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..FENETRE SUR LE MONDE
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Le dernier voyage du Fox Bravo...
..André Wander
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25 juillet 2003

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> vers le musée de Sinsheim...
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Le Concorde F-BVFB, qui s’est posé le 26 juin dernier à l’aéroport de Baden-Baden Karlsruhe, a effectué son dernier voyage vers le musée de Sinsheim, le week-end dernier.
Les moteurs, les extrémités des ailes et l’empennage avaient été démontés et les trains d’atterrissage rentrés dans l’intervalle pour permettre le transport sur la route.

L’opération a démarré vendredi matin : nous avons trouvé le Concorde partiellement démonté, juché sur des vérins et entouré de trois grues, un spectacle qui a valu un pincement au cœur de tous les passionnés de cet avion. Les entreprises spécialisées Scholpp pour les grues et Kubler pour le transport exceptionnel étaient sur place avec un déploiement de matériel et de personnel considérable. Les journalistes et de premiers spectateurs étaient également présents en grand nombre.

Il s’agissait de lever l’avion pour placer une remorque spéciale dessous et l’y reposer. Cette opération a pris beaucoup de temps parce qu’il fallait tout équilibrer pour ne pas prendre le moindre risque. Des problèmes étant survenus avec le berceau de l’avion, c’est avec plus de deux heures de retard que le convoi a fini par s’ébranler pour se rendre à l’embarcadère. L’ensemble a mis deux bonnes heures à parcourir environ 5 km au pas. L’avancée a dû être interrompue pour vidanger un résidu de kérosène qui s’écoulait des réservoirs.

Le convoi a été ensuite chargé à la tombée de la nuit sur une péniche spéciale au moyen d’une rampe spéciale et acheminé sur le Rhin jusqu’à Altlussheim, près de Spire où il est arrivé en fin d’après-midi. Une fois débarqué, le convoi a poursuivi son périple par l’autoroute pour arriver à Sinsheim au petit matin. Au terme du voyage, le Concorde a été directement hissé de l’autoroute sur le terrain du musée et placé sur ses trains d’atterrissage à nouveau déployés. Les travaux de remontage ont immédiatement commencé, l’objectif étant que l’avion soit de nouveau assemblé dans les quatre prochaines semaines, selon Hermann Lahyer, directeur du musée.

Il convient d’insister à la fois sur le caractère spectaculaire et la haute technicité de ce transport. En effet, même partiellement démonté, le Concorde atteint encore une longueur de près de 62 mètres pour une largeur de 14 mètres et un poids à vide de quelque 70 tonnes. Une équipe de techniciens constitué de spécialistes du musée de Sinsheim, d’Air France, des sociétés Scholpp et Kubler s’est livré tout au long du périple à un travail au milimètre : pour l’ajustage et l’équilibrage parfait de l’avion, pour le passage sur la route, entre les rails de sécurité, etc. Tout cela mérite évidemment un sacré coup de chapeau. Il va de soi que tous ont laissé éclater leur joie lorsque tout était terminé. Soulignons aussi que ces entreprises spécialisées ont assuré leur prestation au prix coûtant, en guise de sponsoring pour le musée. Elles seront assurément récompensées par l’impact publicitaire de l’opération, filmée par des dizaines d’équipes de télévision. Ironiquement, l’avion qui ralliait Paris à New York en 3 heures et demi a mis deux jours entiers pour parcourir une centaine de kilomètres.

Enfin, aspect non des moindres, ce qui s’annonçait comme une marche funèbre pour les passionnés de l’avion s’est transformé en marche triomphale : des milliers de personnes s’étaient massées tout au long du parcours pour acclamer le lent et majestueux passage du Concorde, n’hésitant pas à passer la nuit dehors en famille. Qui pourrait rester indifférent à un tel attachement ? Le public s’est littéralement approprié ce symbole de technologie et d’élégance et le musée de Sinsheim est assuré d’un grand succès.

La direction du musée de Sinsheim ne retient pas sa joie. En effet, elle avait certes signé une convention avec Air France pour obtenir un avion le jour où son exploitation cesserait mais personne n’avait prévu que cela interviendrait si vite. Le Concorde est aujourd’hui le nouveau fleuron du musée. Déjà visible à l’heure actuelle, il sera hissé sur un support spécial haut d’une trentaine de mètres au-dessus du musée, juste à côté de son grand rival russe, le supersonique Tupolev TU-144. Il sera ouvert à la visite à partir de Pâques 2004. Autant dire que la visite de ce musée spectaculaire n’en sera que plus intéressante encore. Il se situe près de Heilbronn, à environ 140 kilomètres de Strasbourg.


Pour en savoir plus :
www.technik-museum.de (en allemand ou en anglais)
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