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20 juin 2006
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| >Retour sur une année que chacun dans les travées de la Meinau
espérait sans vagues, mais qui, au final, a vu le club strasbourgeois sombrer dans les tréfonds obscurs
de la Ligue 2. |
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Jean-Christophe Devaux sera-t-il
toujours strasbourgeois
la saison prochaine ?
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Que pensaient-ils, les 11 000 abonnés en quittant le stade lors de la première
journée de championnat, au terme d’un match encourageant face à Auxerre ? Haggui, Pagis, les
frères Farnerud et consorts, ou autant de joueurs dits de talent au service de la maison bleue pour connaître
une saison (enfin) tranquille sur les bords du Krimmeri. Le match nul concédé face aux hommes de
Jacques Santini laisse en effet transpirer quelques espoirs au vu de la maîtrise technique affichée.
Un point noir pourtant subsiste dans la nuit alsacienne, finalement le premier d’une longue série :
les durs sifflets du public à l’encontre de Christian Bassila, qui file ensuite à l’anglaise en Premier
League, à Sunderland. Parallélisme ? Le club britannique descendra lui aussi en division inférieure.
L’interrogation en cette entame de championnat concerne la pointe de l’attaque, et le joueur appelé à
pallier le poste laissé vacant au côté de Mickaël Pagis suite au départ de Mamadou
Niang sur la Canebière. On annonce le tunisien Haykel Gmamdia, aimable garçon de 24 ans. Il ne s’adaptera
pas, pas épargné non plus par les blessures.
Entre-temps, le Racing confirme à Lyon les bonnes dispositions qu’on lui prêtait et ne s’incline
chez le futur quintuple champion de France que sur le plus petit des scores, sur un but du géant Carew.
Les spécialistes du ballon rond posaient Strasbourg en outsider et voyaient en Amara Diané la révélation
de la saison. Au moins avaient-ils raison sur un point.
Le premier tournant de la saison intervient dès la 3è journée : le Racing accueille
Monaco et se fait voler les trois points de la victoire. La faute à une certaine Madame Lagrange, dont le
fantôme hante encore la ligne de touche du stade de la Meinau. L’arbitre assistante annule deux buts strasbourgeois
pour des hors-jeu imaginaires, et ne voit pas la main, bien réelle, de Squillaci qui pousse la balle au
fond des filets de Cassard. Les racingmen se sentent spoliés, et courent toujours après leur première
victoire, pas aidés par les nombreuses blessures qui déciment le groupe pro, obligeant Jacky Duguépéroux
à faire appel aux jeunes du centre de formation.
Frustration
Le succès leur échappe encore de peu lors la 16è journée, à Nantes :
au cours d’un match épique, après avoir mené 2-0 puis 3-1, les bleus sont coiffés sur
le poteau par des canaris qui s’imposent finalement 4-3 à l’ultime minute du temps additionnel. Frustration,
encore et toujours. Pourtant, on croit entrevoir une éclaircie dans le ciel meinauvien alors que Philippe
Ginestet revient à la tête du club, la foi d’un maintien possible dans ses valises. Signe du destin ?
Le Racing s’impose enfin aux dépens de Nancy 2-1 et évite de peu le triste et humiliant record de
l’équipe ayant dû attendre le plus grand nombre de matches avant sa première victoire. Malgré
cette victoire, les strasbourgeois sont, à la mi-saison, seuls détenteurs de la lanterne rouge du
championnat de France avec 11 points en 19 rencontres.
L’année 2006 commence de la pire des manières : après une claque mémorable à
domicile 4-0 infligée par l’ogre lyonnais, Mickaël Pagis, symbole du Racing qui gagne en fin de saison
dernière, rejoint les rangs de l’Olympique de Marseille. N’est-ce pas désolant de voir le capitaine
quitter le navire quand celui-ci sombre ? Mais, ô surprise, les bleus relèvent la tête
et on se remet à rêver au maintien après les victoires face à deux concurrents directs,
Metz et Troyes, et au succès en terre toulousaine. La nette baisse de régime qui suit correspond
à la blessure du jeune et très prometteur Gameiro, devenu indispensable dans le système tactique
de Duguépéroux. Le dernier coup d’éclat des strasbourgeois aura lieu à Geoffroy-Guichard,
antre des Verts de Saint-Etienne, où Diané et Pontus Farnerud offrent au Racing son dernier succès
en Ligue 1 avant sans doute un certain temps.
Les hommes de Duguépéroux finissent leur saison à la Meinau de la pire des manières,
en s’inclinant face à Nancy et en n’offrant à ses fidèles supporters encore venus en masse
une prestation à peine digne d’une équipe de débutants.
Si l’on peut imputer aux blessures et à la poisse une partie des mauvais résultats de l’équipe
cette saison, l’implication de certains joueurs a laissé sceptiques les observateurs, de même que
l’organisation tactique du coach strasbourgeois. Que dire aussi de l’agitation qui régna dans les couloirs,
entre la vraie-fausse arrivée d’Alain Afflelou à la présidence du club, celle, véritable,
de Philippe Ginestet, puis le départ de Marc Keller à Monaco, le Racing aura une nouvelle fois justifié
sa réputation de Marseille de l’Est. Au rayon des rares satisfactions, on peut citer le « gentillet »
parcours en coupe UEFA avec une belle performance à Rome (0-0), pour se faire, néanmoins, éliminer
sans gloire par Bâle en 8è finale. Enfin, autre motif de réjouissance, la bonne tenue des jeunes
pousses issues du centre de formation et qui laisse présager pour eux un bel avenir. Au Racing ? Ce
ne sera pas le cas de Ricardo Faty, 19 ans, qui n’a pas résisté aux sirènes de … L’AS Rome.
Une fois de plus, Strasbourg doit repasser par l’étage inférieur, peut-être pour grandir
enfin à son rythme. Son sort sera confié aux mains novices de Jean-Pierre Papin qui aura la délicate
mission de redonner au club, à terme, un statut digne d’une des plus grandes villes de France, et surtout
à la hauteur d’un public exemplaire tout le long de cette décevante saison. |
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