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Hommes, femmes, particules élémentaires et égalité : principe de plaisir ou d'incertitude?
..M. le Comte de FLEURETTE
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La nature humaine

 

 

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> Donc, au commencement, il y avait deux sexes distincts
..Donc, au commencement, il y avait deux sexes distincts. Comme la carpe et le lapin. Depuis, ils tentent de s'unir pour le meilleur et le pire - c'est-à-dire pour engendrer un ordre irréversible des générations. Et ils virent que cela était bon et ils continuèrent longtemps comme ça à se multiplier à la surface de la terre ainsi devenue une vallée de larmes remarquablement bien irriguée...
Donc, la nature humaine est deux, et un homme sur deux est une femme... Mais alors, pourquoi est-ce qu'il y a plus d'hommes de pouvoir que de femmes de pouvoir ? Pourquoi est-ce qu'il y a davantage d'hommes de proie que de femmes de proie ? Pourquoi si peu de femmes encore arrivent à exprimer leur « part masculine » dans le sens du pouvoir et de la domination ? La « petite différence » serait-elle une affaire de spécialisation des hémisphères cérébraux, de testostérone, de sérotonine ou de caryotype ? Les endocrinologues sont formels : contrairement au mythe biblique, ce n'est pas l'homme qui a précédé la femme, mais la femme qui est à l'origine de l'homme... Chez les mammifères, l'ovaire foetal n'est pas indispensable au développement d'organes de type féminin. En revanche, le testicule foetal est essentiel à une organogenèse de type masculin, car, sans lui, le développement se fait dans la voie féminine. En clair, ça veut dire que le sexe primordial est le sexe féminin, et le sexe mâle n'en est qu'un avatar, une déviation de la programmation de base de la nature : c'est bien l'homme qui est issu de la femme par différenciation.
Chez les Esquimaux de l'Alaska, la femme vient avant l'homme, mais après le Corbeau : « C'est Corbeau qui fertilise la première des femmes en lui faisant avaler l'une de ses plumes », dit un conte cosmogonique Esquimau. Et puis, comme le dit un autre conte Esquimau : « Corbeau crève à coups de bec la croûte céleste pour répandre la lumière sur le monde tandis que le dieu façonne l'homme et la femme à partir d'os de phoque, et les instruit dans leur sexualité ».
Donc, les deux pôles du monde se cherchent depuis le commencement - c'est-à-dire bien avant les Esquimaux, depuis le pornolithique le plus convulsif... Ils se cherchent pour se conjuguer. Au présent de l'indicatif c'est-à-dire en temps grammaticalement absolu - mais le présent n'est forcément qu'indicatif et le futur est toujours conditionnel, comme dirait Cocteau... Quant au passé de toute relation humaine, nous savons qu'il n'est jamais simple - surtout si l'on n'en retient que le passif... Mais le phénomène est tout à la fois physique, électrique voire électromagnétique - et il s'appelle une quête. Une quête qui remplit la vie et qui fait tourner le monde. Enfin, une quête qui est la réponse au vide qui fait tourner le monde : la quête de l'Autre. Le Sujet Irréductible. Que l'on voudrait réduire à notre désir d'amour. C'est-à-dire à notre besoin d'être aimé - enfin, de se sentir aimé... Encore faut-il assez d'amour pour le rencontrer, l'Autre. Et s'embraser avec lui... Encore faut-il assez d'amour pour s'accorder ce supplément d'âme et d'existence. Pour se l'accorder à deux - et réenchanter le monde - enfin cet espace clos et tout confort de contentement ou de béatitude que l'on voudrait se réserver au coeur du monde - comme les bigots d'autrefois se réservaient une place au paradis..
Tout est là : notre société érotico-publicitaire exacerbe le désir, organise son marché, attise le besoin, mais ne produit pas de la rencontre. Tout le monde ne pense qu'à ça, mais la rencontre n'est pas au rendez-vous. Normal : depuis la « libération sexuelle », nous sommes entrés dans la barbarie douce de l'individualisme frénétique et du marché qui n'a que faire de notre nécéssité de nous relier les uns aux autres. Se chercher entre les rayons de l'hypermarché, c'est chercher à se tendre un piège où personne ne sera pris : entre usagers ou entre passants, on ne fait jamais que sonder le néant pour tenter de l'éclairer de l'éclair perdu d'une présence.
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