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| > La déconfiture de Swissair |
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La nouvelle est tombée comme un couperet: Swissair est
déclarée en faillite. Si ce genre de nouvelle n'émeut en général que moyennement
les populations, il en est tout autrement en Suisse. Dans ce pays, la nouvelle a fait l'effet d'un séisme
car Swissair, c'est le symbole national, la carte de visite du pays à l'étranger, le symbole de la
qualité, de la précision, de la ponctualité, bref, tout un concentré de ces qualités
qui constituent le fondement de la société suisse. Et ce jour, les avions de la compagnie sont cloués
au sol, privés de carburant, la compagnie n'a plus les moyens de payer les pétroliers, pas même
les croissants pour les vols du matin. De plus, des milliers de voyageurs se retrouvent cloués au sol et
se voient annoncer que leur billet n'est plus valable sans aucune chance de remboursement ni de pouvoir embarquer
sur une autre compagnie.
A un autre niveau, la compagnie Swissair annonce qu'elle n'est plus en mesure d'honorer ses engagements vis-à-vis
des compagnies dont elle se désengage et notamment Sabena et Air Lib au point que le gouvernement belge
envisage d'intenter une action pénale contre Swissair.
Le pire, c'est encore l'attitude des banques, pourtant actionnaires, qui refusaient jusqu'à hier soir 19h00
de verser un crédit-relais, cédant enfin à la pression d'une opinion publique furieuse. Le
tout avec une anecdote des plus croustillante: pas moyen de joindre le patron de l'UBS, même pour le ministre
des finances! Jusqu'où peut-on aller ainsi?
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| Réactions |
| La population suisse est outrée de ces événements,
de voir Swissair, sa fierté nationale, sombrer dans une déconfiture digne d'une république
bananière. Elle est aussi furieuse de l'attitude des banques qui, non seulement font preuve d'arrogance,
mais donnent aussi l'impression de vouloir mettre le grappin sur les restes de la compagnie en les rachetant à
vil prix. L'incompétence des dirigeants est clouée au pilori, de ces dirigeants qui sont partis les
uns après les autres avec de confortables parachutes financiers. Certains politiques sont aussi montrés
du doigt, ceux notamment qui avaient combattu l'Espace Economique Européen, forçant ainsi la Swissair
à se lancer dans des investissements hasardeux pour s'ouvrir la porte de l'Union européenne. L'opposition
s'organise, les manifestations commencent à se former. Dans ma centrale syndicale, hier, c'était
l'effervescence avec des réunions toute la journée pour un appel à des mouvements sociaux.
Détail intéressant, le service de presse a été bombardé d'appels de particuliers
demandant à pouvoir se joindre aux manifestations. |
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| > Coup de théâtre |
| Certes, hier soir, les banques ont fini par céder à
la pression et à dégager un crédit pour permettre à la compagnie de faire face à
ses obligations immédiates et de reprendre ses vols, le tout encore avec une rallonge de l'état.
Mais cette faible lueur n'indique pas forcément que l'avenir de Swissair se dégage pour autant car
son passif est équivalent au coût du tunnel sous la manche. |
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| > Enseignements |
| Ce que l'on retiendra dès à présent de
l'affaire, c'est que la population suisse, en général relativement indifférente aux différentes
transactions de l'industrie et de la finance du pays prend conscience du pouvoir des banques et semble décidée
à ne plus vouloir fermer les yeux. Y aura-t-il des conséquences? L'avenir nous le dira. |
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