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| > Musica, dimanche 22 Septembre, 11h, Palais du Rhin... |
Heinz
Holliger
Trema (1981)
Jean-Sébastien Bach
Transcription de la sonate pour violon (BWV 1003)
Grave, Fuga
Bernd-Alois Zimmermann
Sonate pour alto solo (1955)
---- Entracte---
Franco Donatoni
Ali (1978)
Igor Stravinsky
Élégie (1944)
Jean-Sébastien Bach
Transcription de la sonate pour violon BWV 1003
Andante, Allegro
Georges Aperghis
Volte-Face (1997-2001)
Les récitals dominicaux au palais du Rhin sont devenus, depuis l'an passé, un espace potentiellement
privilégié de rencontre avec un (e) instrumentiste, un répertoire, un instrument.
Dynamiser un tel espace est affaire de choix : mise en avant d'un auteur - rencontre stylistique, d'un ensemble
d'auteurs ou d'un mouvement de pensée - rencontre esthétique, ou encore mise en exergue de l'instrument
lui-même par le choix d'un corpus au plus près de ses particularités idiomatiques…
Ces dynamiques, inséparables d'une certaine conscience historique et ne s'excluant nullement les unes des
autres, Geneviève Strosser en a usé admirablement dans un programme aussi varié que cohérent
(mais faut-il s'étonner de telles considérations chez une musicienne ayant joué sous la direction
d'Harnoncourt et membre de l'Ensemble Modern ?).
Cohérent, car l'idiomatique instrumentale est une question occupant tant J-S Bach que G. Aperghis, indubitablement.
Varié, car ce qu'il peut advenir des interactions et relations possibles entre geste et figure - corps et
écriture, énergie déployée et force déployante via l'instrument - appartient
à chaque personnalité.
Visiblement très impliquée dans cette démarche, Geneviève Strosser interprète
de ce point de vue très justement chaque pièce de son récital.
Ainsi dans Trema, de H. Holliger, deux gestes archétypiques fondamentaux (arpège par mouvement d'archet
et tremolo) tendent à devenir si énormes et à se charger mutuellement d'une telle énergie,
que l'alto prend une dimension orchestrale…
Au contraire, objectivant la relation interprète / instrument par des combinatoires plus figurales que gestuelles,
F. Donatoni, dans Ali, rend les figures en devenir d'elles-mêmes, tandis que G. Aperghis, dans Volte-Face
(création française), ne perd pas la dimension ludique du jeu en refusant aux figures musicales tout
devenir (ou l'esprit contradictoire systématique…).
Transcendant de loin le cadre gestuel et figural pour un total dépassement de l'un par l'autre en contrepoint
à une polyphonie complexe, la 2°sonate pour violon BWV 1003 de J-S Bach (transcrite pour alto, comme
il se doit, en ré mineur) offre des résonances profondes et veloutées (registre médium-grave
de l'instrument), rendant tantôt le discours un peu confus (Allegro), tantôt le sublimant (Andante).
Etait-il cependant si nécessaire de couper la sonate en deux ?
Enfin, en réponse à Bach, d'une part la magnifique et touchante sonate pour alto solo de B.A. Zimmermann,
écrite juste après la disparition de sa fille Barbara (« …au chant d'un ange »), où,
à la polyphonie gestuelle et figurale, succède la polyphonie de l'Histoire (une citation d'un choral
de Bach achève l'œuvre, les paroles du choral étant reproduites sur la partition), d'autre part une
élégie de Stravinsky, qui ne fait que rendre patent ce qui, chez Bach, reste latent : la simultanéité
des voix.
Par le talent et la conscience de Geneviève Strosser, ce concert à acquis, nolens, volens, une portée
didactique. |
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