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| >Interview... |
Ce mercredi 16 novembre Michaël Youn était à Strasbourg,
au Virgin Megastore, pour une séance de dédicace du DVD de son spectacle « Pluskapoil ». Il nous
a accordé un entretien ...
Question : Michaël,
tu as fait tu as été animateur télé, tu as fait du cinéma, de la musique aussi,
et tu es acteur sur scène, mais toujours provocateur ?
Michaël Youn :
Je ne sais pas si je suis provocateur, libre à toi de le décider ... Moi je fais ce que j'ai dans
les tripes, je fais ce que j'ai dans le coeur. Il s'avère que l'on m'a souvent dit que je faisais de l'extrêmement
drôle ou du drôle dans l'extrême. Cela veut dire que je vais loin, c'est mon style, je suis comme
ça, je ne peux pas changer.
Question : C'est
donc bien ta nature profonde.
Michaël Youn :
Très profonde !
Question : Nous
vivons dans une société où nous sommes de plus en plus enfermés. Nous sommes filmés,
nous subissons les radars, les alcootests, etc. ... Dans ce contexte-là, est-ce que tu ne te ressens pas
parfois comme la soupape de la cocotte-minute ?
Michaël Youn :
Moi en tout cas, quand j'en suis conscient, le fait d'être filmé ne me dérange pas, car je
m'en sers, comme tu le disais, comme d'une soupape. C'est ce qui me permet d'exploser ! Quand il n'y a pas de caméra,
je suis beaucoup plus calme. Ce sont les caméras qu permettent de déclencher toute cette folie que
j'ai à l'intérieur de moi. Mais c'est vrai que, sans vouloir faire de la politique de comptoir, quand
on regarde la société dans laquelle on vit aujourd'hui, on se rend compte que les humoristes sont
véritablement utiles. Parce que c'est nous qui permettons, un peu comme des cachets d'aspirine, aux gens
d'avoir moins mal au crâne. On est des manivelles à remonter le moral ! Et c'est pour ça que
c'est dommage que les médias, en général, ne reconnaissent pas les humoristes. Je pense à
Louis de Funès, qui, s'il a eu un César pour l'ensemble de sa carrière, n'en a presque jamais
eu pour ses films, ou Coluche, on a attendu qu'il soit mort pour dire que c'était un génie. C'est
dommage !
Question : Un de
tes collègues a eu affaire à la justice. Est-ce qu'on essaie aussi de parquer les humoristes et les
comiques ?
Michaël Youn :
En ce qui concerne Dieudonné, moi je ne vais pas trop m'exprimer là-dessus parce que c'est un copain,
et en même temps, je ne suis pas forcément d'accord avec tout ce qu'il fait et avec tout ce qu'il
dit. Il faut faire de l'humour, oui, on peut être corrosif, oui, mais il ne faut pas faire de la peine aux
communautés pour un bon mot. J'ai dit à Dieudonné, que je connais vraiment très bien,
« Moi, Dieudo', tu me fais mourir de rire, mais pendant
les sketches. Entre les sketches, tu me fais moins rire ».
Question : Donc,
il y a quand même des limites, des limites que l'on se pose à soi-même ...
Michaël Youn : Moi, les limites que je me pose, c'est celles
du rire du public. Quand je vois que les gens rigolent, je considère que c'est drôle. Quand ils ne
rigolent pas, cela veut dire que c'est peut-être un sujet un peu dangereux. Ce qui c'est passé avec
Dieudonné, c'est qu'il a vu que ça titillait. Il n'a pas vu que ça rigolait, mais il a vu
que ça titillait. Il a vu que ça titillait des gens et il a appuyé encore plus fort sur le
sujet. Je pense qu'à un moment il a commencé à devenir sérieux, et c'est à partir
de ce moment-là que c'est beaucoup moins drôle. Il ne faut pas se prendre au sérieux quand
on fait de l'humour. Il faut faire sérieusement son travail, mais pas se prendre au sérieux. |
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