa spécificité.
L'homme
recrée l'homme virtuel à son image (mentale).
Dans l'informatique, on peut créer un objet à trois corps comme l'était le chérubin
du temple. On y retrouve même des icônes!!!
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme disait le philosophe.
En résumé, l'homme transfiguré aurait aussi pu "accoucher" d'un nouveau corps, si
c'était une femme!
L'homme
est en devenir. Libéré de certains carcans, il peut profiter des leçons du passé, pour
avancer sur le bon chemin.
Cela paraît évident, mais il est toujours bon de le répéter.
Le philosophe est mû par l'éternel désir de réconcilier l'âme et le corps, la
religion et la vie.
Mais comment ne pas remarquer que les penseurs écrivent pour être lus, pour vendre aussi...
La conclusion de notre philosophe nous a laissé pantelante tant elle était sincère et authentique:
"Il faut acheter mon livre, car il s'agit bien d'un nouvel objet, d'un nouveau sujet, et d'une façon
nouvelle de parler de ces nouveautés."
Puisqu'il le dit! |
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