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¿Peligrosa Medellín?
..Gérard Schmitt
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2 novembre 2000

> Août 1989...
Août 1989, aéroport José Maria Córdoba, Rionegro/Medellín. Le bimoteur de la SAM en provenance de Cartagène me déverse un peu brutalement sur le bitume à 1500 m d'altitude.
Je me rue sans crier gare sur le premier collectivo venu en direction du centro. Il se fait déjà un peu tard dans l'après midi. La nuit est si proche ! Quelques minutes plus tard, je jette mon sac à l'hôtel California en bâclant un peu ces sempiternelles formalités sans intérêt aucun.
Puis, tout de suite, la rue. Il faut voir, écouter, sentir, mais surtout ressentir. De quel côté le danger pourrait-il bien venir ? Je ne constate rien de particulier : fébrilité habituelle des villes latino-américaines, mouvements de foule incessants et inexpliqués, petits et grands commerces en tout genre, vitrines teintées, néons et strass.
Depuis le Cerro Nutibara, le voile bleu/gris glisse lentement sur la ville en mutation. Retour vers le fond. Un bon pollo bien dorado arrosé d'une bonne demi-douzaine de Claritas, et c'est à nouveau l'arène… Mais qui donc a paumé cent dollars à Medellín ?…
Nuit tombée. Les limousines noires sont éclairées de l'intérieur. Etrange, non ? ¡ Pero no ! ¡Aqui esta normal y legal !
Quelques cuadras à pied dans la pénombre, et c'est ce bar à musique sans nom, en entresol. L'orchestre déboule sans vergogne son vallénato, percussions endiablées, cuivres corrosifs, accordéon faussement lascif, basse ronronnante et voix calientitas… L'atmosphère est brumeuse, éthylique et un rien macho (ou bien faudrait-il dire "macha" ??).
Quatro cervecitas plus loin, retour dans la nuit un peu frisquette. ¡Ya son las dos ! Un pas pressé, direction hôtel California. Un rien d'angoisse me tiraille le ventre, dans ces calles mal éclairées…
¿ Mais quelle est donc cette agitation à la proxima esquina ? Prudemment, je change de trottoir, accélère encore un peu le pas et rase les murs décrépis. Les trois hombres discutent violemment. Le plus petit d'entre eux menace l'un des deux autres d'un pistolet. A première vue – et il n'y en aura pas de deuxième ! – il ne s'agit pas d'un WALTER PPK. Mais qu'importe, il faut passer ! ¡ Ouf, no paso nada ! L'hôtel n'est plus très loin. Tout compte fait, pourquoi ne pas s'en jeter une dernière dans cette gargote populaire ? ¡ Allez, vamonos, et c'est reparti ! La nuit sera sans histoire à l'hôtel California…
Sept heures du matin, le jour se lève sur Medellín la tranquille…
¡ Hasta luego Medellín querida, eres maravillosa !
¡ Que sigues adelante !
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