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| > Palais des fêtes, 2002-09-29... |
On
attendait avec beaucoup de curiosité ce
concert de l'Ensemble
InterContemporain dirigé par Jonathan
Nott, où deux créations étaient au programme
: La Sette Chiese de Bruno Mantovani (né en 1974), et Yet, du jeune strasbourgeois Christophe Bertrand (né
en 1981).
Figure montante de la création musicale française,
Bruno Mantovani interpelle et surprend, puis irrite.
Par un style personnel qui se distingue dès les premières mesures, ne répugnant ni aux figuralismes
ni aux bruits, Bruno Mantovani déploie un large panel technique tendant à rendre des plus efficaces
les tensions et les détentes d'une architecture musicale de grande envergure. Une orchestration très
étudiée et une spatialisation de l'effectif instrumental efficientes achèvent d'accroître
un arsenal rhétorique, assurant au compositeur la possibilité de mener l'écoute de bout en
bout. Mais l'arsenal ne suffit plus à convaincre lorsqu'il manque au discours une dimension essentielle,
que l'on pourrait appeler poétique, lui insufflant une vie intérieure le renouvelant sans cesse.
L'espace du discours lui-même est le gage de son existence, sans quoi il devient si imposant pour lui-même
qu'il finit par nous en exclure.
C'est un peu ce qui se passe ici, où, finalement, le jeu de l'effet-précédant-un-effet laisse
le souvenir de s'être fait avoir par un compositeur au métier solide et talentueusement rusé
(mais un compositeur ne doit-il pas aussi faire preuve de ruse ?).
En revanche, l'illusion n'est pas même éphémère dans la pièce de Christophe Bertrand, où,
l'auteur visiblement trop occupé à se prouver une filiation à G.Ligeti ou à T.Murail,
l'artisanat lui-même finit par se dé-signifier.
Plus d'indépendance, d'introspection et de liberté seraient peut-être plus fructueuses… |
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