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..MUSIQUE
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Gilles Servat rencontré au Festival Babel...
..Christine Strohl-Grün
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 Le 15 7 2000
Au Palais de la Musique et des Congrès.
Dernier album: "Comme je voudrais"

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9 août 2000

> Interview...
Gilles Servat répond à nos questions, après un concert très réussi, devant plus de 2000 personnes enthousiasmées, et de nombreux rappels. Avant de rejoindre sur scène le chanteur oriental Idir, ainsi que l'ougandais Geoffrey Oryema pour deux duos inédits.

Sa voix grave et profonde, accompagnée de paroles poétiques et engagées, soutenue par un orchestre celtique qui appelle au romantisme, ont gagné le coeur d'un public éclectique mais passionné.
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> Ses impressions sur le concert
"Je suis passé 15 fois en Alsace, ce n'est pas beaucoup! Cette salle est très belle. On voit le visage des gens. J'aime beaucoup ce genre d'ambiance. J'ai le même public un peu partout. Dans la tradition, il n'y a pas de conflit de générations. Tout le monde peut danser, ensemble. Il n'y a pas de problème de compréhension, pas de coupure élitiste comme pour l'art conceptuel. On peut vivre tous ensemble, sans clivages."
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> Sur la tolérance
"On devrait tous avoir appris le berbère. Il n'y aurait pas tous ces problèmes de racisme. Cela permettrait de comprendre la subtilité de la pensée humaine. Quand on sait que le chinois ne possède pas le verbe être, ça fait réfléchir.
Il y a une tyrannie républicaine en France.
Les Droits de l'Homme ont été votées par le Roi, contrairement à ce qu'on a tendance à croire
."
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> Sur le régionalisme
"D'après moi, le problème Corse vient de la rigidité des positions républicaines théoriques. L'Etat perd la face. Il faut changer la Constitution. Il faut donner du pouvoir législatif aux régions. La République est une et indivisible. Mais le centralisme parisien est exacerbé."
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> Sur le racisme
"En Bretagne, nous avons une tradition démocrate-chrétienne, peu d'immigration et une tradition très vivante. Les "Ayatollahs" d'extrême droite ont tenté de nous récupérer en invoquant la pureté des origines. Mais la pureté n'existe pas."
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> Sur la politique
"En Bretagne il y a les Côtes d'Armor de tradition rouge et révolutionnaire et le Morbihand qui est blanc."
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> Au sujet du Festival Babel
"Je trouve le nom Babel bien choisi. Cela fait penser à un phare avec des tas de lumières. Car c'est la diversité des langues qui a fait la richesse du Monde."
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> Sur les guerres "ethniques"
"Ceux qui me font peur ce sont les irlandais. C'est une population très sympathique. Mais ils finissent par se trahir. Alors que ce sont les mêmes au Nord et au Sud. C'est le même problème qu'en Yougoslavie. On vit ensemble et on se tire dessus. On ne connaît plus son voisin, avec qui on mangeait la veille. Et ça revient à des centaines d'années de massacre!
C'est de la même veine que cette fête qui à lieu à Orange, où on commémore une guerre d'il y a 500 ans."
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> Sur ce qui doit changer
"L'ouverture sur l'Europe est une superbe chose. Vers l'Allemagne par exemple. C'est la philosophie même de Babel!
La chanson fait beaucoup.
Il faut arriver à émouvoir par le langage. On avait des pays Africains et on n'a même pas appris leur langue!
J'ai la même réaction qu'Alen Stivell sur les propos de Chevènement au sujet d'une fédération européenne. Elle me paraît indispensable."
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> Au sujet des médias régionaux
"T.V Breizh est une bonne initiative qui a fait des émules. FR3 veut faire une nouvelle chaîne de régions. C'est tant mieux.
Moi-même j'ai écrit un livre de science fiction celtique qui va être traduit en allemand.
J'ai lu des textes irlandais anciens. J'ai découvert, ainsi, que les traductions à partir du gaëllic cachaient des subtilités de l'anglais, qui mal traduites changeaient tout le sens du texte. Le gaëllic, par exemple, du fait de ses redondances et allitérations, peut se traduire en breton, mais paraît lourd, en français."
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> Sur le développement de la culture bretonne
"Il ne faut pas s'illusionner. Le renouveau de la culture bretonne s'est opéré par le biais des entrepreneurs bretons qui en avaient besoin pour vendre leurs produits. Après une période de rejet ("le mur de la honte": ça faisait "plouc"!). Ils y sont revenus, parce qu'ils ont vu que ça leur donnait une identité forte. C'est donc la pression des entrepreneurs sur les politiques qui a permis le soutient d'initiatives comme le "festival de musique celtique de Lorient" (NDLR: qui a lieu en ce moment), qui parvient à réunir à présent jusqu'à 400 000 festivaliers.
Les politiques freinent néanmoins l'apprentissage de la langue bretonne. Ils ont ainsi coupé arbitrairement la région Loire Atlantique. Alors qu'il faut laisser faire les régions. Mais l'horizon
européen change les donnes, car la France est montrée du doigt."
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