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..MUSIQUE
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INTERVIEW DE LA RUE KÉTANOU
..Valentin Zeisser et Christos Karypidis
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13 octobre 2002

> VIRGIN DE STRASBOURG LE 05/10/2002..
..Aujourd'hui nous sommes quatre au Virgin Mégastore pour rencontrer un groupe pas comme les autres avant un mini showcase gratuit et un concert ce soir même à La Laiterie. Après, une courte attente, on peut enfin interviewer un des membres qui répondra gentiment à nos questions. Mourad nous explique La Rue Kétanou tout en fumant une cigarette dans une petite pièce du Virgin.


Tout d'abord, est-ce que tu pourrais nous définir un peu le groupe, parce que nous on vous connaît pas trop ?
Mourad : Bah en fait je vous connais pas trop aussi donc ça arrange les choses…


Ok, alors présentons nous : quel est ton rôle dans le groupe ?
M. : Je joue de la guitare et je chante. On est trois, il y a deux guitares et un accordéon, et on chante tous les trois.

Est-ce que tu pourrais nous dire quand a commencé le groupe et comment il s'est formé ?
M. : Il y a quatre ans, on était tous dans la même école de théâtre à Savigny-sur-Orge (région parisienne – ndlr) puis en sortant de là, à force d'avoir joué dans le bus, on s'est dit pourquoi pas faire un spectacle de rue, un peu comme une pièce de théâtre où l'on rajouterait des chansons qu'on a faite sur la route. Et puis du coup on est parti avec ce truc là. Au début nous n'avions pas de nom pour le groupe et le spectacle s'appelait « La Rue Kétanou » parce qu'une de nos chansons s'appelle comme ça, et les gens ont commencé à nous dire : « les kétanous, les kétanous… ». C'est ainsi qu'on a gardé le nom pour le groupe. Ensuite on est
revenu à Paris où l'on a continué notre spectacle de théâtre et puis au fur et à mesure des voyages on a écrit de plus en plus de chansons et de moins en moins de théâtre, et puis un jour, on a s'est dit : on passe le truc, on va faire de la chanson et on verra bien… Les choses se sont faites naturellement.

Comment vivez-vous le passage de la vie de bohème à la grande scène ?
M. : On continue à vivre de cette manière, dès qu'on a un peu de vacances, on repart dans nos histoires, on va se refaire la rue tout seuls. On a besoin de ça tu vois. Si on faisait que des salles de concerts, au bout d'un moment ça nous saoulerait. Comme à un moment où on a fait que les bars et ça nous a saoulés, comme à un autre où on a fait que de la rue et ça nous a saoulé, il faut aller partout…

A quoi ça vous a servi de faire de la scène ?
A faire quelque chose de différent : c'est complètement différent quand t'as des micros et quand t'en as pas. On a une maison de disque qui nous diffuse partout en France et ça nous permet de voir des gens qui connaissent déjà les chansons et les paroles, qui sont d'accord avec ce qu'on dit.

La reconnaissance ?
Pas vraiment, plus pour l'expérience. Y a un truc qui nous plait là dedans et puis pour nous écrire, c'est vraiment notre vie. On écrira toute notre vie, on a pas besoin d'avoir des caméras et tout même si ça nous plait aussi, mais on voit ça comme une expérience plus que comme une fin en soit ou comme arriver tout en haut. On s'en fout un peu de ça. Pendant deux ans on est passés par tous les chemins, boueux, pleins de soleil ou à température normale…

Quel est votre message ?
M. : C'est nos chansons, ce qu'on est nous. Y a pas de concept, on vit ce qu'on chante. Les chansons n'ont pas été inventées, elles ont été écrites pour quelque chose ou pour quelqu'un. Elles sont d'ailleurs toutes dédicacées sur notre CD. On écrit une chanson parce qu'on en a besoin. Au bout d'un moment, quand t'as quelque chose à dire, ça te fait vraiment du bien dans les histoires d'amour ou les histoires de vie. Y a pas vraiment d'imagination, on écrit vraiment les chansons quand on a vu quelque chose et qu'on a vu que c'était le moment de l'écrire.

Vous avez des influences particulières ?
M. : Oui on en a (il cite des noms inconnus –ndlr) et beaucoup sont nos potes. Ce sont des gens avec qui on tourne, avec qui on joue dans les bars, avec qui on se rencontre. On se donne des conseils, etc…

Vous êtes sur le label Yelen (Mass Hysteria, Tryo, Watcha…) qui recherche une chose spéciale dans les groupes qu'il signe. Tu peux nous en dire plus ?
M. : Je sais pas. Je crois que c'est plutôt une question d'affinité que de vraiment chercher quelque chose de spécial. Avec les Mass ou Tryo, c'est une histoire de rencontre entre les gens. C'est le plus petit label de chez Sony et leur devise c'est : « Trop fier, pas assez d'avenir », ça le fait bien d'avoir plein de gens si différents dans le label et pour nous de nous sentir pas forcément dans la chanson française. Ca nous plait de rencontrer des gens.

Comment vous définissez vous dans la chanson française ?
M. : Je ne défini rien moi. Dans « définir », il y a « finir », donc voilà quoi. On a envie de s'ouvrir. Pendant une époque les gens nous voyaient avec Tryo alors on était un groupe de reggae, après on chantait du rap donc on était un groupe de rap. Enfin chacun voit une idée à sa porte : c'est open !

Est-ce que vous avez une anecdote particulière, des délires de tournée par exemple ?
M. : On en a plein. Mais là c'est la troisième date de la tournée, on en a fait une la semaine dernière avec tous nos potes et là on s'est fait une belle fête…

P
our finir, t'as un petit message pour les Strasbourgeois ?
M. : C'est la première fois qu'on vient ici et on connaît pas du tout. Mais le seul message, c'est de rester soit même, rencontrer les gens et à ce soir. Tchao les gars.




Voilà, c'est fait. On descend au rez-de-chaussée et on savoure la sympathique musique des trois hommes qui auront du mal au début non gâtés par des problèmes de son. Mais tout cela réglé, le petit public danse et se fond dans l'ambiance des deux guitares et de l'accordéon. Le groupe se dirigea ensuite vers La Laiterie pour un concert qui fut certainement haut en couleurs.
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