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| >Le grand Ray Bradbury aurait-il folâtré dans les paysages brumeux
du Ried ? |
Son souffle poétique balaie les pages enchantées de cette Chronique
des bords du Rhin d’un jeune auteur touché par la grâce d’écrire. A 31 ans, le géographe
- conteur Sylvain Tesson ressuscite avec bonheur la tradition des grands écrivains voyageurs et celle des
conteurs véritables.
Membre de la Société des Explorateurs Français, le jeune aventurier s’est reposé d’une
traversée solitaire à pied et à cheval depuis le cercle polaire jusqu’au Golfe de Bengale,
sur les traces des évadés du Goulag, pour faire escale dans une résidence d’écrivain
tout confort, à l’invitation de la commune de Rhinau. Il en profite pour conter prestement l’histoire de
cette ondine « née de la respiration du Rhin » qui soudain, « en de longs
siècles d’existence » sent pour la première fois « poindre la solitude »
- et celle de ce couple d’amoureux qui se perd dans la brume…
La première partie, Journal d’une fée du Rhin, a été écrite dans le Transsibérien
traversant l’immense Yakoutie, la seconde, Où est-elle ?, à Sukhbator, en Mongolie. Toutes deux
sont liées par l’art subtil d’un jeune magicien qui se joue des limites de notre pensée et de notre
savoir comme on joue d’un instrument adoré : en virtuose accompli. L’œuvre de ce jeune virtuose du
verbe est riche déjà d’une dizaine de titres : elle s’élance avec fougue vers l’infini
du monde et module le chant des possibles. Quand l’univers rencontre le verbe, l’élixir des mots se consomme
sans modération…
Sylvain Tesson, Chronique des bords du Rhin, Le Verger, 60p.,
5 €. |
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