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| >A l'écoute du patient... |
Professeur de psychiatrie et de psychologie à l’université
de Caen, formé à la psychothérapie, Edouard Zarifian est l’auteur du rapport sur la prescription
et l’utilisation des psychotropes en France (1996).
Il a également publié : “Des paradis plein la tête”, et “Jardinier de la folie” (Odile Jacob,
1994 et 1998).
“Aucune guérison n’est complète, si une relation par la parole ne s’instaure pas pendant les soins,
et après, entre le malade, ses proches et le médecin”;
Enfin un médecin qui ne pense pas : “opération réussie, patient mort”.
Fonctionnaire, il est d’accord pour admettre que le temps de l’écoute n’est pas pris en compte dans le prix
de la consultation d’un généraliste en libéral.
Mais qui va payer, ce temps de parole ?
Les spécialistes, mieux rémunérés, donnent-ils plus de temps à leurs malades
?
A creuser.
Il est vrai, néanmoins, qu’il existe trois strates dans la maladie, et qu’elle n’est évoquée
que par un seul mot en français, mais trois en anglais :
- celui qui désigne la maladie vue par le médecin
- la maladie vue par le malade
- et enfin, telle qu’elle est ressentie par l’entourage, qui peut le soutenir, l’aider ou l’affaiblir selon son
comportement.
L’essentiel étant d’aider celui-ci à trouver toute la force qui est en lui pour qu’il guérisse,
en accordant les violons des personnes qui l’entourent ou le soignent.
Cela paraît évident et simple, mais n’est pas encore pratiqué, ou rarement, faute de temps,
de formation ou de ... sélection adéquate
du futur médecin, et plus simplement par pur
esprit d’individualisme.
En effet, ce n’est pas dans la chimie et les mathématiques que le futur médecin va apprendre la relation
à l’autre. Ni au travers des QCM (examens à croix), qu’il se fera une représentation humaine
du patient.
Une réforme des études médicales est en cours, qui ferait tourner les deux premières
années de médecine autour de “l’homme souffrant”.
La technique permettant de décharger le médecin de certains problèmes matériels, il
est temps de retrouver le rapport à l’humain qui fait de plus en plus défaut, si ce n’est dans les
missions humanitaires, donc militantes par essence.
On peut effectivement se demander, comment un jeune de 18 ans, sélectionné sur sa capacité
à faire des mathématiques, trouvera les mots et l’intérêt de parler à un malade.
Nous ne voyons pas comment la pratique de la médecine pourrait être motivée par autre chose
que par la Vocation.
De plus en plus, et cela peut aider à l’évolution de la pratique médicale, l’argent et la
carrière ne sont plus de mise. Ne reste donc que l’amour du métier (qui ne peut se traduire que par
la volonté de soigner)... et l’amour du patient !
Edouard Zarifian se dit pour les échanges de savoir, sans hiérarchisation de ceux-ci et sans les
monnayer (à la manière des systèmes de TROC, mis en place un peu partout). Permettre de nouveaux
liens, de nouveaux échanges humanisés, là est l’avenir. Le mot d’ordre se généralise
: créer une société citoyenne, ou les gens apprennent à dire “non”, afin d’obtenir
ce qui leur convient : “ensemble”.
En fait, redéfinir la société sans les politiques.
Comme a conclu la personne assise derrière moi : “et voilà... C’est bien ça qui manque : l’entourage
!” |
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