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| > Give me the blues... |
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Il n'est jamais trop tard pour parler de mecs qui valent le détour.
Chris Whitley, bluesman grungy-folkeux totalement inconnu du grand public, en est un.
Après des années à se forger un style de guitare et à trouver sa voix (sublime) dans
les rades les plus pourris des U.S.A., sa carrière commence en 1991 avec «Living with the law»,
album acoustique au style bien particulier où déjà transpire son talent et son originalité.
Plus tard en 1994, les choses se gâtent avec «Din of ecstasy», album très difficile d'écoute,
déprimant et électrique, où se ressentent les influences de Dinosaur Jr.et de Sonic Youth.
L'album témoigne de la plongée de Whitley dans l'héroïne.
Nous sommes alors très loin du blues/folk joué à la slide guitar auquel il nous avait habitué.
En 1997, Chris Whitley, soutenu par la presse spécialisée (plébiscité par Antoine De
Caunes lors d'un passage à N.P.A. la même année), sort « Terra Incognita », album
qui le place loin du revival blues pur et dur.
Sur cet album, beaucoup plus accessible que «Din of ecstasy», Whitley nous offre ses plus belles chansons
telles « Automatic love», «Stillpoint» et surtout «Alien».
Nageant entre brouhaha électrique et pureté acoustique, on se demande pourquoi Whitley ne bénéficie
pas du même regain de notoriété que des artistes auxquels certains l'ont beaucoup comparé:
Jeff Buckley, Ben Harper ou encore Keziah Jones.
Totalement autodidacte, le jeu de guitare (et de banjo) de Whitley à lui seul vaut le détour, c'est
encore plus vrai à l'écoute de « Dirt Floor », sorti en 1998, totalement acoustique,
d'une beauté inaltérable; en sont témoins « Accordingly », « Indian summer
» ou encore « Wild country » en tête.
Seulement disponibles en import (comme tous les autres albums excepté « Living with the law »),
cet album se déguste comme une bonne bouteille que l'on partage avec un ami ou une amie (selon ses goûts).
La voix de Whitley, toujours aussi belle et triste, enfonce le clou et pourrait faire fondre en larmes n'importe
quel fan de Napalm Death non-averti.
Les textes parlent aussi bien d'amours perdues (ou déçues ce qui est plus ou moins la même
chose) que de racines, de recherche d'identité, d'amitié (pas forcément franche et virile)
de concepts vrais en rapport-même avec la musique directe et émotionnelle de Whitley.
Cet album se veut pourtant moins complexe, plus léger que les précedents.
Sans se poser plus de questions que ça, Whitley nous balance ses états d'âme et chacun pourra
y trouver son compte ... s'il le souhaite, car la musique de Chris Whitley parle d'elle-même.
On préfèrera d'ailleurs la version de l'album avec trois titres en bonus.
En effet, le premier « The model », enregistré en une seule prise, fusionne un jeu de guitare
à la Lightning Hopkins qui rencontrerait Jimmy Page en version acoustique
(cf: le « Led Zeppelin III » de 1970).
Le texte et la voix sont un régal pur et simple.
Le deuxième est un extrait de concert à New-York en 1996 où Whitley reprend « Alien
» en compagnie de sa fille Trixie ... touchant et drôle devant une ambiance de bar comme on en aimerait
en voir (entendre?) plus souvent.
Enfin le dernier morceau, live lui aussi, propose une version de « Living with the law » tendue qui
fait la part belle à l'art de la rythmique tordue et hors-norme de Whitley.
Ainsi, on ne peut que regretter la distribution approximative de l'oeuvre de Chris Whitley, mais doit-on pour autant
blâmer les producteurs de maisons de disques d'avoir de la m..de dans les oreilles pour ne pas se rendre
compte du talent d'un type pareil ?
Les U.S.A. l'ont bien compris, eux, ce type est un bon et Ben Harper peut prier Dieu d'avoir trouvé un public
Européen tout acquis à sa cause.
Pour en savoir plus : http://www.messengerrecords.com/whitley.htm
A écouter : Scrapyard Lullaby : http://www.messengerrecords.com/scrapyard.ram |
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