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..MUSIQUE
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Les Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach à l'Opéra du Rhin...
..Benjamin Kleiner
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15 janvier 2003

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> Un spectacle loufoque...
 
..Dans un spectacle loufoque, drôle et en même temps capable de moments d'émotion, l'Opéra National du Rhin et Jan Latham-Koenig à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Strasbourg ont choisi de donner aux Contes d'Hoffmann de Jacques Offenbach tous les aspects d'une œuvre qui regarde le romantisme à travers le monocle !


Les Contes d'Hoffmann, créés en 1881 à l'Opéra comique de Paris, écrits sur un livret de Jules Barbier, tissent ensemble trois contes réellement écrits par E.T.A. Hoffmann. Ils nous sont alors présentés comme les visions d'un écrivain romantique à la quête de son idéal d'amour. C'est à dire qu'Hoffmann, qui devient le héros de l'opéra, possède tous les travers d'un héros romantique : l'amour de la boisson en excès, l'amour des femmes mais surtout dans la passion furieuse, et enfin, par certains moments, un caractère faible.
C'est ainsi que l'action débute dans un bar où l'on retrouve Hoffmann s'enivrant entouré de nombreux amis étudiants, dans une ambiance polissonne. Pris par l'ivresse, Hoffmann se lance alors dans le récit de ses trois plus grandes amours- Olympia, Giuletta, Antonia -, qui, s'ils devaient un jour s'incarner dans la même personne, en feraient l'amour idéal.


Véritable show à l'américaine, l'acte d'Olympia domine la représentation : Olympia est un automate inventé par Spalanzani. Hoffmann, qui ne voit pas le subterfuge, en est fou amoureux. Spalanzani a réuni toute une assemblée pour présenter au monde sa fille. La projection sur grand écran d'un montage vidéo où l'on voit Olympia défilant telle un vrai mannequin de mode; la présence d'un cameraman qui filme la scène, comme en un direct télévisuel, contribuent à nourrir l'action de cette scène pourtant très connue et permettent à Olympia – interprétée par
Mélanie Boisvert- d'assurer le spectacle. Mélanie Boisvert se lâche complètement dans son rôle, elle lui donne même des allures très sexuelles de mangeuse d'homme, et pour autant elle chante très bien l'air virevoltant qu'a écrit Hoffmann : " Les oiseaux dans la charmille". Cette approche scénique très réaliste permet surtout de dramatiser cet air extraordinaire, et fait ressortir le véritable génie d'Offenbach de savoir jouer sur les registres musicaux comme d'autres jouent des registres de langue. Le spectateur en est d'autant plus marqué par le sort d'Hoffmann quand il voit sa jolie poupée détruite par un scientifique jaloux.


Cette fougue scénique, un peu moins forte dans la deuxième scène, celle de Giuletta, se retrouve dans la scène d'Antonia. Là aussi, le romantisme est dévoyé et devient finalement irréel, donc dramatique. Antonia, fille d'une grande cantatrice morte de son talent, se fait enfermer et interdire le chant par son père. Ce dernier craint la mort de sa fille, surtout par l'entremise de l'affreux Docteur Miracle. Hoffmann est amoureux d'Antonia et veut l'épouser, mais il souhaite d'abord éclaircir le mystère de l'enfermement d'Antonia. Il assiste alors à l'arrivée du Docteur Miracle. Antonia finit par céder aux maléfices du docteur, sombre dans la folie et prend le même chemin que sa mère, celui des "contre-ut" ! Les performances scéniques à saluer sont ici celles de
Vincent Le Texier en Docteur Miracle et René Schirrer dans le rôle du père d'Antonia, Luther ! Antonia est chantée par Nicoleta Ardelean. Entrées et sorties cachées, spectres volants, couleurs éclatantes et contrastantes, la qualité de cette scène est frappante.


Ainsi, grâce à une mise en scène remarquable d'
Adriano Sinivia, aidé de Catherine Rigault , aux costumes et aux lumières très réussies de Fabrice Kebour, nous suivons Hoffmann – très bien joué par Jean-Pierre Furlan- se débattre avec lui-même dans les profondeurs de son âme et de ses fantasmes.

C'est un regard critique porté sur le romantisme des années 1830 par
Jacques Offenbach et Jules Barbier. Un regard dont ce spectacle a permis de saisir la profonde ironie et le grand humour.
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