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20 juillet 2000
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| > Festival Babel. Dimanche 16 juillet 2000... |
Très grand, longiligne, les cheveux et la barbe peroxydés.
C'est ainsi que nous l'avons rencontré peu avant son concert qui a
fait salle comble au Palais de la Musique et des Congrès à Strasbourg, durant le festival des musiques
mélangées.
Sa voix est calme et posée, artistique, musicale, un rien envoûtante, comme sa musique.
A 47 ans, l'artiste sort son 4ème album, mêlant, musique africaine et rock, comme cela fut déjà
le cas. Ougandais d'origine (l'Ouganda était un protectorat anglais), Geoffrey Oryema est plus
à l'aise avec la langue anglaise. Il prépare malgré tout deux titres en français, enthousiasmé
par un duo qu'il a réalisé avec Alain
Souchon. Ses titres intégreront le dernier
album, car le chanteur vient de signer avec le label Sony.
Il revendique être un produit de la génération "Flower Power"
et d'une musique sans frontière. Il ne comprend pas les procès d'intention qu'on lui fait parce qu'il
emprunte au rock, "alors qu'on ne reprochera
jamais à Peter Gabriel d'emprunter aux musiques ethniques."
Son nouvel album traduit la sortie des années sombres et introduit une danse de séduction très
rythmée dans un style qu'il affectionne: "le
rock-tradition", comme il l'appelle.
Le concert qui suit le sien lors du festival est celui de l'oriental "Idir", découvert
en 1976. En 98, les deux chanteurs sont mis en contact par leur maison de disque, car ils habitent tous les deux
Paris, ce qu'ils ignoraient. Tous les deux chantent l'exil (Irib, en Kabile), d'où une grande complicité. |
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| > Au sujet de l'exil... |
Geoffrey Oryema
parle de son pays:
"J'ai mis une croix sur le fait de retourner
en Ouganda, pour des raisons qui me concernent. Mais je fais du bien à ce pays, depuis 24 ans que je suis
ici, en parlant de lui. J'ai des relations d'amour et de haine avec lui. Je ne lui pardonne pas certaines choses
comme les guerres ethniques qui empêchent la vraie démocratie. J'ai de l'espoir, mais je perds patience.
L'Afrique est malade aujourd'hui. En tant que chanteur, j'essaie de faire de mon mieux pour que ça change.
On ne choisit pas sa famille. Mon père aurait dû être ministre, s'il n'avait pas été
assassiné. Mais j'ai toujours souffert de ce statut de privilégié. D'avoir un chauffeur pour
aller à l'école. D'être regardé par tout le monde pour cela. J'avais peur de la foule...
J'ai eu une éducation "british" très stricte. J'allais dans une école où
il y avait des anglais, des américains..." |
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| > Actuellement... |
"En France, je trouve autre chose. Entre la gastronomie
et la mode, je suis tout à fait ailleurs par rapport à Tokyo, Sydney ou New-York. J'écris
à la terrasse des cafés. Cela m'inspire. J'habite près de la Tour Eiffel. C'est beau, c'est
excitant.
J'y ai découvert des chanteurs superbes que je ne connaissais pas. J'ai chanté en duo avec Catherine Lara,
Véronique Sanson, et dans ce dernier album, avec Alain Souchon.
Je suis sorti du Label de Peter Gabriel, mais nous restons amis. J'aime son côté humain très
fort. Lors de l'enregistrement de mon dernier disque, j'ai eu besoin d'une voix très douloureuse, sur un
titre qui parle de peuple opprimé. J'ai demandé à Peter qui était dans la pièce
à côté de la faire. De plus, nous participons ensemble au festival d'Afrique du Sud, fin août.
Je fais donc toujours parti de la famille." |
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| > Au sujet du festival de Babel... |
"Je
suis très heureux d'être à Strasbourg. J'y viens depuis dix ans et j' y ai un public très
fidèle. Je suis ravi, car il y a un grand plateau qui permet de goûter des tas de sons et de musiques
différentes. De plus, des gens très différents s'y rencontrent, ce qui est une richesse.
Pour ma part, jusqu'à présent, j'avais un blocage qui m'empêchait d'écrire en français,
car je ne sentais pas assez la langue. Mais depuis mon duo avec Souchon, je sens que je vais m'y mettre." |
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| > Le concert... |
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Avec ses fameux claquements de langue, son ukimé (instrument
à caisse de résonnance très particulière), son incroyable tessiture, sa gamme vocale
immense, ses diverse techniques rythmiques, ses jeux de jambes, et son petit orchestre "de chambre",
Geoffrey Oryema a "mis le feu" à une salle archi-comble et littéralement envoûtée.
Encore un grand moment d'émotion dans ce festival! |
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