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| >Les habits de l'empereur... |
"Vivons-nous le déclin de la République,
ou bien le nouvel âge de la Démocratie?" se demandent les journalistes.
Philippe Tesson
préfère être clair dès le début, en expliquant que le thème du livre leur
a été commandé par l'éditeur.
Duettistes sur la radio publique (= tenue par le gouvernement, payée par le contribuable!): "France
Inter", le samedi matin, l'idée germa de coucher sur le papier les échanges verbaux que les
deux comparses avaient sur les ondes. "C'est un combat que nous menons depuis deux ans".
Chacun s'est mis de son côté, puis ils se sont retrouvés afin de mettre leurs idées
en commun, lors de discussions arbitrées par leur médiateur radiophonique.
Parmi les thèmes analysés à travers la grille de l'autorité:
- L'état a-t-il abdiqué?
- La démocratie a-t-elle de l'avenir?
- L'école des maîtres ou des élèves?
- Y a t-il encore un chef dans la famille?
- Le marché: une nouvelle dictature?
Etc...
Tesson
fut patron de "Débats" ainsi que du "Quotidien de Paris".
Joffrin
a dirigé le "Nouvel Observateur"...et un peu "Libération".
Dans sa présentation, Tesson évoque la
philosophie, l'histoire, la politique, comme outils
utilisés pour mener à bien leur recherche.
Il ne sera question que de l'éclairage politique.
"Le ministre des finances veut faire fusionner deux ministères, il n'y parvient pas à cause
de manifestations."
Où va passer l'autorité du médecin, quand il devra révéler son dossier au malade?
Il en va de même dans l'enseignement, où les enseignants sont au service des élèves.
L'autorité est instituée, soumise à la critique. Remise
constamment en question. Pourquoi? Comment?" Demande
Laurent.
"Oui, ces symptômes ne sont pas d'aujourd'hui...la démocratie est toujours en crise d'autorité...c'est
ça sa vertu...sa grâce, sa supériorité sur le régime monarchique.
Mais à mes yeux, ils se posent dans des termes plus aigus que jamais." Ajoute Philippe.
"Nous sommes d'accord sur le principe démocratique et républicain."
"Surtout moi", rétorque Laurent.
Philippe:
"Ces conversations m'ont fait me découvrir plus républicain que jamais...Ce principe du bien
commun...et politique, c'est la souveraineté populaire."
Mais il y a une crise. La médecine considère la crise comme une phase, mais plutôt négative.
Elle est liée à la dissolution du
lien social et la perte de vue du bien commun. Avec
la montée en puissance du principe égalitaire, donc individualiste."
Laurent:
"La définition du mot "autorité" a été un point de départ. L'autorité
est différente du pouvoir. Comme un officier, qui doit susciter le respect de ceux qu'il dirige...Même
les rois, doivent se faire respecter, ou il y a crise dynastique."
Nous ne devons pas avoir le même dictionnaire, car dans le Lexis de Larousse, "autorité"
a pour synonymes: "pouvoir" et "commandement". De même qu'un officier, me semble-t-il
passe un concours et obtient un grade, avant qu'une quelconque autorité ne lui soit dévolue.
Toujours dans le "Lexis": "Administration, gouvernement: une décision de l'autorité
compétente". "Prestige, crédit, ascendant, réputation. S'imposer.
Autoritaire: dictatorial, totalitaire, absolu, sévère. Se faire craindre...
Et si ces "autorités" ne paraissaient tout simplement plus compétentes, aux yeux des administrés,
parce qu'ils veulent en savoir plus sur la manière dont on les gouverne. Un bulletin de vote n'est plus
un chèque en blanc.
Mais il serait bon de ne pas tout mélanger. "Les sauvageons", eux, ne sont pas issus des classes
sociales qui votent. Et pourtant, ils arrivent à faire pression. A chacun sa façon d'exercer le pouvoir.
Et que dire du "bien commun" quand le peuple est sans cesse sollicité par des émissions
de télévision, ou par la presse écrite qui étale des richesses trop facilement gagnées.
Nous vivons une économie de marché, et l'époque est à la consommation. Les modèles
des jeunes, se retrouvent dans la musique, le sport ou la mode. Rien que
de très normal.
La société d'aujourd'hui n'est plus celle d'hier. Mais si j'ai l'impression d'enfoncer des portes
ouvertes, je ne suis pas la seule. On peut philosopher de toutes les manières, "historiser" ou
théoriser en se référant au passé. Le constat reste le même. Et les néologismes
ou les expressions "politiquement correctes", critiqués par les auteurs, ne font que participer
de cette évolution. Où est le mal?
Non, les classes ne sont plus composées des mêmes élèves qu'il y a trente ans. Oui,
le gouvernement a décidé de garder les élèves à l'école jusqu'à
dix-huit ans, faute de savoir quoi en faire.
Les programmes ne sont pas adaptés à leur situation, ni à leur niveau scolaire, ni à
leurs aspirations, qui peu à peu s'étiolent, et se perdent dans un flou, qui ramollit
ou rend agressif.
Mais peut-on être d'aussi mauvaise foi, ou méconnaître à ce point le monde environnant,
et croire que les jeunes ne se sont pas de tout temps révoltés contre leurs aînés...image
de l'autorité?
Le problème n'est-il pas plutôt dans une société qui n'a plus aucun avenir à
proposer à ses jeunes? N'y a-t-il pas plus sûr moyen pour les adultes de se "décrédibiliser"?
Et que dire d' un gouvernement dépassé et dupé par une "nouvelle économie"
d'esbroufe, qui n'y connaît strictement rien et hurle avec les loups? Est-ce que notre gouvernement a choisi
la meilleure voix pour "susciter le respect?"
Quant au thème, éternellement rebattu des profs par rapport aux élèves, quid d'une
"autorité de tutelle", grossière et injurieuse? Il est d'ailleurs à noter, que les
parents et les élèves se sont rangés derrière les professeurs, contre toute attente.
Mais comment fonctionner, dans un système qui n'est plus adapté, et dont on dit n'importe quoi?
Grâce à la Constitution et aux "Droits de l'Homme", les hommes sont devenus égaux
en droit, et c'est ce qui aurait tout fait basculer, d'après Tesson. En débouchant sur une démocratie d'opinion. Et La
Loi ne serait pas le Droit.
Alors là, la salle réagit. Qui fait l'opinion, si ce n'est les médias? Et la concurrence effrénée
qu'ils se font. Les journalistes comme nouveaux courtisans.
"Oui, reprend Laurent, les gens sont environnés d'informations, par des radios qui leur en
donne tous les quart-d'heure (merci pour le concurrent!), et ils pensent que..."
Ce mépris et cette façon de penser pour les autres qu'ont les privilégiés.... Et oui,
ils défendent leur territoire. Mais à entendre les gens sortant de la salle comble où s'est
tenu le débat (destiné à la vente du livre!), on sent comme un vent de révolution...française. |
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